Des Artistes...

  • École... (Un vieux texte remis en avant)

     

     

     

    École...

    Dans la classe surpeuplée
    Avec tous ses monstres et ses génies
    Et aussi quelques enfants bavards
    Le maître pose alors la question

    Vous savez cette fameuse question
    De celles que vous n'osez plus poser
    Car elle est tellement ordinaire
    Et alors un enfant lève le doigt

    Parce qu'en élève discipliné
    il veut sans doute répondre
    A la question qui est posée
    Le maître le regarde et dit

    Arthur connais-tu la réponse ?
    Et Arthur vaillamment se lève
    Et commence un long poème
    Avec la fougue qui lui va

    Où il est question d'étoiles !
    Et de ciels rouges et sanglants
    De mers agitées, et de vents
    Qui soufflent dans les voiles

    Arthur qui avait toutes les réponses
    A toutes les questions posées
    Incroyable Arthur d'autre fois
    Arthur qui reste un enfant

    Bruno Quinchez dans ses œuvres Paris le 21 mars 2012

  • Les reflets de la pensée

     

    Vincent ducourant les reflets de la pensee 2

    Les reflets de la pensée

    Derrière le carreau de la vitre, de mon petit chez-moi
    Je vois mille chose, toutes celles qui passent et qui viennent
    Oui je vois, un enfant qui joue à la marelle ou bien il court
    Ainsi je vois tout ce jour qui passe avec tous ses reflets

    Un rêveur qui regarde, et qui conte des histoires sans fin
    Celui là il invente et il dessine sur des carreaux embués
    Serait-il un dieu, ou  un sage ou n'est-il que ce rêveur ?
    Je sais bien maintenant tout ce qui n'est pas encore écrit

    L'araignée du temps, elle tisse sa grande toile sans s'arrêter
    Tandis que des moucherons, de rien du tout, ils s'écrasent dessus
    Ces moucherons? Vous savez c'est nous tous ces rêveurs qui écrivent
    Il parait que les poètes, un jour ils trépassent et tous ceux-là s'oublient

    Mais pour un peintre qui saisit et qui peint et qui agence tous ces presque riens
    Vincent Ducourant, constructeur  de rêves, celui là m'a inspiré ce petit poème
    L'art d'écrire, ce n'est Jamais que la description d'un regard,  comme le votre
    Le voyant c'est  bien Van Gogh, et tout le reste ce n'est que de la littérature  

    Bruno Quinchez Paris le premier mars 2017
    un texte tiré de mes archives Paris le 25 juin 2020

  • Berthe Morisot....Un regard

    Edouard manet berthe morisot

     

    Berthe Morisot...Un regard

    Berthe Morisot, qui est peinte là par Édouard Manet
    Elle n'a pas l'air facile cette dame, qui est là sur le tableau
    Du moins son regard, il est dans des nuances de noirs
    Elle est aussi connue, comme peintre et compagne du frère de Manet

    Mais elle n'a pas fréquentée que le peintre Edouard Manet
    Dans ses amis ont peut citer, Edgard Degas, Pierre Auguste Renoir
    Claude Monet, un gars plus indépendant, On peut citer un écrivain
    Comme Stéphane Mallarmé... Bref ! C'est tout un monde d'artistes

    A savoir qu'elle est née le 17 janvier 1841 et qu'elle est morte en 1895
    Elle a participé à divers mouvements artistiques entre 1860 et 1890
    Elle est parait-il dans les fondateurs, du mouvement impressionniste
    Peintre elle a aussi crée diverses œuvres, dont plusieurs sont au Musée d'Orsay

    Je ne sais que dire sur ce tableau ! Oui ! Il m'impressionne assez...
    De nos jours, une photographie, elle ne serait pas aussi expressive
    Avez vous dans vos propres photos de ces regards surprenants ?
    J'ai fais pas mal de photos dans ma vie, mais des regards divers

    Bruno Quinchez, impressionné par ce regard, Paris le 23 Février 2020

    Si vous aimeriez en savoir plus, sur cette dame, cliquez ICI

     

    Berthe morisot une femme impressioniste

     

    Une peinture de Berthe Morisot,

    Soit une oeuvre impressionniste

     

  • Des Musiciens dans le Métro

    Des Musiciens dans le Métro

    J'étais assis là très tranquille dans le métro où j'étais en transit
    Et je vois un type qui arrive dans la rame avec un bel instrument
    Un hautbois avec pleins de clés, et Il nous jouait des airs assez sympas
    Non Je ne sais pas lesquels exactement ! Mais moi ça m'a réjouit

    Puis il est passé après pour faire sa quête, cela en tendant sa main
    Je suis fauché et j'ai rien donné je lui ai dit que j'aimais bien sa musique
    Je ne sais pas s'il m'a compris Il ne m'a pas répondu, peut être un étranger
    Plus tard vers 16 h à la station Père Lachaise je vois deux noirs avec des gros trucs

    Entre instruments à cordes et caisses de résonances toutes rondes en bois travaillé
    Je n'aime pas me balader dans Paris, Je sais trop de ces trucs que je n'aime pas
    Mais ces musiciens là,  ils m'interpellent, car ça crée une ambiance dans le métro
    Bruno va te promener! Et laisse tomber ton ordi et tes baratins de poète sur TLP

    Paris 21 mai 2019

  • Réflexions...

    Réflexions...

    Certes ! Oui ! Je sais bien que j'e n'ai qu'une formation scientifique
    Mais je sais aussi que que je n'ai absolument rien d'un vrai matheux
    Pour moi les maths, c'est une réalité qui reste toute abstraite
    Un monde de géomètres arpenteurs et de logiciens

    Je préfère encore et toujours, toute la nuance poétique
    Celle-ci qui me permet plus de choses que de la pure logique
    Je ne sais pas pourquoi ! Là! Tu nous parles d'équation
    Pour moi la plus belle et la plus simple cela reste, "un égale un"

    Mais pour certains, ils ne comprendront jamais cette simplicité
    Pour moi, c'est que l'unité est une chose qui existe en soi
    Sans vouloir délirer sur le reste, nous somme tous égaux
    J'ignore si un matheux, il parle de ce monde où nous vivons

    J'ignore de plus en plus, tout ce monde de la technologie
    Les techno-sciences, elles me parlent d'outils et de gadgets
    La science contemporaine, elle meure de ne pouvoir se dépasser
    La poésie, avec toutes les nuances, elle va beaucoup plus loin

    Je reconnais que dans le choix de mes mots, je cherche l'exactitude
    Mais je ne mets pas de mot, sans en connaitre toutes les nuances
    Y aurait un poème plus important qu'une équation ? Cela je ne sais pas !
    J'ai souvent songé à un monde différent, où j'étais un savant fou

    Mais là ! Je rigole ! Je sais bien  que quelques parts... On a tous été un autre
    La physique contemporaine, elle a  fait certainement plus de morts que la poésie
    Une chose que devrait comprendre ces chers matheux, c'est le regard
    Le regard, il est fait de nuances qui sont difficilement descriptibles

    Paris le 3 novembre 2017

  • Rencontre... Là-bas au loin

    Rencontre... Là-bas au loin

    Deux droites parallèles
    Qui se rejoignent à l'infini
    Quelques aiguillages
    Pour faire le chemin
     
    Tous aller au même endroit
    Avec des chemins différents
    Se regarder agir tout seul
    Parfois partager un verre
     
    Dans un bistrot de gare
    Ne pas voir ces autres
    Qui vont aussi tout là-bas
    Dire quelques mots
     
    Des trains qui partent
    Et qui arrivent aussi
    Entre le ici et le là-bas
    Ici c'est bien plus près
     
    Dites! Monsieur le poète...
    Non! Là ! Je ne sais pas vraiment
    Si je vous verrais physiquement un jour
    Mais je lis vos textes, ici sur internet

    Paris le 6 août 2017

  • Le bateau Ivre... Arthur Rimbaud

     

    Bateau dans la tempete

    Le bateau ivre

    Comme je descendais des Fleuves impassibles,
    Je ne me sentis plus guidé par les haleurs :
    Des Peaux-Rouges criards les avaient pris pour cibles,
    Les ayant cloués nus aux poteaux de couleurs.

    J'étais insoucieux de tous les équipages,
    Porteur de blés flamands ou de cotons anglais.
    Quand avec mes haleurs ont fini ces tapages,
    Les Fleuves m'ont laissé descendre où je voulais.

