Archives du passé 2

  • Un vieux texte de mes archives Dans (Version I)

     

    Dans (Version I)

    Dans tes yeux, cette mer immense de nos origines,
    Dans cette mer, l’huître, accrochée aux rochers,
    Dans l’huître, la perle irisée de mille feux,
    Dans la perle, l’iris de tes grands yeux,

    Dans cet iris, la phosphorescence de myriades d’étoiles,
    Dans ces étoiles, la perspective, infinie de notre univers,
    Dans ce gigantesque univers, seuls nous-deux,
    Toi, tu me souris, pour la beauté de ce jour,

    Moi, ton unique amour, je te réponds, bonjour !
    Je suis le pied noueux des vignes du seigneur,
    Tu es, l’amphore antique, sous la mer,
    Tu me mèneras dans le plus secret de tes rêves,

    Je crois, que maintenant,
    Mon trop long sommeil s’achève,
    Frêle embarcation, sur tes ondes sinueuses,
    Lentement, bercée, de la vague rythmée, le ressac,

    Tel un soc, j’avance, sur ta surface, calme et sereine,
    Je t’effleure, je vais, j’évolue comme la figure de proue,
    Je suis ce galion ancien, et je suis chargé de ton or,
    J’aime le sillon que je marque sur toi,

    Osmoses, en toi, la mer de tous les abîmes,
    Présences et mémoires, de l’éternité,
    Des cycles lunaires, des marées,
    Dans tes ombres, il y a ces abysses,

    Ces abîmes, qui cachent tes secrets,
    Obscurité des cavernes,
    Densité d’un désir, lourdeurs de la chair,
    Épanouissement des sens, senteurs marines,

    Ta marée, la plus intime,
    Irisations, rosées, nacre de la femme,
    Je goûte les embruns salés

    Fusion de nos corps enlacés,
    Union de nos cœurs, affolés,
    Je suis dans ta profondeur et j’y nage,

    Tu m’entoures, tu m’envahis, je m’y noie,
    Chaude mère, qui m’a enfanté,
    Chaude mer, de nos origines,
    Chaud fœtus de mon origine,

    Bruno Quinchez (Morsang sur/Orge 1979 1988
    Paris 1989 Morsang sur/Orge juin 1995)

    Dans premiere versiondans-premiere-version.mp3 (453.88 Ko)

  • Un vieux texte de 2000 Les fantasmes, les souvenirs et les odeurs (version avril 2000)

    Les fantasmes, les souvenirs et les odeurs (version  avril 2000)

    La bonne odeur du pain
    Qu’a pétri la main du boulanger,
    L’odeur du café que l’on a versé
    Dans la tasse aux petits matins,
    Le goût sucré de la mie de pain
     Que l’on a longuement mastiquée,
    Le goût de noisette et le goût du beurre frais,
    La blancheur du yaourt
    Dans la cuillère que l’on avale
    Et l’odeur âcre de l’ozone
    Dans les petits matins de l’hiver,


    Le souvenir encore tiède du lit défait,
    L’odeur de cette femme que j’aime
    Et l’odeur de l’homme.
    Une odeur de cul,
    L’odeur du sexe et du phallus
    Après cette intense jouissance.
    Le goût de sa salive dans ma bouche
    Et ses seins que j’ai pétris,
    Ballochés et chamaillés,
    Et mon sexe durcit par l’envie
    De recommencer encore et encore.
    L’odeur encore chaude du plaisir partagé
    Et les draps froissés
    Par le mouvement chaotique de la passion.

    Le souvenir ensoleillé d’un bel et bon été,
    L’odeur de l’herbe dans la campagne brûlante,
    L’odeur du foin fraîchement coupé
    Et la senteur des fleurs.
    L’odeur des foins séchés dans la grange
    Où nous nous cachions !
    L’odeur des arbres par cette lumineuse journée,
    Cette odeur insistante du magnolia
    Dans le jardin des souvenirs.
    L’odeur de la terre humide
    Par les soirs d’orages,
    L’odeur des roses au  temps
    Du début de l’automne,

    L’odeur de l’automne,
    Cette odeur de feuilles mortes qui se décomposent.
    L’odeur de la mort, cette odeur de novembre,
    L’odeur du premier et du onze novembre.
    Une odeur de charogne, une odeur d’encens brûlé.
    L’odeur de la tranchée,
    L’odeur de la messe de souvenir des morts.
    L’odeur des poilus, tous ceux qui puent ensembles et pour toujours,
    Ce mélange d’odeurs de pieds, de sueurs et de terreur froide
    Avec l’odeur de merde dans la boue de la tranchée.
    Cette odeur de tous ceux qui chient dans leurs culottes.
     L’odeur des gaz, de la poudre et des morts qui pourrissent.
    Cette odeur, celle de la chair martyre, de la chair à canons,
    L’odeur affreuse de la souffrance,

     

    L’odeur des femmes dans la maison close,
    Cette odeur de moisissures
    Qui est l’odeur de toutes ces femmes qui se fanent.
    L’odeur des mères maquerelles
    Cette odeur d’un parfum de quatre sous
    Et l’odeur des huîtres
    Celles que consomment les clients.
    L’odeur de la môme crevette
    Cette odeur de la servitude
    Ou aussi cette odeur de la lassitude,
    L’odeur des solitudes.
    Ce ne sont qu’odeurs de pisse
    Et des parfums éventés,
    L’odeur des putains qui s’étiolent,

    L’odeur des enfants,
    Une odeur sucrée de barbe à papa
    Et le goût des caramels mous
    Qui collent aux dents.
    L’odeur des pétards
    Qui explosent dans la bouse de vache.
    L’odeur des feux de Bengale,
    L’odeur du bal du quatorze juillet
    Et l’odeur des premières cigarettes,
    Celles qui font tousser
    Une odeur de tabac brûlé
    Qui nous fait oublier toutes les bonnes odeurs.


    L’odeur merveilleuse du premier désir.
    Ce goût et cette odeur du premier baiser
    Que nous osons donner.
    L’odeur évanescente
    Des premiers matins de notre enfance,
    L’odeur de la confiture
    Qui cuit dans les marmites.
    Toutes ces odeurs qui fondent notre enfance,

    L’odeur de l’ouvrier ? Je ne sais pas
    Et je ne saurais peut être jamais ?
    Et peut-être même j’ignorerais
    L’odeur du con d’Irène Maïaskowskaïa
    Cette russe, membre de la Guépéou.
    Le con Irène est une odeur de soumission au parti
    Qui a l’odeur de la sueur du prolétaire
    Et l’odeur du parti désincarné, c’est une odeur
    Qui reste hors de nos vies.
    Je me demande quelle était
    L’odeur de Staline ?

    Je n’ai jamais su
    Si le nazisme était ce fantasme
    D’absence d’odeur pour Adolf Hitler ?
    Le führer n’a-t-il jamais senti
    Cette odeur du sang et de la sueur
    Et n’a-t-il rêvé du surhomme
    Que dans un monde inodore,
    Sans sueurs ni attractions sexuelles ?
    Pour moi le nazisme était
    Ce fantasme d’absence des odeurs.
    Un fantasme et la saveur
    De l’idée de l’idéal…
    Il y a aussi l’odeur de l’indicible du wagon
    Où les humains sont entassés.
    Cette odeur évanescente
    De la nuit et du brouillard.
    L’odeur des camps
    Et l’odeur incantatoire
    De ce nègre qui a peur.
    L’odeur jalouse de ces juifs
    Que les nazis haïssent,
    Ces odeurs si particulières
    Que respirent les nez aryens.
    En Europe occupée
    Cette odeur de la collaboration
    Celle des bons pères de familles.
    L’odeur de ces fantasmes,
    Cette odeur de l’horreur
    Et cette odeur des honneurs,


    L’odeur des pieds qui est odeurs des poètes.
    Celles-ci qui sont ses odeurs d’humains trop humains
    Et celles-là qui sont aussi
    Celles de tous les hommes libres et vivants.
    L’odeur de ces humains tellement humains
    Et l’odeur florissante des printemps.
    Les effluves des fleurs
    Qui nous étourdissent et nous émoustillent.
    L’odeur de la joie et de la liberté de s’aimer
    Et l’odeur de la permanence de la femme.
    L’odeur des enfants à naître.
    Tout ce qui fait l’honneur,
    La joie et le charme de nos vies.
    Oui ! La vie possède une odeur et vivre
    Ce n’est pas un fantasme

    Quelle est l’odeur de la télévision ?
    Rien ! Néant ! Ce qui est pire que la mort !
    La télé n’a pas d’odeurs
    Donc la télé n’existe pas !
    L’odeur des souterrains,
    Le métro dans la capitale,
    Un parfum de synthèse pour masquer
    L’odeur des humains, les S.D.F.
    Cette odeur de pieds
    Et de crasse, d’hommes bien humains…
    L’odeur de la mort
    Et l’odeur des gens biens vivants.

    Le goût du terroir
    c’est le sang de la terre
    Ou parfois l’odeur terrible
    de la souffrance,
    Cette odeur du sang impur
    Que verse le citoyen de France
    L’odeur triste de la guerre
    Et l’odeur de la pureté.
    L’odeur de la pureté ethnique,
    C’est une odeur de poudre et de napalm
    Ou encore le goût de cet alcool fort,
    Le goût de gin, le goût de vodka.
    Le goût de l’eau douce,
    Le goût des pommes de terre sans le feu
    Et l’odeur de l’essence absente, un goût du vide.
    L’odeur du gazole
    et le bruit des blindés,
    L’odeur de la sueur.
    L’honneur de soi-même,
    La peur de l’autre
    et l’odeur des souvenirs…
    L’odeur des fleurs,
    l’odeur de la femme bosniaque
    Et l’odeur de cet enfant qui sera serbe.
    L’odeur de l’hiver, l
    ’odeur de l’ozone,
    L’odeur du vide
    et toujours, l’odeur de la vie.

    L’odeur de la femme humée
    Cette odeur que possèdent
    les petites filles
    Tutsis, afghanes ou algériennes.
    L’odeur et la peur de l’homme
    Que l’on égorge aux noms de dieu.
    L’odeur et le goût du sang,
    Ces odeurs de la vie…
    Non ! Je le dis et je le crois
    Nos vies ne sont pas des fantasmes !
    Non ! La vie n’est pas un opéra !
    La vie n’est pas un concept
    Ou une belle et vaine abstraction lyrique.

    L’odeur de ses saints
    Qui sont morts dans l’amour de Dieu
    Et l’odeur des seins
    Tétés dans nos tendres enfances.
    L’odeur de toutes ses bonnes choses
    Que nous ne pouvons oublier.
    L’odeur du pain partagé
    Que nous rompons en commun
    Et le goût des vins forts.
    L’ivresse des alcools
    Cet alcool pur et si dur qui vous désintègre.
    Les odeurs aimées et l’odeur inodore,


    Le nez de la belle Cléopâtre
    Et les senteurs fortes de l’orient.
    L’odeur puissante de Jules César
    Et la puissance de la femme.
    Cette odeur des fantasmes
    Et l’odeur jamais oubliée des souvenirs.
    L’ardeur de la vie et l’ardeur du passé.

    Bruno Quinchez Paris  texte remanié le 6 avril 2000

    Les fantasmesles-fantasmes.mp3 (1.57 Mo)

  • Poèmes qui ont été faits sur le site techno-sciences Chronique et Dialogues

    Poèmes qui ont été faits sur le site techno-sciences Chronique et Dialogues

    Quatrain

    Dans une ménagerie il vaut mieux savoir manier le fouet
    Mais en amitiés comme en amour il n'y a pas ce jouet
    Il est plus bien plus judicieux de vouloir tenter un sourire
    Même si parfois dans le cœur c'est encore bien pire

    Bruno Quinchez dans ses œuvres

    Le vingt-deux septembre, début de l'Automne

    C'est déjà l'automne qui arrive à Paris
    Un soleil jaune, très pâle et sans chaleur
    Rayonne doucement d'une lumière affaiblie
    C'est la fin des grandes lumières de l'été

    C'était aussi l'anniversaire de mon père
    Mais ce n'est que le début de l'automne
    Guillaume Apollinaire dirait automne malade
    Moi je ne dis que lumière très affaiblie

    Pour les feuilles mortes... Ben! Ça viendra...
    Pas de blues je vais aimer cette saison
    A Paris la fraicheur est déjà de retour

    Ce n'est que le vingt deux septembre
    Et c'est la saison d'or de l'automne frais
    Automne tu viens avec tes rayons de miel!

    Bruno Quinchez dans ses œuvres

    Pourquoi j’écris ici sur le net

    Le seul truc qui est vrai
    C'est que je j’écris parce que je m'ennuie
    Alors je tapote sur mon ordi,
    Sans être vraiment dingue,

    Il faut une certaine sensibilité pour écrire,
    Et si certaines failles sont aussi là
    Ce n'est que coïncidences.
    Les écrivains poètes sentent le monde

    Plus fortement que les autres
    Et depuis longtemps tous les psys
    Cherchent la faille dans l'homme...
    Je ne fais pas exception

    J'aime écrire et pas d'autres justifications.
    Au départ j'écrivaispour mes neveux mais ils s'en foutent
    Maintenant j'écris pour moi et la postérité
    Je sais que ça me fait du bien aussi

    Il pleut

    Il pleure sur Paris des gouttes de pluies froides
    Il pleut sur la France, sur toute la France de la province
    Il neige en montagne au dessus de deux mille mètres
    Les coureurs du Tour de France attendent la fin du Tour

    Les prairies sont mouillées après la sécheresse
    L’herbe va pourrir dans tous ces temps maussades
    Sur les plages vides les vacanciers sont bien absents
    Le matin ils font la grasse matinée, le soir c’est les cartes

    Entre les jeux de cartes et les projets de randonnées
    Les amoureux qui se baladent la main dans la main
    Mangent des crêpes des chouchous et des frittes
    Mais ils sont habillés comme pour l’hiver qui vient

    La météo est plutôt pessimiste sur l’ensemble de la France
    Question température c’est l’automne en pleine saison
    Peut être que demain le soleil osera un timide rayon
    En attendant les amoureux se bécotent en regardant la mer

    Il n’y a pas de saison pour se bécoter entre deux amoureux
    Sur la plage déserte ils se tiennent par la main tout simplement
    Et ils marchent sans chercher à éviter les regards des curieux
    Sur la plage abandonnée, l’été est là mais pas le soleil

    Bruno Quinchez dans ses œuvres
    Un peu de nostalgie devant un été pourri

    Avec le temps on oublie

    Que ce soit le pire de ce que l'on n'a pas aimé
    Les mauvais souvenirs qui hantent votre passé
    Des paires de baffes ou des railleries cruelles
    De celles qui laissent longtemps leurs cicatrices

    Mais on oublie aussi les sourires, les visages
    De tous ceux que nous avons beaucoup aimés
    De ses expressions fines, de cette odeur personnelle
    Et qui deviennent ainsi des fantômes de fantasmes

    On oublie tout sur l'écran vide d'une TV en Noir et Blanc
    Qui n'est jamais passées à la couleur qu’il y a dans nos vies
    Nos vies sans reliefs avec tous ces pâles souvenirs d'autrefois

    Nous aimerions pourtant vivre un avenir en cinémascope couleur
    Dans un paradis tropical et lointain sous des soleil très exotiques
    Alors que notre tout vaste passé nous enferme en nous-mêmes

    Une œuvre du gars Bruno Quinchez

    Mon histoire

    Vous ignorez trop de choses madame
    Vous n'avez pas de droits à faire valoir
    Vous savez vaguement une vieille histoire
    Mais pour vous mes délires me damnent

    Auriez vous souri un jour ou bien l'autre
    Alors je serais sans doute été bon apôtre
    Mais il y avait aussi de la vraie grande peur
    Peut être aussi, j'aurais été un docteur

    De ceux qui changent ce monde banal
    Avec un peu d'aide, cela serait génial
    Mais la vie est trop fragile pour nous

    En savant fou... Moi ! Je le voyais déjà
    Avec toutes les trompettes de l'au de-là
    Celles qui annoncent le temps des fous...

    L’automne est las

    Aujourd’hui jeudi vingt deux septembre
    L’américain Troy Davis est mort
    Il a été assassiné de piqûres létales
    Nous! Hommes de bonnes volontés

    Nous n’avons rien pu faire contre
    Une justice aveugle et aussi raciste
    Commet un meurtre par vengeance
    Ce jour là du vingt deux septembre

    C’est l’automne qui nous vient aussi
    Si mon père était bien encore vivant
    Ça lui ferait ses quatre vingt neuf ans
    Un bel âge qu’il n’aura aussi jamais

    Temps d’automne c’est maintenant
    La mort repasse toujours les mêmes plats
    Pourtant je n’avais pas peur avant
    Mais je vois trop cette imbécile déchéance

    De ne se souvenir que de ces morts
    Et oublier la vie qui va aussi et vient
    Tous mes neveux qui me plaisent bien
    Avec les ventres ronds de nouveaux bébés

    Troy Davis est mort pendant cette nuit là
    Et malgré moi je ne sais que dire que faire
    Protester face à cette innommable injustice
    Si aux moins les juges avaient un peu d’humanité

    Je pense à mes neveux et j’oublie cette horreur
    Pas heureux de vivre dans ce monde là
    Où la peine de mort existe aux USA
    Des fois je pense à plein des choses

    Comme Buffet, Bontemps et Badinter
    Mon dieu ait pitié de tous les assassins
    Entre ceux qui meurent exécuté par piqûres
    Et les bourreaux qui officient par vengeance

    Je n’aime pas ce monde où la justice tue
    Le spectre de la juste vengeance est bien là
    Avec toutes ses armes admises pour se défendre
    Sa chaise électrique, sa chambre à gaz et ses piqûres

    Bruno Quinchez dans ses œuvres

    La chanson triste

    C'est la chanson morose
    De celles que l'on chante
    Aux temps de chlorose
    Et des tombes béantes

    La ! La ! La ! La !

    Le petit enfant qui naît
    Suce bien son pouce
    Et boit bien son lait
    Pour lui la vie est douce

    La ! La ! La ! La !

    Maman est bien là
    Avec son petit papa
    Petit bout grandit
    Il n'est plus petit

    La ! La ! La ! La !


    Petit bout va à l'école
    Il a grandit et il vole
    Comme un étourneau
    Ou un petit oiseaux

    La ! La ! La ! La !

    Le petit oiseau grandit
    Et devient petit coq
    D'une basse-cours pardi
    Le petit coq est rock

    La ! La ! La ! La !

    Petit coq chante très fort
    Il n'a pas peur de la mort
    Des amis qui l'aiment bien
    Ne lui parlent que des siens

    La ! La ! La ! La !

    Petit coq grandit encore
    Il aperçoit une belle femme
    Et en rêve quand il dort
    Il brûle d'une grosse flamme

    La ! La ! La ! La !

    Un jour ou l'autre vient
    Où il rencontre l'amour
    Son amour sera le sien
    Mais elle ne lui dit pas toujours

    La ! La ! La ! La !

    Petit coq qui meure d'amour
    Et il crève d'envie ce jour
    La vie ne vaut pas le coup
    Et il souffre beaucoup

    La ! La ! La ! La !

    Un jour on lut dans le journal
    Un homme meurt d'amour
    Pour une femme très banale
    La nuit, il n'avait pas de recours

    La ! La ! La ! La !