    Dans les clapotements furieux des marées,
    Moi, l'autre hiver, plus sourd que les cerveaux d'enfants,
    Je courus ! Et les Péninsules démarrées
    N'ont pas subi tohu-bohus plus triomphants.

    La tempête a béni mes éveils maritimes.
    Plus léger qu'un bouchon j'ai dansé sur les flots
    Qu'on appelle rouleurs éternels de victimes,
    Dix nuits, sans regretter l'oeil niais des falots !

    Plus douce qu'aux enfants la chair des pommes sûres,
    L'eau verte pénétra ma coque de sapin
    Et des taches de vins bleus et des vomissures
    Me lava, dispersant gouvernail et grappin.

    Et dès lors, je me suis baigné dans le Poème
    De la Mer, infusé d'astres, et lactescent,
    Dévorant les azurs verts ; où, flottaison blême
    Et ravie, un noyé pensif parfois descend ;

    Où, teignant tout à coup les bleuités, délires
    Et rhythmes lents sous les rutilements du jour,
    Plus fortes que l'alcool, plus vastes que nos lyres,
    Fermentent les rousseurs amères de l'amour !

    Je sais les cieux crevant en éclairs, et les trombes
    Et les ressacs et les courants : je sais le soir,
    L'Aube exaltée ainsi qu'un peuple de colombes,
    Et j'ai vu quelquefois ce que l'homme a cru voir !

    J'ai vu le soleil bas, taché d'horreurs mystiques,
    Illuminant de longs figements violets,
    Pareils à des acteurs de drames très antiques
    Les flots roulant au loin leurs frissons de volets !

    J'ai rêvé la nuit verte aux neiges éblouies,
    Baiser montant aux yeux des mers avec lenteurs,
    La circulation des sèves inouïes,
    Et l'éveil jaune et bleu des phosphores chanteurs !

    J'ai suivi, des mois pleins, pareille aux vacheries
    Hystériques, la houle à l'assaut des récifs,
    Sans songer que les pieds lumineux des Maries
    Pussent forcer le mufle aux Océans poussifs !

    J'ai heurté, savez-vous, d'incroyables Florides
    Mêlant aux fleurs des yeux de panthères à peaux
    D'hommes ! Des arcs-en-ciel tendus comme des brides
    Sous l'horizon des mers, à de glauques troupeaux !

    J'ai vu fermenter les marais énormes, nasses
    Où pourrit dans les joncs tout un Léviathan !
    Des écroulements d'eaux au milieu des bonaces,
    Et les lointains vers les gouffres cataractant !

    Glaciers, soleils d'argent, flots nacreux, cieux de braises !
    Échouages hideux au fond des golfes bruns
    Où les serpents géants dévorés des punaises
    Choient, des arbres tordus, avec de noirs parfums !

    J'aurais voulu montrer aux enfants ces dorades
    Du flot bleu, ces poissons d'or, ces poissons chantants.
    - Des écumes de fleurs ont bercé mes dérades
    Et d'ineffables vents m'ont ailé par instants.

    Parfois, martyr lassé des pôles et des zones,
    La mer dont le sanglot faisait mon roulis doux
    Montait vers moi ses fleurs d'ombre aux ventouses jaunes
    Et je restais, ainsi qu'une femme à genoux...

    Presque île, ballottant sur mes bords les querelles
    Et les fientes d'oiseaux clabaudeurs aux yeux blonds.
    Et je voguais, lorsqu'à travers mes liens frêles
    Des noyés descendaient dormir, à reculons !

    Or moi, bateau perdu sous les cheveux des anses,
    Jeté par l'ouragan dans l'éther sans oiseau,
    Moi dont les Monitors et les voiliers des Hanses
    N'auraient pas repêché la carcasse ivre d'eau ;

    Libre, fumant, monté de brumes violettes,
    Moi qui trouais le ciel rougeoyant comme un mur
    Qui porte, confiture exquise aux bons poètes,
    Des lichens de soleil et des morves d'azur ;

    Qui courais, taché de lunules électriques,
    Planche folle, escorté des hippocampes noirs,
    Quand les juillets faisaient crouler à coups de triques
    Les cieux ultramarins aux ardents entonnoirs ;

    Moi qui tremblais, sentant geindre à cinquante lieues
    Le rut des Béhémots et les Maelstroms épais,
    Fileur éternel des immobilités bleues,
    Je regrette l'Europe aux anciens parapets !

    J'ai vu des archipels sidéraux ! et des îles
    Dont les cieux délirants sont ouverts au vogueur :
    - Est-ce en ces nuits sans fonds que tu dors et t'exiles,
    Million d'oiseaux d'or, ô future Vigueur ?

    Mais, vrai, j'ai trop pleuré ! Les Aubes sont navrantes.
    Toute lune est atroce et tout soleil amer :
    L'âcre amour m'a gonflé de torpeurs enivrantes.
    Ô que ma quille éclate ! Ô que j'aille à la mer !

    Si je désire une eau d'Europe, c'est la flache
    Noire et froide où vers le crépuscule embaumé
    Un enfant accroupi plein de tristesse, lâche
    Un bateau frêle comme un papillon de mai.

    Je ne puis plus, baigné de vos langueurs, ô lames,
    Enlever leur sillage aux porteurs de cotons,
    Ni traverser l'orgueil des drapeaux et des flammes,
    Ni nager sous les yeux horribles des pontons.

    Arthur Rimbaud 1854-1891

  • Sur la Norme

    Sur la Norme

    La Norme qu’est-ce que c’est y donc ?
    C’est l’ensemble des gens ordinaires
    Du moins tous ceux, sans vrai problème
    Le non-normal, c’est une idée de différence

     

    Parfois c’est une Norme qui est sociale
    Parfois c’est un héritage qui est ancien
    Entre l’Histoire et les principes religieux
    De nos jours le sociétal crée de la Norme

     

    La Norme ? Vous savez! Elle est é-norme
    Entre l'anormal bizarre et le normé
    Il y a des enfant qui se foutent vraiment
    De savoir tout ce qui est normal

     

    Et  aussi d'affreux poètes maudits
    Qui refont le monde, à leur manière
    Les gens normaux, ils n'aiment pas
    être dérangés dans leur confort

     

    La Norme est un concept d’industriels
    Pour fabriquer un assemblage d’objets
    C’est devenu aussi un usage social
    Les anormaux sont des gens dangereux

     

    Ou du moins, ils sont des gens compliqués
    Et ils sont difficiles à intégrer dans une équipe
    Les idées qu’ils ont, elles dérangent les patrons
    Qui préfèrent tous les gens dits normaux

     

    De nos jours certains patrons, ils rendent dingue
    Certains de leurs employés pour les vider
    Il est normal de voir ce monde nous classer
    Mais il est anormal de détruire pour le profit
     
    Dans les anormaux, il y a des différences
    Entre les handicapés physiques ou les fous
    Ce qui ne va pas, c’est qu’ils doivent s’adapter
    Alors que c’est ce monde qui devrait s’adapter
     
    Ce sont des gens, qui sont plus fragiles que d’autres
    Et qui souffrent des regards, des gens dits normaux
    On crée le concept d'handicap,  avec la notion d’incapacité
    Les handicapés, ils souffrent de se voir inférioriser
     
    La Norme c'est seulement  la moyenne
    De ce que nous devons être en société
    Ni trop beau ni trop laid, juste médiocre
    Ni trop ceci, ni trop cela, être normal
     
    J'ignore parfois les question posées...
    était-il normal, ou bien était-il bizarre ?
    Ce gars  étrange qui me parlait du monde
    Je ne sais pas, cela je ne l'ai jamais su
     
    Un être qui est normal, c'est parait-il
    C'est une personne de taille moyenne
    Ni blanc, ni jaune, ni noir, mais gris
    Sans autres opinions que celles admises
     
    Avec jamais de délires, donc très ordinaire
    Et qui s'insère dans un monde normal
    Ce monde qui fonctionnerait très bien
    Sans tous ces gens qui sortent de la Norme
     
    Mais que ce monde là il serait triste
    Sans tous les fous créateurs et marginaux
    Je me souviens de Van Gogh et de Nerval
    Qui sont morts de n'avoir pu supporter la Norme
     

    Paris le 18 mai 2017

     

  • Le printemps est là

    Poème pour le poète Bibi qui s'ennuie

    Le Printemps est là

    Dehors c'est le printemps
    Et toi, tu ronchonnes chez toi
    Entre un écran et un clavier
    Où tu tapotes et tu t'ennuies

    Là ! Je te vois dans ta maison
    Qui médite solitaire à l'intérieur
    Un gars rangé qui se sens bien seul
    Alors sors-donc ! Car c'est le printemps

    Bibi ! Sais-tu l'effet des fleurs ?
    C'est comparable, cela je te le dis
    à une jolie fille qui te souris
    Là! Tu manques de la lumière

    Il te faut bien d'autres choses
    Qu'une bouteille et un verre
    Comme d'aller se promener
    Et qui sait toutes les surprises

    Printemps, ici, là et maintenant
    J'aime l'idée de voir des filles
    Qui me souriront à moi Bruno
    Parce qu'elles sont sans problème

    Vas donc voir, si elle sera là
    Là bas! Ou bien est-elle ailleurs...
    Cette fille incroyable et sans complexe
    Dont tu rêves, dans ton intérieur

    Paris 23 avril 2017, jour d'élections en France

  • Marie

    Marie...