    Cette histoire est bien tragique
    Petit qui a grandit est mort ce jour
    Que c'est triste et pas très érotique
    Que toute mes histoires d'amour

    La ! La ! La ! La ! 

    Bruno Quinchez dans ses œuvres avec un petit emprunt à Baudelaire

    Récitation

    Un enfant se lève et il nous récite alors d’un regard
    La fable de la fontaine le Corbeau et le Renard
    L’enfant ne voit que ce corbeau vaniteux et retors
    Et le renard lui déplait aussi car il dit alors :

    Maître corbeau sur son arbre de pauvre assisté
    Tenant dans ses mains le sort de la France
    Monsieur du Renard par son bulletin très désiré
    Avait devant lui, tous les rêves d’une belle enfance

    A ces mots le maître de la classe le reprend
    Non Kévin! Ce n’est pas la fable! Si tu comprends
    Maître corbeau avait un fromage dans son bec
    Et maître renard voulait faire bombance avec

    Kévin très surpris lui répondit vous savez monsieur
    Quand je vois mon père qui me parle avec sérieux
    A ses électeurs et tous les gens de notre commune
    La fontaine est bien vieux et ma récitation plutôt opportune

    Kévin je ne doute pas que ton père est notre maire
    Mais pour les récitations, il y a encore fort à faire
    Sans doute ta morale vaut-elle celle de La fontaine
    Mais sache Kévin que ta récitation est une calembredaine

    Kévin lui répondit cette leçon vaut sans doute un fromage
    Et à Jean de la fontaine ainsi je rends alors un bel hommage
    A ces mots le maître répondit à cet élève opposé et original
    Vous aurez un dix, ce qui est la moyenne, et c’est le point final

    Kévin pas très heureux se rassit sur son banc, déçu de sa prestation
    Et il jura un peu tard qu’il ne lirait plus des tracts politiques
    Et qu’il s’en tiendrait à l’art de la rime et le monde poétique
    Ainsi il apprit que l’école est bourrée de mauvaises fréquentations

    Bruno Quinchez dans ses œuvres 23/04/2012

    Un cri vers Dieu

    Ce matin, à mon réveil, vers huit heures, en me levant
    J’entends comme un grand cri, un vrai appel à l’aide
    Mais je ne saurais jamais d’où me venait cet appel
    Non je ne suis pas un Dieu car je suis bien trop impuissant

    Pour pouvoir combattre, avec mes petites mains, le cœur à nu
    Il me vient ainsi cette idée que j’ai besoin encore et encore
    D’un soutien amical ou un désir d’une justice protectrice
    Quelques chose d’immanent comme un Dieu défenseur

    Ainsi moi qui me prends pour lui, ainsi j’ai besoin de lui
    Il ne me sert à rien de proclamer la justice, sans sa justice
    Certes il existe des justes mais ils ne sont ainsi justifiés
    Que par d’autres hommes et ta Justice qui reste éternelle

    Concernant Dieu, vous savez , je peux très bien m’en passer
    Mais sans cette justice notre monde est un monde effroyable
    Vous pouvez sans doute abandonner facilement l’idée d’un Dieu
    Mais jamais vous ne pourrez oublier cette Justice de Dieu

    Bruno Quinchez dans ses œuvres

    NB je sais que c'est de la provocation et je le reconnais pour les athées de tous bords qui pullulent sur ce site techno-sciences mais il n'y a pas d'autre justification à l'idée de justice, il n'y a qu'à voir ce que donne l'idée de justice dans n'importe quel gouvernement autoritaire... Maintenant ce forum est ouvert à tous les débats Si c'était aussi simple j'en rigolerais avec vous !  Non c'est une quasi réalité, j'ai du entendre ma voisine qui a des bisbilles avec son mec

    Sur l'homme et la planète

    Je n'ai pas tellement envie de crever tout seul
    Dans une Terre stérile et une humanité unique
    Les saloperies que nous faisons à la planète
    C'est d'abord à nous-mêmes que nous les faisons

    Un ego d'humains est insupportable devant le carnage
    Il n'est pas sûr que nous pussions vivre dans un désert
    Et nos enfants à venir, ils nous demanderont des comptes
    Il n'est pas dit que nous pussions vivre sur une terre stérile

    La Terre n'est pas faite pour que l'homme la détruise
    Arrêtez donc avec cette connerie de dire que l'homme en est le maître
    L'homme est de la Terre, c'est sa seule terre sans remplacement
    Nous sommes condamnés à vivre dessus pour le meilleur et le pire

    La Lune se couche et moi je me lève

    C'était la fin du mois d'août
    Ceci vers les 6 heures du matin
    J'étais levé et je vis cette ronde Lune

    Qui se couchait à l'horizon en plein Ouest
    Plantée là sur les toits de Paris
    Avec ses antennes de télévision

    Une virgule

    Une virgule que j’écris dans le ciel, Là ! Tout près d’une étoile
    Je sais ! C’est ridicule mais pas plus qu’un trou noir existentiel
    Ou une Lune soumise, aux caprices des hommes d’argent
    Dans le ciel s’écrivent nos vies qui viendront demain

    Et si je sais que je ne trouverais que moi-même là-haut
    Tous les rêves dorés des boursiers, ces vampires d’aujourd’hui
    Je ne sais s’il y a des anges ou des démons tout là bas
    Nous sommes suffisamment intelligents pour les inventer

    Nous échappons à l’enfer et nous échappons au paradis
    Car nos rêves sont ceux du confort et des plaisirs tarifés
    Nos rêves d’immortalité qui se contentent des vampires
    Nos rêves sombrent dans toutes les jouissances de l’instant

    L’infini est un concept d’horizons, nous avons une limite
    Et cette limite ce n’est que celle de toutes nos croyances
    Nous ne croyons plus que tout soit possible, ça non !
    Car nous avons fait de la science une vérité éternelle

    La science nous dit des horreurs sur notre avenir
    Que nous allons finir dans un trou noir ou un désert
    Et que l’univers n’entendra pas nos cris dans le noir
    Il n’y pas d’espoir pour cet univers sans lumière

    La lumière d’un Dieu ou d’un soleil qui brille
    Je sais seulement que la raison est trop raisonnable
    Et que jamais cette raison n’envisage sa vraie fin
    Il n’y a pas plus déraisonnable que la raison des savants

    Et j’écris cette virgule dans le livre de la vie
    Petite virgule ridicule entre deux mots très importants
    Comme aimez-vous, et aimez toutes choses qui vivent
    Il y a dans le ciel, une virgule qui rigole comme une baleine

    Bruno Quinchez dans ses œuvres
     

    L’eau

    L'eau qui coule, elle est là tellement évidente
    On lui demande rien sinon d'être toujours là
    Elle dévale des pentes de la montagne
    Elle s'insinue entre les rochers elle coule

    Puis elle forme un ruisseau dans les prés
    Elle perd sa transparence et elle devient verte
    Avec des micro algues qui l'oxygènent encore
    Quelques poissons empruntent son courant

    Puis elle grandit encore et devient une rivière
    Et là comme une grande elle porte un nom
    Celui des ondines gauloises des temps anciens
    Mélisse, Méta, Paname ou la belle Marne

    Avant de devenir un fleuve qui charrie des bateaux
    Elle relie les villes du pays par des trafics divers
    Après avoir fait bien tout son travail de fleuve
    L'eau douce se jette dans la mer salée

    Et elle est, des vagues et des courants sans partages
    Le soleil qui la chauffe la transforme en nuages
    Qui repartent lentement empotant la pluie
    Quelques pluies tombent sur la montagne

    Et tout le cycle de l'eau recommence
    Parfois pluies, parfois brouillards ou neiges
    Sans elle il n'y aurait pas la vie sur terre
    L'eau qui vient, qui passe et qui s’écoule

    Bruno Quinchez dans ses œuvres

    L ‘autre    

    L'autre qu'on regarde de sa chaise
    Tout en s'occupant de son assiette
    Qui parle de choses que vous ignorez
    Un autre monde et une autre vie

    Il est le sujet de conversations
    Sur les piliers du bar à vins
    Sans doute a-t-il des rêves différents
    Des enfants, une femme et un chat

    Il doit aussi me regarder moi
    En se posant les mêmes questions
    Mais je ne sais pas comment il me voit
    Et si son regard, il est bienveillant ou autre

    Quand je me regarde dans le miroir !
    Je sais bien que c'est encore moi que je vois
    Car je connais tout de moi-même
    Tous mes défauts et toutes mes qualités

    Tandis que lui, cet autre il est bien là
    Un irréductible inconnu et il me toise
    Sans doute! Dois-je lui parler!
    Bons Jours ça va chez vous ?

    Un Poème de Bruno Quinchez

    Deux roses

    Ce sont deux roses entre deux âges de la vie
    Une rose qui est épanouie depuis peu de temps
    Et une autre, celle là, elle a vécu plus longtemps
    Elles illuminent ma vie et toutes deux me sourient

    A l'origine elles sont toutes deux d’un beau jaune d'or
    Mais en vieillissant, elles changent et elles bougent
    La plus mûre est liserée d’une fine bordure rouge
    Tandis que la plus jeune est jaune sans remord

    Je les aime toutes les deux qui sont d'âges divers
    Une femme mûre elle reste belle malgré le temps
    Et une fleur fraîche, c’est avant tout celle du moment
    Je sais des femmes mûres et des fleurs de mes hivers

    Je ne saurais jamais entre elles choisir… Ho non ça non!
    Entre la lumière tragique de cet amour toujours canon
    Et la tendresse fragile donnée par cette fleur suave de l'été
    Je ne sais que jamais, toutes celle là je ne les ai en moi rejetée

    Le tragique quotidien dans une vie banale c'est bien de vieillir
    Et d'accorder une place, à toutes sans jamais oser les cueillir
    Je sais des fleurs éphémères et uniques qui meurent d’instants
    Et des lumières prodigieuses qui nous viennent aux bons moments

    Je vois deux roses différentes sous mes yeux de jardinier
    Et je ne sais bien si je dois l'accepter ou bien les nier
    J'aime la fragilité de ces deux roses qui fleurissent ici
    Et à chacune, dans l’instant, je ne sais que leur dire merci

    Bruno Quinchez dans ses œuvés

    Étonnez-moi!

    Pour croire encore faut il désirer
    Notre société de consommation
    Elle a tué les vrais désirs humains
    Pour nous vendre du n'importe quoi

    Il faudrait faire le jeûne des médias
    Et aller tranquillement se ressourcer
    Dans un ailleurs imprévu et imprévisible
    Loin des marchands de certitudes

    Je hais ce monde qui me vends
    Des choses toutes prêtes à consommer
    Notre monde crève de ses certitudes
    Alors monsieur! Etonnez moi encore

    Bruno Quinchez dans ses œuvres
     

    Un grand classique ma version Le cancre

    Le cancre

    Le cancre, il est célébré par tous les poètes
    Mais il agace beaucoup par ses fantaisies
    Il y a certains profs qui l'aiment bien

    Tandis que d'autres, ils le pensent incurable
    D'une bêtise crasse, celle qui rends très modestes
    Tous les précepteurs, tristes devant leurs ambitions

    Le cancre, c'est est un poète qui reste sans ambitions
    Il fait toutes ces erreurs, et elles vous font sourire
    Il est toute innocence et il est tout fragile

    Les bons élèves, ils le jalousent tous
    Car pour quelques raisons inconnues, c'est le chouchou
    Il surprend toujours le maître par ses réponses

    Tout un monde, bizarre que le maître ne connaît pas
    Mais avec l'âge le cancre disparaît dans le confort
    Et il devient un homme ordinaire avec ses petits problèmes

    Il est alors soit dans une société commerciale
    Ou alors il se lance dans le monde politique
    Demandez à tous nos hommes politiques

    S'ils étaient de bons élèves quand ils étaient enfants
    Certains, ils vous mentiront sans vergogne
    Tandis que d'autres, ils vous montreront leurs cœurs

    Bruno Quinchez dans ses œuvres

    La Pluie

    La pluie est là, elle tombe sur nous sans fin
    Avec ses gouttes, bien froides et incessantes
    Et elle mouille tous nos vêtements protecteurs
    Nous sommes de ces éponges qui se mouillent

    Et cette pluie, elle est partout, de ça et de là
    Elle crépite sur les arbres, sur le goudron noir
    Quelques passants sous leurs parapluies ouverts,
    Attendent la fin de cette averse, bien abondante

    Quelques flaques se forment sur les trottoirs
    Des chiens mouillés, passent en gémissant
    La pluie a cette odeur acre de terre mouillée
    Mais les chiens ont l'odeur de leurs existences

    Les nuages déversent ainsi toute leurs humeurs
    Le soleil reste caché, derrière le rideau de pluies
    Sans doute verrons-nous un arc dans le ciel
    La pluie cafardeuse continue encore un peu

    Les gens de la terre, ils aiment cette pluie exécrable
    Qui alimente en eaux, la terre qui nous nourrit
    Mais j'attends encore la fin de ces averses froides
    Je sais des soleils chauds, je sais aussi des averses

    Bruno Quinchez dans ses œuvres

    Nietzche et le surhomme

    Dans le surhomme Nietzche il nous parle de dépasser l'humanité,
    Et de penser un homme sans Dieu et sans maitre
    Où la morale vient de son humanité et pas d'une transcendance
    Cela en opposition aux églises de cette époque,
    Qui péchaient la soumission et l'obéissance
    Il a été très mal compris car beaucoup ont pensé à un super prédateur
    Dans la chaine de l'évolution... Darwin c'est de la même période historique
    Le darwinisme social était courant à cette époque (Voir Dalton)
    Le surhomme est avant tout un être moral et responsable

    Bruno Quinchez quelques propos en réponse sur le surhomme

    Paysages d’hivers

    Paysages blancs des hivers
    Avec toute la neige vierge
    Sur laquelle un silence
    Des matins d’un hiver

    Ce sont des pages blanches
    Où nous rêvons d'écrire
    Dans le froid de la neige
    Des poèmes provisoires

    Puis nous y allons dessus
    Et nous laissons nos pas
    Qui s’écrivent en creux
    Sur les chemins de l’hiver

    Bruno Quinchez dans ses œuvres

    Sur une dame d’internet

    Faut pas chercher je l'obsède
    Il ou elle croit que je lui parle la nuit
    Et il ou elle, me regarde dormir
    Il y a des dingues partout

    Petits emprunts bibliques

    Au début était le verbe
    Et le verbe dit :
    Que la lumière soit !
    Et la lumière parue
    Et le verbe vit que la lumière éclairait
    Le verbe vit plein de choses bizarres
    Qui étaient avant cachées dans le noir
    Comme des petits homuncules grouillants
    Le verbe compris alors qu'il avait bien fait

    D'éclairer sa lumière pour voir alentours
    Le verbe vit son gourbi et se dit
    Bon Dieu! Il va me falloir nettoyer tout ça!
    Alors le verbe se créa des assistants

    Ainsi il créa les anges qui le servaient
    Mais quelques uns avaient des idées de rangement
    Le verbe n'était pas d'accord
    Pour qu'on touche à ses affaires

    Ainsi fut ! Et depuis
    Le bordel cosmique continue,
    Le verbe dû faire face
    A des revendications diverses
    Et la lutte des crasses commença

    Bruno Quinchez Paris 9 avril 2009 un extrait d'un de mes recueils paru en 2010

    Il était une foi

    Dieu dit : «Je ! »
    Et, il posa ainsi le premier acte de foi
    Puis Dieu dit : « Que la lumière soit ! »
    Et la lumière fut

    Puis Dieu passa aux éléments
    Dieu créa le ciel, la Terre et la mer
    Dieu trouva cela «Bon, mais nettement insuffisant ! »

    Alors Dieu pour se distraire
    Créa les animaux et créa les plantes
    Puis en fin des fins
    Dieu créa l’homme à son image et à sa ressemblance

    Puis Dieu perplexe devant sa création
    Il eut l’ombre d’un doute
    Dieu créa alors le libre-arbitre
    Cela pour lui-même

    Et l’homme que Dieu avait créé
    A son image et à sa ressemblance
    L’homme se gratta le front de perplexité
    Et il dit : «Dieu existe-t-il ? »

    Bruno Quinchez Moran sur/orge mars 1992
    Premier prix humour Athanor Brest 1992

    Quelques jours avant Noël

    C'est la fin de décembre qui arrive
    Encore quelques jours à passer
    C'est Noël et le Jour de l’An 2014
    Cette année 2013, elle est quasiment finie

    Les pères-Noëls qui s'approvisionnent
    Et les grands yeux de tous les enfants
    Je vois ma petite voisine et sa mère
    Elles préparent depuis un mois Noël

    Je ne sais pas trop si la gamine est dupe
    Mais ça fait plaisir à la mère et grand-mère
    Elle a fait aussi un calendrier de l'avent
    Avec plein d'histoires, très morales

    Je sais que ma voisine elle est athée
    Et qu'elle se fout bien du gars Jésus
    Mais elle a aussi fait une crèche chez elle
    Car il y a encore une part d'enfance

    Entre aujourd'hui et Noël, je vois bien
    Tous les préparatifs des pères Noël
    Il y a dans tous ces pères Noël là
    Comme un rêve d'enfance resté intact

    Après Noël vient la saint Sylvestre
    Et aussi son foie gras et ses huîtres
    J'ai déjà eu des problèmes avec les huîtres
    Qui gigotent en bougeant dans mon œsophage

    Pour l'année qui viendra bientôt
    Pour tous les enfants que nous restons
    Pour le temps qui passe et celui qui vient
    Je vous souhaite de bonnes fêtes à tous

    Bruno Quinchez dans ses œuvres

    La Lune ce soir

    Ce soir la lune se couchant, elle joue la virgule
    Et déjà, la nuit avance et la lumière recule
    Pas d’étoiles encore mais une demi-obscurité
    La lune joue entre la ponctuation et l’éternité

    Sur les toits de paris des antennes plantées
    Captent des nouvelles images de l’instant donné
    La belle à la virgule, est simple et abandonnée
    Que dire de ces choses qui ne se sont jamais décantées ?