    Vous y dansiez petite fille
    Y danserez-vous mère-grand
    C'est la maclotte qui sautille
    Toute les cloches sonneront
    Quand donc reviendrez-vous Marie ?

    Les masques sont silencieux
    Et la musique est si lointaine
    Qu'elle semble venir des cieux
    Oui je veux vous aimer mais vous aimer à peine
    Et mon mal est délicieux

    Les brebis s'en vont dans la neige
    Flocons de laine et ceux d'argent
    Des soldats passent et que n'ai-je
    Un cœur à moi ce cœur changeant
    Changeant et puis encor que sais-je


    Sais-je où s'en iront tes cheveux
    Crépus comme mer qui moutonne
    Sais-je où s'en iront tes cheveux
    Et tes mains feuilles de l'automne
    Que jonchent aussi nos aveux

    Je passais au bord de la Seine
    Un livre ancien sous le bras
    Le fleuve est pareil à ma peine
    Il s'écoule et ne tarit pas
    Quand donc finira la semaine

    Guillaume Apollinaire (1880 - 1918)
    Nota Bene la maclotte est une contre-danse du passé

  • François (V)illon un vieux poète

    le premier Poète qui laisse des traces dans notre histoire,
    c'est François (V)illon qui possède un nom presque identique à une lettre près,
    un gars dont on sait qu'il est mort dans la mouïse

    Ballade des contre-vérités

    Il n'est soin que quand on a faim
    Ne service que d'ennemi,
    Ne mâcher qu'un botel de fain,
    Ne fort guet que d'homme endormi,
    Ne clémence que félonie,
    N'assurance que de peureux,
    Ne foi que d'homme qui renie,
    Ne bien conseillé qu'amoureux.

    Il n'est engendrement qu'en boin
    Ne bon bruit que d'homme banni,
    Ne ris qu'après un coup de poing,
    Ne lotz que dettes mettre en ni,
    Ne vraie amour qu'en flatterie,
    N'encontre que de malheureux,
    Ne vrai rapport que menterie,
    Ne bien conseillé qu'amoureux.

    Ne tel repos que vivre en soin,
    N'honneur porter que dire : " Fi ! ",
    Ne soi vanter que de faux coin,
    Ne santé que d'homme bouffi,
    Ne haut vouloir que couardie,
    Ne conseil que de furieux,
    Ne douceur qu'en femme étourdie,
    Ne bien conseillé qu'amoureux.

    Voulez-vous que verté vous dire ?
    Il n'est jouer qu'en maladie,
    Lettre vraie qu'en tragédie,
    Lâche homme que chevalereux,
    Orrible son que mélodie,
    Ne bien conseillé qu'amoureux.

    François Villon 1431-????

     

  • Les reflets de la pensée d'après un tableau de Vincent Ducourant

    Vincent ducourant les reflets de la pensee 1

     

     

    Les reflets de la pensée

    Derrière le carreau de la vitre, de mon petit chez-moi
    Je vois mille chose, toutes celles qui passent et qui viennent
    Oui je vois, un enfant qui joue à la marelle ou bien il court
    Ainsi je vois tout ce jour qui passe avec tous ses reflets

    Un rêveur qui regarde, et qui conte des histoires sans fin
    Celui là il invente et il dessine sur des carreaux embués
    Serait-il un dieu, ou  un sage ou n'est-il que ce rêveur ?
    Je sais bien maintenant tout ce qui n'est pas encore écrit

    L'araignée du temps, elle tisse sa grande toile sans s'arrêter
    Tandis que des moucherons, de rien du tout, ils s'écrasent dessus
    Ces moucherons? Vous savez c'est nous tous ces rêveurs qui écrivent
    Il parait que les poètes, un jour ils trépassent et tous ceux-là s'oublient

    Mais pour un peintre qui saisit et qui peint et qui agence tous ces presque riens
    Vincent Ducourant, constructeur  de rêves, celui là m'a inspiré ce petit poème
    L'art d'écrire, ce n'est Jamais que la description d'un regard,  comme le votre
    Le voyant c'est  bien Van Gogh, et tout le reste ce n'est que de la littérature  

    Paris le premier mars 2017

  • La grande Marée... Bernard Lavillier

    La Grande Marée par Benard Lavillier

    Nous sommes à Marée Très Basse

  • Poèmes en gros et demi gros cinquième partie

    Poèmes en gros et demi gros

    scannage de la revue rue des poètes

    N° 19 décembre 1997, c’est la cinquième partie

     

    « L'homme est destiné à retourner en poussière, c'est dire l'importance du plumeau. » Alexandre Via latte.

     

    La Poésie ? On sent bien quand ce n'en est pas. À l'inverse, allez essayer de comprendre et d'expliquer pourquoi, oui, là, définitivement, c'en est bel et bien. Et la manière, le genre, le ton. Le style, le lieu importent peu. Rien ni personne ne vous dira ce qu'est un poème; à peine le poème peut-il lui-même parfois sauf découvrir son mystère ni sa nature irréductible. Le poème ? Cette sorte de perte de sens qui soudain fait sens pourtant, pour tous ! Qui vous entraîne avec une irrépressible violence même s'il se peut qu'elle demeure douce, dans ce que la liberté a d'inaltérable et de nécessaire. Trois mots donnés, trois mots reçus, trois caresses, trois gifles, et vous voila subversif, et surgissant de vous, comme une source inconnue d’une montagne invisible !Écrire, parler, communiquer supposent un terrain commun, une entente où s’accorder sur les significations, mais du coup on ne communique rien : On informe. L’échange, le bouleversement de ce qui est dit et vous parle commence avec l'émotion quelle que soit sa nature, froide, incompréhensible, douce ou brûlante. A des candidats dictateurs plus ou moins repentis, après la chute du mur de Berlin, qui lui demandaient d'où venait la formidable puissance de ses poèmes, un poète, fraîchement sorti de prison, répondit « d'ignorer la haine »; sans oublier d'ajouter « mais pour vous, il est trop tard ». Un autre poète, à qui la censure demandait ce que ses poèmes voulaient dire, répondit simplement «je n'en sais rien moi-même » Et c'est bien là ce qui fut considéré comme extrêmement dangereux. La peur prenant toujours les devants, il fut interdit, puis persécuté. Le poème détruit le tissu commun du langage et de sa rhétorique, amenant à la surface l'incontrôlé et l'incontrôlable d'où le lourd tribut qu'ont payé les créateurs en suicides, vies fichues, exclusions, tenus à l'écart pour l'écart même de langage qu'ils représentent et pour les mots dont le poème préserve la part sauvage. On oublie que pendant ces temps abrutis par le bruit des tiroirs-caisses, la poésie pourrait bien sauver l'honneur de ce siècle comme elle l'a fait durant les guerres, les génocides, les massacres, les famines et la destruction de populations entières ( par le jeu des bourses et des multinationales) qui n'ont pu montrer, que montrer ou notre impuissance ou notre indifférence. Il n'est pas besoin de croire en Dieu pour prier mais pour faire un poème, il faut au moins le laisser faire et donc savoir l'attendre.