    La lune est sous le minaret, elle prie Allah
    Pour d’autres elle parle de tous les falbalas
    Et dans les cieux maintenant n’est que cédille

    Les hommes toujours ne parlent que d’un cul,
    Ronde lune qui s’arrondit un paysage joufflu
    La lune est aussi parfois cette jolie petite fille

    Paris premier Février 2006...Photographie premier Février 2014

    Tous les mages et les savants

    Il y a dans ce ciel, des choses écrites à déchiffrer
    Tel est le mot d'ordre lancé, la réalité est à défricher
    Depuis cinq mille ans, entre les sages et les mages
    Pythagore parle du monde des chiffres pour image

    Notre temps me rappelle tous ces les mages d'autrefois
    Qui scrutaient tous les astres dans le ciel à la lunette
    Et ceux là qui voyaient des grandes coïncidences parfois
    Entre ce qu'ils croyaient et ce que leur disaient les planètes

    Et ils faisaient des gros almanachs avec des prévisions
    Sur tous les événements à venir, ils avaient des visions
    Puis la science, elle avança et elle commença à s’intéresser
    Aux positions des planètes et cela sans jamais cesser

    Ils commencèrent à donner des noms bizarres aux étoiles
    Nous passons de la constellation du Capricorne à la Boussole
    Qui est encore une découverte récente, celle qui ouvre les voiles
    Entre la vieille constellation mythique et objet de la bricole

    Les savants? Eux! Ils ne croient plus aux coïncidences
    Et ils croient pouvoir tout calculer et aussi la providence
    Alors le diable calculateur, il remplace le vieux hasard
    De ces fous qui épuisent le monde dans un grand bazar

    Arrive la synchronicité, la fille de l’aléatoire existentiel
    Elle cache un réel bien plus simple ou plus démentiel
    Celui de la foi, celle que nous mettons dans nos regards
    Le chaos restant encore, toute la malice des bavards

    Bruno Quinchez dans ses œuvres

    Propos sur certaines pratiques psychiatriques

    Dans les années 50,  il existait des chirurgiens
    Qui croyaient pouvoir intervenir sur le cerveau
    Et qui pratiquaient des opérations sur des patients
    Cela pour leur éviter de souffrir,

    Ces lobotomies étaient considérées comme un progrès,  
    En ce qui concerne les facultés parapsychologiques
    Comme les phénomènes de télépathies etc.
    Nous en sommes quasiment aux mêmes stades

    C'est à dire qu'on ne sait rien de ces phénomènes
    Et des psys bien intentionnés, ils font parfois
    Plus de dégâts que s'ils s'étaient abstenus

    Anesthésier la douleur avec des médocs
    Ce n’est pas soigner des trucs bizarroïdes
    La réalité ce n’est pas que de la chimie

    Bruno Quinchez dans ses œuvres

    Météo in Paris

    Ce soir il fait beau à Paris
    Un véritable temps de mai
    En ce début du mois de mars
    Certains se croient en été

    Je ne sais pas la température
    Mais on a eu droit encore
    A l'alerte à la pollution
    Avec un air irrespirable

    Oui la terre se réchauffe
    Nous n'avons pas eu d'hiver
    C'était trop doux et pas de gel
    L'année dernière tout avait gelé

    J'ai fait quelques plantations
    Des œillets dans deux pots
    Après cet hiver trop doux
    J'espère un été normal

    Mais c'est quoi normal ?
    Le temps se détraque !
    Regardez aux USA !
    Ils ont des hivers très froids...

    Je ne sais pas pour demain
    La météo, elle dit des trucs
    Le climat, il dit autres choses ;
    Alors on verra bien

    Bruno Quinchez dans ses œuvres

    Maison de verre

    Un provisoire qui dure ou une éternité en attente
    Je ne sais pas trop ce qui est, ce qui reste et ce qui vient
    Ils voudraient sans doute, des choses toutes faites
    Où il n'y aurait rien à changer du genre préfabriqués

    Alors que le palais idéal n'a pas de plans définitifs
    Car s'il est à construire et il dépend de beaucoup
    Comme de savoir comment vous occuper l'espace
    Combien de fois avez-vous saccagés vos rêves?

    Pour construire en dix fois mieux qu'avant
    Nous sommes des cons-sommateur de virtuels
    Nous ne savons plus nous engager dans un rêve
    Le grand soir, le paradis, l'idéal de vie

    Ce ne sont jamais que des choses dans un monde
    Qui a la fixité des pierres et la durée des étoile
    Je ne sais pas si un jour, vous vous contenterez
    D'un présent stable sans la mouvance des envies

    Je suis un dinosaure de l'antique monde de l'écrit
    Je ne connais pas ce monde, des virtualités de réseaux
    Vous pensez comme des fantômes de fantasmes
    Je ne sais pas si ce monde existe bien encore

    Les machines ne sont pas des greffons de vous-même
    Mais elles permettent de vous démultipliez en mille choses
    Le stable celui qui reste est en dehors des réseaux
    Comme cette réalité puante et irrespirable de la vie

    Le printemps ça existe en dehors d'ici est là
    La nuit je me lève en pensant voir les étoiles
    Mais les étoiles continueront bien d'exister
    En dehors de la maison de verre des réseaux

    Bruno Quinchez dans ses œuvres

    Attendre

    Attendre, voir, écouter, ne rien dire
    Attendre des jours meilleurs écouter le candidat
    Et se faire pour soi toute sa conviction personnelle
    Encore espérer dans tout ce monde politique

    Attendre, voir, écouter, toujours ne rien dire
    Attendre des jours meilleurs et parler plus fort
    Aller dans un meeting et proclamer bien haut
    Tout son espoir dans le grand homme politique

    Attendre, voir, écouter, toujours ne rien dire
    Coller des affiches sur tous les murs de la ville
    Passer dans les médias qui veulent bien vous passer
    Gueuler bien fort toutes ses convictions, continuer

    Attendre, voir, écouter, toujours ne rien dire
    Dans une élection il faut un gagnant et un perdant
    Soudoyer les médias pour le petit rien qui change tout
    Assassiner son adversaire en dévoilant tout sur lui

    Attendre, voir, écouter, toujours ne rien dire
    Attendre l’élection dans un groupe de fans
    Croire au père Noël ou croire que demain on rase gratis
    Un soir d’élection, savoir si on est un perdant ou un gagnant

    Attendre, voir, écouter, toujours ne rien dire
    Alors attendre les résultats devant sa TV
    Votre candidat est élu à 50,1 % des voix
    Ou battu avec un score tout aussi honorable

    Attendre, voir, écouter, toujours ne rien dire
    Le soir refaire tout son monde avec le candidat
    Vaincu ou vainqueur, c’est bien encore le même homme
    Et Attendre, voir, écouter, toujours ne rien dire

    Attendre, voir, écouter, toujours ne rien dire
    Se construire un lendemain de rêves avec le candidat
    Attendre, voir, écouter, toujours ne rien dire
    Demain est un autre jour et nous, on verra bien

    Bruno Quinchez dans ses œuvres

    Écritures

    L'auteur quelques parts
    Perdu dans les pages
    De son grand bouquin
    Disparait et il s'oublie

    Parmi toutes ses fictions
    Celles-là qu'il a déjà écrites hier
    Et toutes celles-ci qu'il écrira
    Dans un autre livre à venir

    Là! Il laisse quelques traces
    De lui-même ou d'un autre
    Dans tous les personnages
    Inventés ou non-inventés

    Il vacille entre rêves et réalités
    Entre un héros tout à sa mesure
    Et quelques aventures incroyables
    Alors Il mène son enquête

    Bruno Quinchez dans ses œuvres

    L'amour et l'Internet

    Non! Je suis ailleurs et je ne suis pas vraiment ici avec vous
    Pour moi vous me semblez vraiment une très lointaine anonyme
    N'y aura-t-il jamais quelques choses de commun dans cette vie?
    Qui nous rassemble tous les deux, cela dans un même lieu

    Je vous sais bien là sur le site, mais je vous sais aussi là bas
    Dans une fiction lointaine celle qui me reste de vous-même
    Etes-vous très belle madame? Monstrueusement belle
    Comme tous les canons de la beauté contemporaine

    Ou avez-vous ce léger petit défaut de presque rien du tout
    Comme un léger zézaiement dans votre petite voix fluette
    Avez vous les yeux, verts, bleus, noirs gris ou vairons
    Vous restez un mystère et cela reste votre vrai charme

    Sur le net, ils vendent aussi de la chair fraîche à l'étal
    Au kilogramme, avec aussi marqué le poids de cette viande
    Quelques considérations sur le niveau de vie, des connectés
    Pas vraiment des sentiments; il n'y a que du prêt à consommer

    Il y a dans toutes choses amoureuses, celles que j'ai écrites pour vous
    Comme cette envie d'être heureux ensemble, cela sans regrets
    Moi je vois dans toutes les femmes qui recherchent sur le net
    Comme des marchandises, toutes prêtes à être consommées

    Comment alors? Pouvoir vous dire tout l'amour du monde
    Dans un monde qui est sans pudeur, ni sans restriction aucune
    Sur le désir, le plaisir et sa consommation tarifées ou monnayable
    Non! Moi! Je souffre! Car je ne veux pas être une marchandise

    Bruno Quinchez dans ses œuvres


    Possession ?

    Posséder ? C'est vraiment une drôle d'idée,
    Il y a des choses que rien ne permet de posséder,
    Comme l'amour, le désir, la confiance, l'éternité
    Et j'en passe et des meilleures

    Graver dans le marbre Acrostiche

    Gavé de toutes les certitudes
    Rien que pour une vérité
    A tous cette seule attitude
    Véritable est la seule bonté
    Entre aimer et être aimé
    Recherche d’un ami sincère

    De celui qui reste un mystère
    Avec la vie, un être confirmé
    Nuées blanches dans un ciel bleu
    Songes qui est donné par le feu

    Las ! Etre le dernier homme
    Entre le rire et une pomme

    Masques d’anonymes bavards
    Avec des silences très braillard
    Rien ne vaut une belle rime
    Bien que cela soit un crime
    Rires certes ! Avec des mots riches
    Essayez de faire des acrostiches

    Bruno Quinchez dans ses œuvres le 28/08/2013

    Captures

    Capturez un presque rien
    Et le mettre dans une cage
    Capturez une lumière insolite
    Et la mettre dans votre nuancier

    Capturez un regard donné
    Vouloir en faire son amour
    Capturez le papillon de la vie
    Pour l'épingler sur la planche

    Non! Surtout ne pas capturer
    Laisser vivre et le savoir
    La chasse est toujours ouverte
    La vie doit persister...

    De la conservation des Murs...

    Je m'ennuie à vouloir,
    Tout reconstruire et tout détruire...
    Des murs de mon ennui,
    Tous ceux de ma triste vie

    J'ai vu un mur à Berlin,
    J'ai vu un mur en Israël
    Séparant pour mieux diviser,
    Séparant pour mieux régner...

    J'aimerais mieux construire
    Une maison avec quatre murs,
    Et une porte ouverte aux quatre vents
    Mais je n'ai que les murs de mon ennui

    Je ne rêve pas et Berlin se construit
    Avec des milliards d'Euros
    Avec des millions d'allemands
    Des allemands de l'Est et de l'Ouest

    Mais où est passée la maison du peuple?
    Elle a été détruite avec le mur
    Car elle ne rapportait pas d'argent
    Car elle n'était pas rentable...
    Pour notre époque de rentiers

    Il existe toujours ce mur à Berlin
    Ce n'est pas du béton
    Mais dans toutes les têtes
    Celle des Westies, celles des prolos

    Un mur celui de l'ennui existe encore
    Mais que dire de celui de Sharon ?
    Peut être qu'israël à de la Nostalgie
    Celui de tous les Ghettos d'hier..
    Celui de Venise, celui de Varsovie

    Dans les têtes, il est bien solide
    Ce mur de l'incompréhension
    Celui de cet ennui qui nous ruine
    Un mur plus solide que vous ne croyez

    Le Mur solide de la différence
    La différence des Classes
    La différence de la religion
    La différence d'avec tous ces autres

    Ces autres qui vivent au delà du mur
    Le Mur de Berlin, le Mur de Sharon
    Le Mur Soviétique, Le Mur Sioniste
    Le Mur du Ghetto, Le Mur de la Honte

    Mais j'aime vivre entre Quatre murs
    Avec une porte ouverte aux quatre vents
    La Bêtise est plus solide que le Béton
    Le Vent n'entame jamais un mur de Bêtise

    Le Temps efface, le Temps détruit
    Toutes les haines et tous les amours
    Les Murs de Bétons redeviennent sables
    Un mur de bêtise est encore bien plus solide...

    Bruno Quinchez le 30 novembre 2004

    Quelques nuances

    Commun, communisme, communauté
    Trois mots qui sont si proches
    Mais dont les sens sont chargés
    Et lourd d'un contentieux historique

    Cela je n'en doute pas
    Chez-moi ce n'est pas chez-vous
    Je ne crois pas trop à un communisme
    Où tout serait partagés par tous

    Nous avons tous nos limites
    Dans nos rêves personnels
    Nos envie des autres
    Et la violence pornographique

    Celle qui est liée au regard
    Cela date de longtemps
    Je suis pas sûr qu'on soit capables
    De vivre pour les autres

    Tout en s'oubliant
    Ceci dit la communauté humaine
    Cela reste une réalité sociale
    Le communisme intégral

    C'est une utopie invivable
    Pour tout les humains
    Partageons nos vies
    Mais aimons nos différences

    Bruno Quinchez dans ses œuvres en réponse à Nico17

    Le Hasard et la Poésie

    Si ça vous intéresse vous faites Poésie + Aléatoire
    Sur votre moteur de recherche,
     Il y a des gens qui créent des algorithmes
    Et des structures aléatoires...

    Le hasard fournit des juxtapositions de mots,
    Cela en dépit de la syntaxe, de l'orthographe,
    De la grammaire et du sens...
    On peut parler de mélanges aléatoires...

    Les oulipiens comme Raymond Queneau,
    Philippe Soupault et autres,
    Dans les années 1960-70-80-90,
    Ils avaient faits de ces choses pour casser la phrase

    Et trouver des nouvelles associations de mots,
    La seule et dernière règle qu'ils acceptaient...
    C'était de respecter les structures grammaticales,
    Afin qu'elles puissent ainsi être analysées

    Comme des phrases ou des morceaux de phrase...
    Ils partaient en général, de textes originaux
    Ou de listes de mots choisis, pour les ré-arranger
    Selon leurs propres contraintes...

    Le moteur de recherche Google,
    Il fabrique à votre demande des haïkaïs
    Qui respectent la règle des 5/7/5
    Mais pour le sens de ces haïkaïs,

    Il ne faut pas chercher vraiment une signification
    Dans des phrases qui sont construites au hasards
    Dans notre réel mais admettre toutes
    Les associations possibles et bizarroïdes...

    Bruno Quinchez dans ses œuvres

    Aux petits matins

    Se lever calme, très tôt au petit matin
    Avant que le soleil ne se lève à l'horizon
    Que l'on soit en ville ou dans la campagne
    Pour interroger ce jour qui nous vient

    Ne pas attendre des signes des temps
    Dans un ciel lointain qui est resté muet
    Dans le matin se poser des questions
    Bien avant que le soleil paraisse là bas

    Et dans ce petit matin, écoutez, écoutez
    Ecoutez la vie qui vient et qui s'éveille
    Quelques bruits, dans la nuit qui finit
    Entre des moteurs qui sont en action

    Et des odeurs de ce café bien frais
    Voir! Tout ce qui vient et tout ce qui va
    Quelques fois, et bien avant l'aube
    Regarder toutes les étoiles lointaines

    Penser à tous ces humains tangibles
    Des hommes et aussi des femmes
    Qui vivent mal ou alors pas vraiment
    Demander et encore oser demander

    Ne pas avoir peur de crier, crier
    Pour nos enfants nos petits enfants
    Qui dans un matin se lèvent aussi
    Avec un ventre qui est resté vide

    Alors dans le matin priez, priez
    Mais moi je ne sais plus trop qui
    Et alors criez, criez, très, très fort
    Dans un matin, bien avant l'aube

    Bruno Quinchez dans ses œuvres


    Le chiasme métaphysique

    Un chiasme est une figure littéraire
    consistant dans une phrase à intervertir deux mots
    Dieu fit l'Homme à son image,
    ce qui pour nos contemporains,

    l'Homme a fait Dieu à son image
    La culture est une construction historique,
    L'Histoire est une construction culturelle…
    La logique permet la déduction,

    la déduction permet la logique
    La lumière visite le réel,
    Le réel visite la lumière
    La musique est un chant de l'âme,

    lL chant de l'âme est musique
    Le silence accepte le repos,
    Le repos accepte le silence
    Soit l'idée de Philosophie existentielle

    L'existence précède l'essence
    Cela donne un autre concept philosophique
    lLessence précède l'existence
    Ce qui serait un début de philosophie idéaliste

    Bruno Quinchez dans ses œuvres

    Sonnet pour les dames du temps passé

    Ces douces dames, elles ont assez peur!
    Et elles me manquent beaucoup Thomas
    Elles restent cette lumière du petit bonheur
    Toutes des fleur fragiles, et sans falbalas

    Et quelques fois, il y a quelque grimaces
    Entre se faire traiter, de petites limaces
    Ou d'un songe creux, qui reste sans avenir,
    Cette nostalgie, celle-là hante mon souvenir

    Je me sens tout prêt, à leur écrire encore
    Pour toute ses dames enfouies que j'adore
    Beaucoup de choses qui paraissent idiotes

    Entre leur faire des sonnets, tous amoureux
    De ceux là qui parlent de leurs beaux yeux
    Ou bien de ces choses, bien plus rigolotes

    Bruno Quinchez dans ses œuvres

     

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  • Poème en Gros et Demi gros...Journal "La Rue Des Poètes"... septembre 1998

    Une compilation de textes qui a été scannée sur le journal "La rue des poètes" N° 28  de septembre 1998, poètes de l'association Poèmes en Gros, Demi Gros et Détail, des textes mis en format image PDF

     

    Compilation poeme en gros et demi gros revue la rue des poetes septembre 1998 format pdfcompilation-poeme-en-gros-et-demi-gros-revue-la-rue-des-poetes-septembre-1998-format-pdf.pdf (12.37 Mo)

     

  • Poème en gros demi gros... journal rue des poètes de juillet-août 1998

    Une compilation de textes, scannée sur le journal "La rue des poètes" N° 26-27 de Juillet-août 1998 de l'association gros, demi gros et détail, contrairement aux autres fois, je pense qu'il y avait des choses intéressantes qui n'etaient pas dans la typographies classique et là ce sont des fichiers images que j'ai rassemblées en format PDF

    Compilation poemes en gros demi gros juillet 1998 format pdfcompilation-poemes-en-gros-demi-gros-juillet-aout-1998-format.pdf (14.25 Mo)

  • Des MP3 vrac de vrac d'archives du passé 2ième partie

    Il y eut un matin il y eut un soiril-y-eut-un-matin-il-y-eut-un-soir.mp3 (2.15 Mo)

    Imperium pour des enfants sagesimperium-pour-des-enfants-sages.mp3 (563.43 Ko)

    Indigneindigne.mp3 (1.39 Mo)

    Infiltrationsinfiltrations.mp3 (932.77 Ko)

    Iseambe de la foretiseambe-de-la-forêt.mp3 (4.55 Mo)

    Jardin a parisjardin-a-paris.mp3 (1.1 Mo)

    Je est un autreje-est-un-autre-.mp3 (489.25 Ko)

    Je est un autreje-est-un-autre.mp3 (727.46 Ko)

    Je hais l automneje-hais-l-automne-.mp3 (4.02 Mo)

    Je laisseje-laisse...mp3 (3.2 Mo)

    Je suis fouje-suis-fou.mp3 (3.12 Mo)

    Je suis laje-suis-là.mp3 (1.14 Mo)

    Je veux une medailleje-veux-une-medaille.mp3 (797.24 Ko)

    J ecrisj-écris.mp3 (1.79 Mo)

    Janvierjanvier.mp3 (382.32 Ko)

    Juilletjuillet.mp3 (1.98 Mo)

    Joyeux noel 2010joyeux-noël-2010.mp3 (1.59 Mo)

    J veux etre le championj-veux-etre-le-champion-.mp3 (1.04 Mo)

    J veux etre le championj-veux-etre-le-champion.mp3 (915.2 Ko)

    J veux etre le champion 2j-veux-etre-le-champion-2.mp3 (1.14 Mo)

    J veux une medaillej-veux-une-medaille.mp3 (928.44 Ko)

    La neigela-neige.mp3 (1.39 Mo)