     

    Werner LAMBERSY

     

    De l’ouverture de la coquille Saint-Jacques

    Un ventre de femme

    C’est comme une coquille Saint-Jacques

    Un renflement à partir du nombril

    Et puis un rentré avant le pubis

    Qui se regonfle à ce moment-là

    Jusqu’à la faille délicieuse

    Qu’il faut savoir ouvrir

    La coquille en est bien plus douce

    Quelquefois l’arrière-goût reste amer

    Mais la coquille est si douce

    Tous les parfums du monde

    peuvent se retrouver

    dans cette faille

    Vincent JARRY 6-6-96

     

    Je vais convoler

    Quand ? Demain.

    Toi ? Oui.

    - Toi que je prenais pour un type sérieux !….

    Mais je suis toujours quelqu’un de sérieux !

    – Non, mon vieux !

    Vole n’importe quoi ;

    tiens, un cochon, par exemple,

    mais pas ce que tu envisages !

     

    Jean-Baptiste TIÉMÉLÉ 28 novembre 1997

     

    Le poète, né en 1920 et mort depuis,

    vivait dans l'ouest de la France.

    Son prénom était double, ses amitiés ferventes

    et son métier instit' Il ferait bien partie du petit panthéon

    des poètes en gros et demi-gros ( voir détails)

    Ce texte date des années 1948-1949

    et fait partie de « L’HÉRITAGE FABULEUX ».

     

    Marie ORDINIS

     

    Me voici dans la vingt-neuvième année de mon âge

    Avec beaucoup de litres vides derrière moi

    Compte jamais réglé sur l’éternelle ardoise

    Qui masque de son mieux la misère du toit

     

    De feuillage investi comme un enfant posthume

    Ah ! c'est bien moi ! Je n'ai pas changé de costume

    Et le rideau d’indienne qui m’épouvantait

    Avec ses flammes et ses roses mal peignées

     

    Flotte à nouveau sur le mieux monde d’aujourd’hui

     Et me voici dans la vingt-neuvième année de mon âge

    Où ce n’est plus tout à fait comme autrefois

    Quand on vivait avec de bons sauvages

     

    Aux fautes de français douces comme un patois

     Mais le temps de s’aimer féroce et plus vivace

    Lié dans son espoir aux graines de plein vent

    Qui reniflent le sol épais où se ramassent

     

    Les sèves et le sel d’un prodigieux printemps.

    Je pense à toi qui me liras dans une petite chambre de province

    Avec des stores tenus par des épingles à linge

    Bien entendu ce sera dans les derniers jours de septembre

     

    Tu te seras levé très tôt pour reconduire

    Une vieille personne très chère avec son vieux sac de cuir

    Tu auras bu dans tous les bistrots autour de la gare

    Tu auras peur soudain et tu rentreras dare-dare

     

    Tu t’assiéras dans le jour calme tu liras

     Mes vers « Ô Mon Dieu se peut-il que ce poète

    « Me mette des douleurs de ventre dans la tête

    « Que je m’enfante et que je vive en moi

    comme un posthume enfant

    « Qui souffre de rigueur et renifle en plein vent »

     Et le seigneur dira Bénis soient de la gare

    Les bistrots pour t’avoir redonné la mémoire.

     

    Les trois premières personnes ayant trouvé le nom de cet auteur

    et nous l'ayant communiqué auront droit

    à un abonnement de six mois à « Rue des Poètes »...

    Je vous donne la réponse j'ai triché , cela vu que pour moi

    les archives sont toutes accessibles sans délais,

    le poète cité c'est René Guy Cadou

     

     

    CRIER TOUJOURS JUSQU’À LA FIN DU MONDE.

     

    Grâce soit rendue aux interprètes de CRIER TOUJOURS,

    ce spectacle qui, bouillonnant de la sève de Fondane,

    nous le rend infiniment proche.

    L’univers du poète, peuplé par la voix du chanteur,

    celle de l’accordéon, conteur mystérieux et/ou bavard,

    nous est offert par Yves-Jacques Bouin, méditatif

    ou comme effervescent et Eve Griliquez, rayonnante,

    co-maître d’œuvre de l’ensemble.

    Ils ont évité toutes les lourdeurs que le spectateur

    peut redouter d’un montage poétique statisme

    et autres académismes, redondances ou manque d’urgence

    dans l’agencement des textes.

    CRIER TOUJOURS s'accroche à vous et ne vous lâche pas.

    sur scène quatre complices s'écoutent, se rencontrent,

    s'attendent, s'attendrissent, se rassurent et s'émerveillent.

    Tout est concerté, concertant.

    Les objets sobres choisis pour matérialiser

    la présence de Fondane et la rendre

    touchante et charnelle se font flagrants,

    comme ce cordage qui fend l'espace

    de part en part et figurerait bien telle flèche

    perçant un cœur, une existence.

    Alors, toute là douleur du monde peut fondre,

    (….) « Je ne saurais jamais me résigner

    (….) » (...) « Je ne suis qu' 'un témoin(...) »

    (...) « Un jour viendra, c'est sûr, de la soif apaisée. »

     

    Benjamin FONDANE (Iasi 1898 – Auschwitz 1944)

    C’est poignant, juste, nécessaire à ceux que la poésie de Fondane

    n’a pas encore atteints, pour les changer.

     

    Marie ORDINIS1898 est l’année du centenaire de Fondane

    CRIER TOUJOURS sera redonné à Paris

    dans un lieu qui n’est pas encore fixé, guettez-le !

     

     

     

    CLAUDE ANTONINI

     

    Odyssée de l’espace virtuel de la Mélodie d’Élodie

    Elle est aussi bandante que Vanessa Paradis

    « Le roi se meurt vive le roi Kyrie éléïson

    Nettoyer tout le panthéon

    Que tous les marins et les arts

    Se battent comme à Trafalgar »

    chantait Patrick Abri

    Quant à Claude Antonini

    Oh diversification Oh tempo

    Ah module talentueux Oh module d’une

    femme en noir qui ne détonne jamais sur

    un unijambiste, un garagiste ou un éclairagiste.

    On ne meurt pas, on s'en va….

    Était-elle la fille cachée de Machin-truc-chouette

    ( Cora Vaucaire ? Barbara ? ) ?

    Enfin Claude Antonini et sa zique c'est lubrique,

    jaune tango populo, fleur de lys, blanc laiteux

    odorants des hauts rangs….

    Même Grapelli vous en aurait joué la ballade

    tant est adéquat même en tranche, tout est de même goût...

    Aujourd'hui mardi, j'aurais voulu écouter

    cela pour vous le mercredi mais surtout

    ce cher vieux jeudi aussi scolaire que privé,

    l'écouter chez soi ou dans sa bagnole de voluptés.

    Comme une verveine pleine de veines et en vain d'envies de tout...

    Sincèrement, je vous la conseille

    comme l'oseille dans l'omelette

    et en général, sans être passée par l'ENA,

    je vous la consigne comme une source

    que vous laisserez couler donc, laissez tomber la neige...

     

    Joëlle GUÉNARD

     

    j'ai mal, j'ai faim.

    je me lève tard dans la nuit

    et bois un grand verre d'eau fraîche

    ma gorge fait du bruit, mon cerveau aussi

    et puis cette certitude : je suis quelqu'un.

    bénédiction de cette chose sans nom...

    je suis quelqu'un.

    j'accepte le don,

    je l'accepte tout entier,

    tout entière, de tout mon corps-univers,

    ramifications, âme, digestion

    j'accepte le don, chose liquide et sans nom

    je me recouche.

    en paix avec moi-même

    et tous les autres et toute la terre,

    et l'univers l'uni vers- consternation

    l'univers-constellation d'eaux planes,

    d'ombres et de doutes

    eaux planes des aubes douces

    où n'a place aucun doute aucun...

    je m'endors.

    eaux planes des aubes douces

    où n'a lieu aucun doute aucun.

     

    Alexandre DUFLOT

    in « Au bord des eaux profondes »

    à paraître

     

    À André Laude

     

    Devant les Églises de tous les Saint-Germain-des-Prés

    Était un drôle d'homme à la barbe percée

    Qui n'avait plus de souvenirs à creuser ses mains

    Il avait sous sa capuche de pèlerin

    Toutes les rides de ses jours et sa soif et sa faim

    Il avait écluse tous les paradis perdus

    Au fond de sa gorge d'étranges songes maudits

    Qui faisaient aboyer tous les arbres fleuris

    Au relais de ses nuits qui n'avaient plus de fin.

    Tantôt apôtre et rêveur de vin

    Tantôt moine au cœur de chaud lapin

    Tantôt oiseau aux pierres des sourires

    Tantôt amour avec ses yeux heureux

    Et pourtant si graves dans les déserts de la misère

    Contre toutes les guerres et contre l'enfer.

    Un oiseau est venu le chérir et le recueillir

    Pour que cesse les jours de tourments

    Et qu'enfin l'aurore se lève dans son firmament.

    Adieu André. Je suis là tu m'entends...

    Un vieil homme s'en est allé de tous les Saint-Germain-des-Prés.

    Jacques SANDRAS

     

    Lire la suite

  • Poèmes en gros et demi gros quatrième partie


    Compilation de textes scannées  de la revue
     rue des poètes d'octobre-novembre 1997 N° 17&18

    Vous ouvrez la fenêtre, vous aspirez une goulée de l'air qui courtise vos géraniums.
    Vous notez que le couple de pigeons, lui plus sombre, elle plus claire, ou est-ce l'inverse ?
    (en l'absence de dismorphisme sexuel, en savent-ils quelque chose ?)
    Vous notez que le couple qui, d'ordinaire, signale l'avant-nuit, ventres
    contre la corniche tiède, que le couple n'est pas là.
    Quand arrivera-t'ELLE ?
    Vous empoignez le stylo proche, un autre sophistiqué ou le vieux Bic huileux.
    Vous vous calez dans une chaise, dos à la lumière du jour qui se presbytise.
    Viendra-t-ELLE avant la nuit ?
    Vous avez tant à négocier avec ELLE?
    Une pluie légère vous aborde, bonne à affecter les ailes de vos pigeons qui, d'ailleurs, ne sont pas là.
    Et ELLE, où est-ELLE ?
    Vous   faites   semblant d'évoquer des rendez-vous mutuels, de vous fâcher.
    Et si ELLE ne venait pas ce soir ?
    ELLE vient de se poser sar le géranium du voisin et ELLE,
    comme un biset ordinaire, ELLE s'est installée chez lui et y roucoule.
    Vous ne le savez pas et vous n'écrivez sur la page infiniment prête.
    Lui, elle, que vous ne rencontrerez peut-être jamais, sont visités par une pigeonne-tourterelle posée sur leurs balcons imaginaires.
    C'est très bien.
    ELLE va flirter avec ce frère, cette soeur
    ELLE?
    L'inspiration... On dirait.
     
    Marie ORDINIS

    Pour Denis Lavant
     
    Là, monsieur
    Vous êtes reparti vers de nouvelles aventures
    De nouveaux tournages
    De nouvelles éruptions
    Volcaniques
    Et vous allez revenir
    De la cendre plein les joues
    Les cheveux
    De la lave encore brûlante plein les muscles
    Des désirs de feu dans les reins
    Et puis
    Le volcan se calmera
    La lave se fera
    Lagon des yeux
    Yeux de rire
    Et de tendresse
    Où l'on se baigne

    Vincent JARRY


    Serait-il plus raisonnable de parler de la mort des autres
    Que des amours qui vous sont vôtres
    Je sais la guerre qui explose les pattes
    Je sais les rires qui dilatent les rates
    Zyeux de peur exorbités la peur est trop chaude
    Et puis il y a ton iris en reine-claude
    Et la mort on me la raconte au coin du bar
    C'est pas l'Alcazar
    FIS
    Algérie
    Jamais je n'ai rit De tous ces fils
    Mais les tendresses
    Pourraient supplanter nos détresses

    Vincent JARRY

    J'ai dans ma maison une fée,
    Douce fée féline aux beaux yeux clairs,
    Douce fée câline aux grands yeux verts
    Qui aime les caresses éperdument...
     
    J'ai dans ma maison une fée,
    Grise fée au doux pelage soyeux
    Où j'aime enfouir mon visage,
    Soudain apaisé, 1 coeur heureux...
     
    Jocelyne LEFORT

    Les Feux
     
    Sur d'immenses dunes au silence de brumes
    Sur des chevaux baptisés de temples et de feu
    Le torse en bandoulière d'arc et de ruisseaux
    Ils avancent retrouver les lueurs des ghettos
    Sans plus de cris sans plus de pluies
    Les plaines ont ravagé leurs troupeaux
    Les arbres sont morts depuis les fusils
    Les flammes n'ont plus ni coeur ni âme
    Au campement où la nuit les éclaire
    Il n'y a plus que l'audace du tonnerre
    Dans la forêt abandonnée les flots des soleils
    N'auront plus de réveils pour les veilles.
    Dans mon coeur blessé je meurs de l'étincelle
    Mes oiseaux ont la prière des herbes
    J'aurais tant aimé courir au creux des ruisseaux
    J'aurais tant aimer courir dans les brumes des lunes
    J'aurais tant aimé me couvrir de plumes et ressembler
    A tous leurs oiseaux
    M'envoler dans les jardins de leurs nuages en larmes.
    Qu'avons-nous fait d'eux?
    Qui veille auprès des feux?
     
    Jacques SANDRAS

    On s' carapatte
     
    Labago vous l'avez pigé
    Ce coinsto c'est ç'ui d'un marmot
    Qui n' pouvait traîner ses croqu'nots
    Que du babut à la carrée
    Bref une p'tite zone pour faire les cons
    Sans qu' les dabés s' fassent du mourron
    Après recta on s' carapatte
    Ben de plus en plus au loinqué
    Mais polope toujours dans l'quartier
    Et pas d'quoi bousiller ses lattes
    A dix broquilles d'vant vos mirettes
    Un coinsto encore assez chouette
    Encore mais y a des longes de ça
    Quand tu reluques certains bouquins
    Avec des croqu'tons du pat'lin
    Tu t'baves: Putain c'était chouaga
    C'est con d'avoir tout chanstiqué
    Et ça m'titille dégosiller.
     
    Gérard Legrand In Paris Paname Pantruche

    BELLE HOTESSE    JE t'AI VUE
    EN OGRESSE    IL A PLU
    SANS LIESSE    TU M'AS PLU
    NI TRESSE    TOUTE NUE
    BELLES FESSES    ON S'EST VUS
    JE TE FESSE    ON A PU
    HELAS,           SANS PLUS
    BELLE NOIRE    TU AS MUE
    TOUTE NOIRE    TOUTE EMUE
    DANS LE NOIR    ON S'EST PERPU
    DU LOIR    DE VUE
    PRES DE LA LOIRE    DANS LES NUES
    SANS VOIR      SANS US
    VOIRE!      JE t'AI PLUS VUE
    TOUTE PERDUE
    BELLE CHATTE    DE VUE
    SANS PATTES    DANS LA RUE
    TU MAS FAIT PAT    
    SANS UN PAS    
    N'EST-CE PAS
    DELPHINE         DJAMALOU
    SI FINE             TOUT FOU
    JOËLLE            ET MONIQUE          TOUT MOU
    ETERNELLE     QUI ME PIQUE        DANS LA BOUE
    C''EST NOËL    QUI ME NIQUE       SANS BOUT
    SANS ELLE    
    NI AILES    BRIGITTE
    MA PUCELLE    AU ZENITH
    SANS «  L »
    MA BELLE
    PARTIE AUX ILES MARQUISES
    PENSEE EXQUISE
    PROMESSES NON TENUES
    MALOTRUE
     
    MICHEL LABOUREAU

    "INTERVALLE"
     
    Jeux de mots et de gestes
    En chuchotements délicats et précis. -

    -Elle  Dis moi un mot
    Un mot de rien
    Un mot de trop
    Ou un petit mot
    Mais je vous prie
    Dis le mot oui
    Dis le mot
    Dis le leurs
    Dites
    Dis
    Dis
    Di
    Di... et puis non ne dites rien Gardez le je vous prie
    N'en faites rien
    Rien qui vous oblige à dire quoique ce soit
    Non ne le dites pas
    De trop ne sert à rien
    Même le mot, surtout celui-ci
    Oh oui mais ne restez pas là sans vous taire.
    Je ne vous sens capable de rien
     
    - Lui Cela m'attriste beaucoup ces temps ci.
     
    - Elle  J'oubliais vôtre regard
    N'est pas absent de conversation
    Il cherche ici à se disculper

    - Elle  Mais pourquoi

    - Lui  Pourquoi ? Quoi ?

    - Elle qui pourquoi ce regard
    pose-t-il la même question ?
    Oui pourquoi se charge-t-il  
    depuis bien longtemps d'une même réponse ?
    Le vide du trop plein
    L'effroyable amendement de l'horreur quotidienne.
     
    Philippe LLORCA

    JE T'ÉCRIS DE QUÉBEC
     
    Je t'écris de Québec
    Il neige mon crayon
    Je t'écris de Québec
    Il neige du coton
     
    Je t'écris édredon
    Il neige mon bien-être
    Je t'écris croisillon
    Il neige ma fenêtre
     
    Sur les toits un oiseau
    Magicien le héron
    Il neige des chapeaux
    Autant que des maisons
     
    Capuche capuchon
    Tricote-moi des gants
    Vont à saute-mouton
    Il neige des enfants
     
    Il neige la lumière
    Et je t'écris la noce
    Un photographe hier
    M'a changé en carrosse
     
    Il a peint le clocher
    De chlorure d'argent
    Un Christ qui s'est penché
    Et ma mémoire en blanc
     
    Je t'écris de Québec
    Il neige mon crayon
    Je t'écris de Québec
    Et je hais ton prénom
     
    Jean-Yves LENOIR
     in "les Petits Riens"
    Collection Flammes Vives

     
    TELEPHONES
     
    Les doux félins étendus sur leur socle
    ne dorment que d'un œil un bond,
    un spasme inattendu de sonnerie,
    et notre paix peut être disloquée.
    L'information tombe, de plomb
    devenu fou le train de notre vie
    brûle les aiguillages
    franchit les gares hébétées
    dans le hurlement saignant des signaux...
    Au bout du fil déjà
    le temps a refermé ses griffes
    et se tait
    nous laissant suspendus, à l'écoute
    du silence glacial
    des catastrophes confirmées...
     
    Mais le chat gris du téléphone
    sait aussi ronronner,
    s'étirer, quêter nos caresses.
    Dans la pire nuit verglacée
    sa bouche douce peut nous chuchoter
    qu'un gai soleil se lève ailleurs,
    une voix chaude murmurer
    que quelqu'un, quelque part,
    nous garde sa chaleur...
     
    Armand MONJO
    in Terrible et Tendre Termitière
    La Bartavelle éd.

    Des mains
    j'ouvre ma chemise
    au langage d'avant
    au langage d'après
    aux eaux du Léthé
    'et le verbe se précipite'
     
     
    Céline VARENNE
    in Tireur de langue
    Scoate-limba
    éd. Galaxia Bucuresti
     
    Cu amândouà mâinile
    îmi deschei càmasa
    pentru vorba de odinioarà
    pentru vorba de dupa noi p
    entru apa Lethei
    §i verbul dâ nâvalâ »


    Péripatéticien planétaire engendre
    Racines s'enfonçant dans les couches
    Terreuses de la vie pastiche potiche
    Errant vers les je ne sais quoi abyssaux
    Aux parois d'obscurantismes abbatiaux
    Idéal de l'apparence absence
    Transparence de l'individu chiffon
    Bouffon miel où les abeilles plantons
    De la platitude viennent planter
    Leurs dards piques actifs des nations névés
    Des négations obstructions des tuteurs vainqueur
    Du paupérisme castrateur

    Thierry THOMAS

    La mort était devant moi et s'était déguisée en femme
    La mort me souriait et m'entraînait de rade en rade
    Et moi je suivais la mort
    J'errais de rade en rade
    Craquant les raides
    Raide de désespoir
    J'espérais tuer la mort
    Qui rongeait une souris
    Qui aurait pu être si belle
    Si la mort ne la rongeait pas
    Je rongeais la mort
    En me rongeant les sangs
    Pour déronger la mort
    Et puis la vie de la femme est revenue
    Altière et riante devant la mort
    Bouffant la mort de son rire et de son pas
    Pas escaladeur
    Cascadeur
    Pas football
    Les bras se sont déployés
    comme des ailes mouettes
    marionnettes Pantin réarticulé
    Et la femme a ri
    Et la mort est morte
    D'elle même
    Morte
    De rire
     
    Vincent JARRY 12-1996
     
    Côté coeur, côté jardin
     
    Il y a les symptômes
    Comme une odeur d'amours
    C'est comme l'arôme
    D'une jolie petite fleur
    Faire un p'tit tour
    Vers son pistil
    Un labyrinthe
    Vers l'amour
    Je m'y éreinte
    Cela puisse-t-il
    Dans la douceur
    Durer toujours
    Dans le jardin
    De Géraldine
    Je prendrais
    bien racine
    Son air un peu trop sage
    Et son corsage aussi
    Côté coeur
    Côté jardin
    Secret
    Côté coeur
    Côté jardin
    Secret
     
    Philippe RAILLON
    Spectacle pour clown rêveur

    Pour fous poètes...                                     

    Poette-pouetteux. étiquetés morveux      
    Chapeau enfumé vedette
    Pour sou d'fauchée
    C'est clown en bleu avec mon sou qui m'trouve comique
    Et moè, la Jolie qui veut m'cacher
    Parce qu'un p'tit sou c'est bin catastrophique
    Voyez dont là, grande malice
    Puisque la suite nous le révèle
    Chapeau d'poète était complice
    Pour nuit prochaine au lit d'ka "Mouff."
    au creux d'amours nouvelles
    Et moè un peu rêveuse à soèr
    Jans 'a noirceur de nos tempêtes
    et la blancheur de nos parterres
    Jje pense à toi en fond d'mémoêre
    Au chaud d'mon lit qui goûte l'hiver
     
    Catherine, Montréal, un soèr

    Je dis

    Place Clichy
    l'écho de Phil Glass
    au flanc des vitrines dévastées
    comme des algues
    laisse errer
    le regard des prostituées
    des être apparaissent
    des êtres disparaissent
    ne reste
    que le supposé parfum
    des sillages
    l'art c'est certain
    rarement prend date
    dans la mouvance
    des yeux se lèvent
    dans les gares
    comme des lambeaux
    de paroles
    qu'égare
    le silence
    des clochards
    au panneau lumineux
    de la solitude
    nul ne s'affiche
    les peaux en friche
    se recroquevillent
    dans le cendrier
    des songes prohibés
    je dis
    Place Clichy
    je tiens cette main
    c'est certain
    mais je n'en sais
    que l'incroyable
    détresse
    tandis qu'elle
    volette
    entre mes doigts
    comme un oiseau
    perdu
    je dis
    Place Clichy
    qui êtes-vous
    qui êtes-vous enfin
    vous dont la mémoire
    s'érige
    imperceptiblement
    dans le crépuscule pollué
    devant les grilles du lycée Jules Ferry

    Dominique NOURRY

    Je n'ai connu aucun d'mes deux grands pères
    Sont tous les deux morts des suit' de la guerre
    La grand' cell' que notr' bon Georges préférait
    J'avais d'l'ether dans l'vin Y'avait pus d'vrai
    Tout aussi saoul pour nous Jouer la même farce
    Parce qu'il y avait bien trop d'bras pour les machines
    Il fallait désengorger les usines

    Mon grand-père est mort aveugle
    Et mon grand Père Maurice sans pus d'poumons

    Ah l'beau temps on bossait douze heur' par Jour
    Du lundi au sam'di et sans détour
    On partait d'Bagneux à Paname à pinces
    Que ce soit le cagnard ou l'Gel qui vous pince
    Et on zonait dans des cav' comm' des rats
    Et puis la guerre est v'nue nettoyer
    Pasque y avait trop d'viand pour les usines
    La vland' d'vlnt chair à canons chair à mines

    Mon grand-père Adolphe est mort aveugle
    Et mon grand-père' Maurice sans pus d'poumons

    Ah là là là! Qu'est-ç'que c'était drôl'ment bath
    Savait pus un Jeun' pour s'foutr' dans les pattes
    Des vieux marcheurs qui draguaient nos grisettes
    Nos p'tits gars étalent partis fair' la fête
    Avec ceux d'en faç' qui v'naient d'leurs campagnes
    L'abattolr c'était pour ces pauvr's enfants
    Tellement si beaux qu'ils en étalent gênants

    Mon grand-père Adolphe est mort aveugle
    Et mon grand-pèr' Maurice' sans pus d'poumons
     
    Le pinard et l'éther ça rendait fou
    Ces jeun'gens qu'auraient eu l'regard si doux
    ça n'en a fait des veuv' pour les cotons
    Les généraux tous ces porteurs d'galons
    Galonnant avec les Jeumont-Schneiderg
    Et d'visant grav'ment d'la dur'té dla guerre
    Z'avaient p't-êtr' prévu qu'la bière et l'médic
    Prendraient l'refais pour protéger leur fric
     
    Mon grand-père est mort aveugle
    Et mon grand-pèr'Maurice sans pus d'poumons
     
    Maintenant c'est pus la guerr' mais c'est tout comme
    Ya pus rien à foutr' pour tous ces jeun's hommes
    On est humain l' vont pus fair' fa guerre
    Y'a pus besoin de pinard et d'éther
    D'abord ya la bière et l'néocodlon
    Pour la piquouze l't'Jaudra du pognon
    Tu piqu' le flouze et ça y st c'est la tôle
    Et puis pourtant qu'est-ç' que t'étais mariole
     
    Mon grand-père Adolphe est mort aveugle
    Et mon grand-pèr' Maurice' sans pus d'poumons
     
    Regarde-donc errer tous ces zonards
    On veut pus d'eux l'boulot les faits tricards
    Tricard à vie et puis y a pus d'espoir
    C'est comm' des pauv' chiots dans un grand trou noir
    C'est pus la tranché mais c'est la mêm' fête
    Les vieux marcheurs vlenn' dragucr les grisettes
    De ces pauv' p'tits chiards broyés par l'artiche
    Qui n'en peuv' pus mais paç'qu'on n'prêt' qu'aux riche:
     
    Le petit fils d'Adolphe il zone à Beaubourg
    Et celui d'Mauric, il sniffe à Stalingrad
     
    VINCENT JARRY

    LES FOURCHETTES MUSETTES
     
    Vous m'avez invité à dîner
    mais j'ai tout amené,
    sur une nappe plate
    vous avez étalé des verres disparates
    des couteaux ciselés
    des fourchettes musettes
    et des serviettes musettes
    et des serviettes sans miette
    complétées de pain complet.
    D'entrée, j'ai déposé de l'huile d'olive
    du mont Olive sur des carottes échaudées,
    du jambon en bâillon du saucisson f icelon,
    de la saucisse qui pisse
    près des tomates écartâtes,
    du cresson de Caillisse
    et des oeufs brouillisses,
    du saumon au court-bouillon
    accompagnait les huîtres
    mes petites puis des sardines
    de bon thon côtoyaient du requin
    malin aux dents d'airain.
    Pour le plat de résistance
    des poissons sans résidence,
    des côtes d'agneau au merlineau
    du poulet citronné au colineau
    et du veau marin du Rhin le tout,
    allongé de couscous qui mousse
    et de pomme d'api sur lit
    de spaghettis polis qui sourient.
    Pour le dessert, mon aimante
    a sorti de sa resserte
    des endives braisées sucrées
    du riz à la banane de Guinée,
    des tartes aux pommes, ploum, ploum
    des entremets entremêlés
    des fruits secs sans jus,
    des gaufres encrêpées
    du caprice blanc d'un Dieu noir,
    et des loukoums à la fraise
    des chaussons chaussées de chocolat
    des mangues océanées à passion
    et des gâteaux au miel surfin
    Le tout arrosé de vin rosé osé.

    Henri MILLE

    1 - un point de lumière tire un trait entre deux univers
     
    2 - entre l'ombre et la lumière II y a un labyrinthe
     
    3 - on ne fait plus l'amour en tâtonnant dans le nol
    mais en se cognant contre les murs
     
    4 - comme un yo-yo qui tombe
    Je me déroule effiloché
    la fin du fil d'Ariane
    m'empéchant de me vider
    de rencontrer le sol, la réalité
     
    5 - Il y a une pierre sur le terrain de Jeux
    Je ne peux pas Jouer
    si Je ne me baisse pour la ramasser
    mon ombre portée sur le sol me la cachera
    Dieu seul sait alors ce que ma main tâtonnante
    rencontrera
     
    Paul CADEMONT

    IL ETAIT UNE PIERRE
     
    Il était une pierre sur un chemin
    Qui en avait marre d'être foulée
    Etre foulée c'est pas marrant
    Même pour une Pierre de 10.000 ans
    Un jour un gosse la lancé
    Du haut du chemin dans le vallée
    Même pour une pierre
    C'est pas très gai
    De dévaler sur les rochers.
     
    Un jour, un m'sieur bien cravaté
    A acheté toute la vallée
    Il a décidé que dorénavant
    Y'aurait plus d'place même pour le vent
    Coupé les fleur, dressé l'torrent
    Capturé l'heure, limité le temps
    Même pour une pierre
    C'est  pas marrant
    D'être déguisée en bâtiment.
     
    Et puits un jour, au lieu d'pleurer
    S'est soudain mise à écouter
    Les autre pierres, juste è côté
    Qu'étaient comme elle, encimentées
    Elles ont raconté leurs souvenirs
    Et ont perlé de liberté
    On a  beau dire, on à beau faire
     Le liberté, ça fait frémir.
     
    Un grand fracas dans la vallée
    Personne n'as su ç'qui arrivait
    Croulé le pont, fendus les murs
    Jusqu'au barrage qui n'a pas tenu
    Dent le silence, comme un murmure
    Comme une danse, c'est la rivière
    Qui recommence et la pierre
    S'y balance et s'en vient prendre un bain.
     
    Philippe RAILLON. Le 4 novembre 1993

    POUR APPAREILLER
     
    On voyage léger
    Marin !
    Tu sais voyager
    Léger
    Tu embarques
    Ton sac
    Et ton couteau,
    Matelot I
    Tu mets ton sac
    À l'épaule.
    Ton couteau
    Est au chaud
    Dans ta poche.
    Tu voyages léger.
    En mer
    Tes rêves pesants
    T'arrondiront le dos Tôt,
    Ne proteste pas
    Tu ne le sais que trop.
     
    Marie ORDINIS in Recours
    Editions de l'Echiquier

    SUR LA ROUTE VES TEMPS NOUVEAUX
     
    Sur la rouie des temps nouveaux
    Il existe un vieux monde
    Perclus, reclus, perdu dans ses racines carrées.
    Ses règles à calculer
    ses exitrons. ses éclatrons. ses positrons.
    ses neutrons, ses bévatrons.
    Et tron-tron-tron
    Et tron-tron-traine.
    Un vieux monde engoncé dans ses règles de trois,
    ses intégrales mal intégrées ses additions,
     ses soustractions, ses multiplications de pains
    Et ses divisions blindées
    Un vieux monde qui se demande anxieux
    Qui. diable, pourrait bien être
    ce mystérieux bonhomme
    qu'on appelait Albert Einstein.
    Et pas très sûr de bien comprendre
    Il referme le livre du passé et confortablement
    installé sur le matelas de sa stérilité.
    il s'endort du sommeil de l'injuste.
    Mais l'enchanteur Merlin
    Qui. par hasard, passait dans ses rêves
    Lui fit faire un songe de baguette magique.
    Et voilà le vieux monde, transformé en girouette.
    qui tourne et vole aux quatre vents des temps futurs
    Et redevient le "Petit Prince"
    Alors, les chateaux-forts
    Et leurs blasons blasés. Les palais de justice
    Et leurs couronnes mortuaires.
    Et même la basilique
    Saint-Pierre de Rome
    S'écroulent dans le néant
    Sur la route des temps nouveaux.
    Tandis que des nains dansent
    Sur des visages d enfants.
    Un vieux monde épuisé
    A trouvé son tombeau.
     
    Guy PERROT

    Milord et Caravane dégustent la prairie, nomades.
    Ils pleurent des étincelles et croustillent aux fontaines.
    Chialants, fervents, ils poursuivent la cueillette coquine, la neige et les cimes.
    Ils découvrent de ténébreux pompons, les astres et les nénuphars.
    Ils se parent limpides.
    Ils font trempette dans la brume, sussurent des sucreries.
    Ils peinent dans les pirouettes, les flots et la conquête, jouent à la dinette perchée.
    Ils crèvent en caravelle, engloutissent le vent, les livres  et l'océan.
    Ils papotent, ivres sous les ondées lactées, zozotent des miracles au piano.
    Ils s'empourprent, soupçconnnent les larmes et le velours
    Les funambules clignotent, grondent les cloches
    Un romanichel à la fontaine, une indienne
    aux rebords d'abeille, se délectent.
    La marmaille gambade, s'appelle Milord et Caravane.
     
    FIN

    à Martine
     
    Prends place
    C'est occupé
    Certains instants
    intenses glissent
    dans des pas fébriles
    et sinuent entre
    des besoins
    des chemins des ravins
    et enfantent
    des vides
    Cherches-tu
    les visages
    en accord
    avec le hasard ?
    Les leurres
    sabordent-ils
    nos rêves ?
     
    Eric DUBOIS

    LA GRENADE
     
    Dans l'ensoleillement rare d'un soir d'octobre
    L'enfant jouait
    Elle était à ses pieds et trouva la balle ronde
    Lourde, très lourde pour une balle brillante
    Très brillante
    Garnie d'un anneau, crantée
    Comme la balle qu'elle emmenait toujours en vacances
    Triste la balle était striée et triste
    Avec son anneau noir et brillant
    Comme les dents de loup dans les histoires
    Effrayantes, sur les genoux de son père
    Son père ou bien sa mère qui racontaient si bien
    Les histoires de loup aux dents trop pointues.
    Le petit frère lui dit de jeter cette balle
    Laide, laide, si triste et laide.
    Elle riait taquine et vive
    Face à la balle lourde, lourde.
    L'anneau la fascinait, elle y glissait son doigt.
    Elle pensa soudain à papa, à maman
    Qui, eux, portaient des anneaux dorés aux doigts.
    Pourquoi ne quittaient-il jamais ces petits cercles d'or
    Jamais !
    Jamais !
    Elle allait enlever l'anneau triste de la balle triste.
    Elle tira sur l'anneau...
    Dans l'ensoleillement rare d'un soir d'octobre
    L'enfant, immobile, les yeux grands ouverts.
    Elle était à ses pieds... la balle lourde et triste
    Arrachée de l'anneau
    En mille morceaux de mort.
     
    10/09/1996 Michel PRAEGER

    VANITÉ
     
    Le condor brave les éclairs
    et flirte avec la sphère solaire
    Son regard tue les éclats du silex
    anoblit l'air bleuté
    L'explosion d'un obus
    le précipite dans les touffeurs amazone
     
    Jean-Luc SIGAUX
    St-Germain-des-Prés éd.

    Pour mes 45 ans
    On m'a fait un beau cadeau
    5 milliards de congénères
    Générés en cons
    Cons copains
    Cons humains
    Cons ennemis
    Humains quand même
    Et tous ces gens-là qui m'aiment
    Ou me détestent
    Je les aime
    Et les déteste
    A chacun ses têtes
    La mienne prend des fils d'argent
     
    Vincent JARRY in 27 innés dits
    juillet 87 agenda 1990
    poèmes en Gros & 1/2 gros éd.

    L'HOMME..

    L'homme qui rêve était puissant devant les cuisses profilées de sa belle...
    L'homme qui rêve ne voyait plus les rêves que faisaient sa Clarabelle...
    Les yeux de sa plus que tout en disaient long sur leurs désirs de se fondre...
    La plus belle aimait l'homme qui rêve, elle voulait qu'il reste toujours tendre...

    l'homme qui rêve ne regardait pas les rêves de sa plus belle conquête...
    La plus belle faisait des rêves... Et l'homme qui rêve disait...Tu m'embêtes!
    La plus belle dura un temps, puis l'homme qui rêve alla vers une autre femme..
    Les yeux sont des miroirs pareils qui s'admirent dans des fantasmes

    Le cul cela fait les amours heureuses, c'est toujours la consummation d'un rêve
    Mais que dire de ces regards qui vous arrachent les tripes dans une quête sans trêve...
    La Plus belle était encore romantique quoiqu' un peu moins désirable et bandante...
    Que la dernière qui faisant battre les chamades de la passion... Pauvre vieille amante!

    L'homme qui rêve, rêva encore longtemps, mais se trouvait seul sans ses femmes...
    Il se fit musulman pour une histoire de culs multiples et il eut enfin son grand harem...
    Mais ses femmes n'avait plus des regards lumineux pour lui... Elles le méprisaient...
    Et si pourtant l'homme s'était préoccupé des pensées intimes de celles qu'il admirait...

    l'homme qui rêve voulut tout avoir des femmes et il n'eut que de brèves jouissances...
    La plus belle celle qui viendrait et qui serait la femme des plus grandes réjouissances...
    Et l'homme qui rêve comparait ces détails de chacune, le cul de Justine, les yeux de Denise...
    Mais jamais cette femme n'était, ni tout à fait comparable, ni tout à fait précise...

    Bruno Quinchez le 13 Février 1997

    Plus que de l'ombre, mais pourquoi donc ?
    La terre est-elle une langouste
    Que plus tard je marierai avec ma cousine ?
    Ce fut bien belle fête.
    L'orange déguisée, comme une lune.
    La reine des abeilles.
    Un gâteau qu'il ne faut pas manger,
    Qui détruit tout insecte.
    Cette fille est une orange amère,
     Des cheveux teints comme du skai,
     Ses yeux descendant à la taille.
    Il faut couper les seins avec du petit bois.
    Je pousse son sourire dans un carton à linge.
    La pluie traverse les nuages.
    Dessous la table il fait du vent que je ne peux retenir.
    Mais maintenant j'ai faim.

    14.12 Thierry DAUCE
    in à soif d'eau de vie et d'amour
    éditions de l'échiquier

    Je suis venu chercher du travail
    J'espère qu'il y en aura
    je suis venu de mon lointain pays
    Pour travailler chez vous
    J'ai tout laissé, ma femme, mes amis
    Au pays tout là-bas
    J'espère les retrouver tous en vie
    Le jour de mon retour
    Ma pauvre mère était bien désolée
    En me voyant partir
    Je lui ai dit qu'un jour je reviendrai
    Mettre fin à sa misère
    J'ai parcouru de longs jours de voyage
    Pour venir jusqu'ici
    Ne m'a-t-on pas assuré d'un accueil
    Qui vaudrait bien cette peine
    Regardez-moi, je suis fatigué
    D'aller par les chemins
    Voici des jours que je n'ai rien mangé
    Auriez-vous un peu de pain ?
    Mon pantalon est tout déchiré
    Mais je n'en ai pas d'autre
    Ne criez pas, ce n'est pas un scandale
    Je suis seulement pauvre
    Je suis venu chercher du travail
    j'espère qu'il y en aura
    Je suis venu de mon lointain pays
    Pour travailler chez vous
     
    FRANCIS BEBEY
     
    LE VOYAGE DU BERGER
     
    Emmergeant son troupeau pour paître en communion
    Le berger s'évade dans un songe très lent
    Il inhale vivement un nette illusion
    Ses pieds baignant dans le sable pulvérulent.
     
    La terre est concubine avec le ciel austère
    Et le berger ressent la richesse de l'âme
    Qui parfois se meurt, mais qui jamais ne se perd
    Belle et longue vie à ses souvenirs de femmes
     
    Il n'est qu'une goutte de plus dont on se moque
    Sa tête, le spectre d'un ange recherché.
    Ramène ton troupeau, berger, et retiens que
    S'écrasent des jets de vers contre les rochers.
     
    Eric PASQUIER

    Les coeurs
     
    un coeur vert
    à l'envers d'un décor
    se terre
    prospère sincère
    avec des vers
    deux coeurs serrent
    par les corps
    la croix et la bannière
    une paire s'avère
    avec l'étoile polaire
    dix coeurs
    manièrent par frénésie assis vocifèrent
    pour se plaire avec
    pour la fuite
    des tonnes de verres
    les coeurs en arrière
    rêvant sans terre
    sifflèrent en l'air
    pour des vers
    de faim sévère
     
    Fred TROUVE
    in carnet de poèmes


    Ronronnement à Delphine

    Rester à rêver à toi
    Ronronner en ronds de rien
    Roucouler en ramier en toit
    Reriwter un rire en vaurien

    Vincent JARRY au "Petit Centre"

    Si une foi révolue
    nous appuyant d'un culot
    sans pareil
    nous allions nous mettre à l'abri
    dans un corsage britannique
    par élégance et par soupçon
    il nous faudrait plus
    d'un hameçon
    pour rester là_

    Denis LAVANT in Dieu n'a ni père ni mère
    Il est par oui dire  Poèmes en Gros & 1/2 Gros éd.