    La chanson des grenouillesla-chanson-des-grenouilles.mp3 (1.21 Mo)

    La chanson du bon dieula-chanson-du-bon-dieu.mp3 (1.97 Mo)

    La chanson tristela-chanson-triste.mp3 (2.68 Mo)

    La chanson triste 2la-chanson-triste-2.mp3 (3.06 Mo)

    La chenillela-chenille...mp3 (639.33 Ko)

    La complainte du nucl airela-complainte-du-nucléaire.mp3 (2.03 Mo)

    La femme qui est tout l a basla-femme-qui-est-tout-là-bas.mp3 (1.78 Mo)

    La fin des haricotsla-fin-des-haricots.mp3 (1.21 Mo)

    La foi qui conserve les montagnesla-foi-qui-conserve-les-montagnes.mp3 (1.96 Mo)

    La foi qui preserve la montagnela-foi-qui-preserve-la-montagne.mp3 (1.7 Mo)

    La foi qui sauve les montagnesla-foi-qui-sauve-les-montagnes.mp3 (1.81 Mo)

    La fredainela-fredaine.mp3 (1.16 Mo)

    La montagne slamla-montagne-slam-.mp3 (647.63 Ko)

    La montagne tentative de slala-montagne-tentative-de-slam.mp3 (1.5 Mo)

    Le fouetle-fouet.mp3 (4.26 Mo)

    Un jour qui vient 1un-jour-qui-vient-1.mp3 (1.24 Mo)

    Nota Bene il existe un peu plus de 150 fichiers MP3  de mes poèmes qui ne sont pas mis ici sur ce site, ceux là qui sont mis ici, ils doivent suffir pour votre écoute... J'ai dû certainement tuer une  bonne quinzaine de trucs rigolos  où je m'amusais avec les sons, mais hélas ils n'ont pas été enregistrés...ou plutôt j'ai fait place nette sur mon site

     

    Un lien vers divers poètes dont je suis...Cliquez  ICI!

  • Des MP3 vrac de vrac

    Accroche pour le marchaccroche-pour-le-march-.mp3 (1.11 Mo)

    Acta fabula estacta-fabula-est.mp3 (1.03 Mo)

    Affaires d oiseauxaffaires-d-oiseaux.mp3 (2.31 Mo)

    Ainsi soit il dit ilainsi-soit-il...dit-il.mp3 (6.15 Mo)

    Alliterationsalliterations.mp3 (287.43 Ko)

    Amouramour.mp3 (3.67 Mo)

    Anosmie digitaleanosmie-digitale.mp3 (3.09 Mo)

    Aphorismes 01aphorismes-01.mp3 (787.97 Ko)

    Aphorismes 02aphorismes-02.mp3 (923.89 Ko)

    Aphorismes 03aphorismes-03.mp3 (1 Mo)

    Archipel du q iarchipel-du-q.i..mp3 (3.21 Mo)

    Assouplit toiassouplit-toi.mp3 (633.52 Ko)

    Au bord de la merau-bord-de-la-mer.mp3 (1 Mo)

    Avantavant.mp3 (1.29 Mo)

    Avant ou la d ch ance du paradis obscuravant-ou-la-déchéance-du-paradis-obscur.mp3 (1.8 Mo)

    Bla bla bla poetiquebla-bla-bla-poetique.mp3 (1.24 Mo)

    Bla bla blas poetiquesbla-bla-blas-poetiques.mp3 (1.37 Mo)

    Brut de vrac slamsbrut-de-vrac-slams.mp3 (5.43 Mo)

    Campagnecampagne.mp3 (2.01 Mo)

    Cap sur le tourcap-sur-le-tour.mp3 (1.02 Mo)

    Certes monsieurcertes...monsieur.mp3 (576.08 Ko)

    Chaleurschaleurs.mp3 (1.16 Mo)

    Comme une cendre finecomme-une-cendre-fine.mp3 (979.75 Ko)

    Conseilsconseils.mp3 (569.53 Ko)

    Contribution au schmilblick po tiquecontribution-au-schmilblick-poétique.mp3 (1.1 Mo)

    Contributions au schmilblick poètiquecontributions-au-schmilblick-poétique.mp3 (1.03 Mo)

    Convictionsconvictions.mp3 (645.89 Ko)

    Dansdans.mp3 (3.61 Mo)

    Dans le ciel sur la terre et dans nos viesdans-le-ciel-sur-la-terre-et-dans-nos-vies.mp3 (4.74 Mo)

    Dans version expurgée geneviève pannierdans-version-expurgée-geneviève-pannier.mp3 (1.28 Mo)

    Dans version non expurgéedans-version-non-expurgée.mp3 (3.62 Mo)

    Derriere la portederriere-la-porte.mp3 (770.36 Ko)

    Derriere l ecranderriere-l-ecran.mp3 (1.26 Mo)

    Des femmes des hommes 1des-femmes...des-hommes...-1.mp3 (2.56 Mo)

    Des oeillets qui me regardentdes-oeillets-qui-me-regardent.mp3 (1020.51 Ko)

    Des reves de gloiredes-reves-de-gloire.mp3 (1.36 Mo)

    Des reves de gloiresdes-reves-de-gloires.mp3 (1.9 Mo

    Des rimaillages sans rimesdes-rimaillages-sans-rimes.mp3 (2.08 Mo)

    Detournement de preceptesdetournement-de-preceptes.mp3 (7.4 Mo)

    Deux choses courtesDeux choses courtes (955.48 Ko)

    Deux poemes sur le temps passage le temps ajourneDeux poemes sur le temps passage le temps ajourne (903.05 Ko)

    Deux poemes un manque de lumiere pluie de fleursDeux poemes un manque de lumiere pluie de fleurs (1.02 Mo)

    Dis marieDis marie (959.24 Ko)

    Douze p tit zoziauxDouze p tit zoziaux (612.74 Ko)

    Douze petits zoizeauxDouze petits zoizeaux (615.38 Ko)

    Du calmeDu calme (674.02 Ko)

    Du rien de bonne natureDu rien de bonne nature (802.84 Ko)

    Eaux vives 01Eaux vives 01 (1.43 Mo)

    Eaux vives 02Eaux vives 02 (2 Mo)

    EcouteEcoute (5.55 Mo)

    Ecoute 1Ecoute 1 (3.07 Mo)

    En ce qui concerne l artEn ce qui concerne l art (1.26 Mo)

    Entre quatre zieuxEntre quatre zieux (689.8 Ko)

    Et il y aura radio la sentinelleEt il y aura radio la sentinelle (1.74 Mo)

    Et il y aura voix annick gobertEt il y aura voix annick gobert (1.29 Mo)

    Fin de siecleFin de siecle (2.13 Mo)

    Fin janvier au compteurFin janvier au compteur (406.22 Ko)

    Fleurs d antanFleurs d antan (1.11 Mo)

    Fleurs de quatre sous chant a cappellaFleurs de quatre sous chant a cappella (2.17 Mo)

    Fleurs de quelques sousFleurs de quelques sous (1.83 Mo)

    Fleurs de quelques sous version chant e a capella avec commeFleurs de quelques sous version chant e a capella avec comme (3.04 Mo)

    Fleurs de quelques sous version iiFleurs de quelques sous version ii (2.01 Mo)

    FrimasFrimas (1.89 Mo)

    Fuites de tempsFuites de temps (893.96 Ko)

    GenerositeGenerosite (645.04 Ko)

    Generosite 2Generosite 2 (614 Ko)

    HelenneHelenne (1.66 Mo)

    Histoires de masseursHistoires de masseurs (1.01 Mo)

    Il pleutIl pleut (1.53 Mo)

  • Quelques liens vers des enregistrements de poètes amis

    Quelques enregistrements que j'ai mis sur mon site personnel d'enregistrement et de sauvegarde de fichiers... Ce sont des fichiers en enregistrements MP3 qui sont sur le site Box.Com..Des enregistrements audios monophoniques qui ont été faits dans les années 90 (entre 1991 et 1996) avec un petit magnétophone à cassette du genre dictaphone, c'est donc un son monophonique qui est assez irrégulier quant aux niveaux sonores, certains diraient que ce sont des sons pourris, tandis d'autres, ils seraient peut-être intéréssés par des poètes du vingtième siècle passé, Certains de ces poètes sont maintenant décédés, mais il reste leurs voix enregistrées et ça vaut le coup de les entendre... Nota. Bene. C'était un temps ou l'Internet que l'on connait maintenant, ça n'existait pas encore car ça restait confidentiel, donc pas de Youtube, pas de Google, pas de Fesse-Bouc, et aussi pas de portables et pas d'autres réalités que toute la vie du quotidien

    Cassettes enregistrées de Poètes amis

    Caveau de la bohème avec Gérard Trougnou 

    Club des Poètes avec Jean-Pierre Rosnay 

    Le lever de rideau avec Colette Jarjavay

    Poèmes en gros, demi gros et détail avec Vincent Jarry

  • Poèmes en gros et demi gros 08 revue rue des poètes 24-25 mai-juin 1998

    Solution du jeu du numéro 22

    Quel était l'auteur du turbot?
    Sa "Folie Tristan",  Léon Leclère,  en littérature: Tristan Klingsor,   (1874-1941) 

    la partageait avec le poète Tristan Derême (né Edouard-Joachim Corbière,  1845-1875)

    ainsi que notre estimable collaborateur Tristan Boudu (né lé 17 juillet 1942, mais ceci est une autre histoire).
    Tristan Klingsor était l'ami de Ravel, gui a mis en musique sa Shéhérazade en 1903, 

    et l'auteur du Turbot paru dans le numéro 22-23 de Rue des Poètes.
    Le voici, Tristan, au cours d'une existence passablement antérieure

    et notoirement proche-orientale:

    Marie Ordinis

    J'aim tant tellement la bière que j m'en suis foutu plein la panse
    c'est pour ça que j'ai ce petit bedon
    Il est gentil mon petit bedon
    Il est bien rond    
    Un rond bedon plein de bonnes bières
    C'est mes réserves
    De tous les pays
    De toutes les couleurs
    Quelquefois
    Avant de m'endormir
    Je rote un coup
    Puis
    Je ravale la senteur
    Et je me dis :
    « Ah ! Je suis en Ecosse
    Ou en Irlande
    Canada
    Japon
    Australie
    Madame Gaspard -
    Et je rêve que je voyage
    Loin loin loin loin
    Grâce à mon Petit bedon bien rond

    Moralité : (pour la rime c'est pas facile)
    Depuis que je suis plein de bière
    Quand je m'fais l'tour du nombril
    Je deviens globe-trotter
    1977 au King Henry

    Vincent Jarry

    LA POUSSIÈRE

    Khalife ou pauvre d'Asie,
    Qu'étais-je il y a mille ans,
    Ou quasi ?
    Mendiant prosterné parmi les mendiants
    Ou Seigneur en turban de soie les regardant ?
    Qu'importe ! La rose la plus choisie
    N'était-elle pas pour l'un ou l'autre la même.
    Et pareil le goût des figues d'Ispahan,
    Et pareil le plus beau poème
    De Khayyâm ou d'Hafiz,
    Tout ainsi que l'azur éclatant
    De l'espace ?
    Tout ainsi que l'azur éclatant
    De l'espace ?
    Quand un peu de poussière au hasard de la brise
    S'envole sur la route,
    Qui donc se doute
    Que c'est un prince de jadis qui passe ?
    .,
    1955. Tristan Klingsor
    Album, éditions Flammes Vives, 1955)

    Petits requiems pour la Créature

    .MCMXCYHI

    Elle avait meublé son alcôve
    D'une splendide horloge byzantine
    Qui retardait toujours le moment du plaisir.
    Ses aiguilles tournaient à l'envers.

    Le pauvre grammairien, la syntaxe au cœur, n'était capable de faire que des propositions relatives.

    Quand elle exigea de lire ses désirs par écrit, il était trop tard dans sa vie ; il avait oublié la ballade, le rondel, l'élégie... Il devint poète de court.

    Ce n'est pas le cœur
    Mais son pas dans l'escalier ?...
    Ce n'est pas son pas
    Mais son cœur qui change de palier.

    Elle avait tant piétiné son cœur qu'il prit l'épaisseur d'une feuille morte, puis tomba un soir de grande bise... aux pieds de la Créature heureusement.

    Clément MARAUD

    Jean Luc Evens
    Pas comme les autres

    Il n'est pas tout à fait comme les autres
    Mais il veut souvent être des nôtres.
    Il est parfois l'oiseau, le papillon
    Qui s'envole et survole tous nos démons.
    Il est aussi le renard ou le loup
    Quand il se sent menacé ou à bout.
    Il ne sait où se trouve le nord, le sud ;
    Il va ainsi de sa vie dans l'inquiétude.
    Il n'est pas tout à fait comme les autres
    Mais il veut souvent être des nôtres.
    Il fume et se parfume au gré du vent.
    La passion n'a guère d'emprise sur son temps.
    Il peut être silencieux de longues heures,
    Plongé dans on ne sait quel rêve d'humeur.
    Il ressurgit brusquement angoissé,
    Posant de nombreuses questions, emporté.
    Il n'est pas tout à fait comme les autres
    Mais il veut souvent être des nôtres.
    Il peut verser des larmes lors d'un drame
    Et rire l'instant d'après sans état d'âme.
    Il peut être doux comme un saintpaulia
    Et piquant comme un cactus aux abois.
    Le temps a assagi son caractère
    Et le torrent a rentré sa colère.
    Il n'est pas tout à fait comme les autres
    Mais il veut souvent être des nôtres.

    Mes mots, Mes bêtes

    Manifeste
    Pour une
    Poésie bouchique

    Mes mots, mes armes, mes bêtes,
    Etes-vous prêts?

    Lâchez les mots transmués!
    Lâchez les mots pelleteuses!
    Les mots-pets, les mots Idiots,
    Les bric-à-brac de mot à mot!

    Les monomots, les monèmes,
    Les poèmes monosyllabiques,
     Les pets d'organes bouchiques,
    Les mots volés à des ivrognes...

    Les mots insectivores de mythes,
    Les mots pour interstices,
    Les mots d'intestins,
    Les mots pas dits.

    Les plus courts,
    Les plus bêtes,
    Les plus animaux,
    Les plus inesthétiques.

    Les mots collés à la figure,
    Les mots scotchés sur la porte,
    Les mots-transe, les mots transmis,
    Les mots "faites passer!"

    Les mots trans-transmués,
    Ces psaumes insensés,
    Savamment alchimiés,
    Ces calomnies divines!

    Ces mots expérimentateurs,
    Ces mots libérateurs,
    Ces mocaïnes,
    Ces mots foutoirs!

    Ces mots vidés dans tous les sens
    Et re-remplis d'autre chose,
    Ces mots passeurs
    De l'autre côté du mot.

    Pascal GAILLARD

    Poésie fonctionnelle

    AFFECTIVITE PROPORTIONNELLE
    (poème du troisième degré)

    "Que mon intransitivité
    transcende votre transitivité,
    Que ma perspective soit motivée
    Par votre variable liée.
    Que votre constante unie
    A mon quantificateur universel,
    Suivant le code binaire,
    Chante la gloire
    De votre associativité !

    Que mon rejet uni
    Et votre rejet subit
    Deviennent des rejets réciproques
    Par nos relations en noyau.
    J'aime votre logique élaborée
    Et vos critères de tautologies
    Et vos fictions axiomatiques,
    O mon entité transcendante !

    Ensemble nous visiterons les critères
    De déductions des thèses ;
    Nous coordonnerons
    Nos coordonnées
    Dans un même circuit
    D'autodistributivité.

    Alors...

    Mon accumulateur totaliseur
    Connectant votre disque dur
    Mes deux logiciels
    Taquinant les contours
    De votre imprimante,
    Là, tous les deux allongés,
    Une table de logarithme
    En guise de lit nuptial,
    Bercés par les accords d'un Xenakis
    Trituré au laser,
    Nous ferons de nombreux petits multiplicandes
    O ma particulière existentielle

    Guy Perrot EPSILON LECAGNEUX
    / 3 bd Morland 75004 Paris/ T : 42-77-52-16

    Elle marche autour de l'église
    Et sa démarche de danse rythme la chute des cailloux
    Elle est belle et la religion s'effrite
    Tombe en morceau
    Gravats d'église Saint-Sulpice
    Arrogante beauté d'une jeune femme rieuse
    Peut-être tendre
    Et puis le Réverbère
    J'ai pissé contre plein de réverbères
    Soirs de beuveries
    Mais pas celui-là
    La honte
    La honte d'étant pauvre
    Etre moins pauvre qu'un autre
    Pour qui cette misère
    Ce journal lumière de misère
    Comment
    Etant pauvre
    Offrir un bouquet de fleurs
    A une jeune femme à la marche qui danse
    Comment rêver

    She walks around the church
    And her dance a pace gives rhythm to the
    falling stones
    She is pretty religion crumbles Crumbles down
    Rubble of Saint-Sulpice's church Arrogant beauty

    of a laughing young woman Maybe tender
    Next Le Reverbere
    I have pissed against lots of lamp-posts

    Nights of booze But not that one Shame
    Shame of being poor
    Yet less poor than others
    Who is that poverty for
    That monthly light among misery
    How
    of flowers with a step
    Being poor
    To offer a bunch of flower
    To a young woman that dances
    How to dream
    The pace that dances circles the church That crumbles
    And the pace that dances stops at the church And draws it
    And dream becomes project

    Et la danse de marche tourne autour de l'église
    Qui s'effrite
    Et la marche de danse s'arrête devant l'église
    Et la dessine
    Et le rêve se fait dessein
    La tendresse en rigole de rire au cours d'un regard
    Chaque rencontre la fragrance est distante
    Nouvelle timidité
    humblement
    Je m'effrite autours de l'église
    Mes godasse sont des trous
    je ne pense jamais à les changer
    je n'avais  de religion que moi
    Et mon rituel est en morceaux
    Une jeune femme fleurit son parapluie autour de l'église
    Le rêve danse et sourit
    Il paraît qu'en Afrique on s'entre-tue
    C'est toute l'église qui s'effrite

    Vincent JARRY
    in "Effriteries"Poèmes en Gros & 1/2 Gros éd.

    Fondness bursts out laughting within a glance
    At each meeting the fragrance is distant
    New shyness
    Humbly
    I crumble around the church
    My shoes have got holes
    I never remember to change them
    My status crumbles
    I had no religion except my own self
    And my ritual is in pieces
    A young woman blossoms her umbrella
     around the church
    The dream dances and smiles
    Apparently in Africa
    they are slaughtering one another
    The whole of the church crumbles

    Vincent JARRY traduction Marie ORDINIS
    in Effriteries-Crumbleries

    Le moine lubrique

    Que n'ai-je été, dans une vie antérieure,
    Un moine lubrique fuyant les longs jeûnes ascétiques
    Ronflant pendant les solennels ébats liturgiques
    Digérant sous l'austère voûte gothique

    Les frères m'auraient bien détourné
    Des sulfureux desseins du malin
    Rôdant à l'affût sous ma bure sonnant le tocsin;
    Mais cédant à ses pompes et à mon instinct libertin

    J'aurais abandonné mon âme aux anges du déclin
    La panse rebondie, les yeux larmoyant de concupiscence
    J'aurais rêvé de mystiques turgescences,
    De pécheresses aux rondes incandescences

    De fornication avec des succubes aux candides effervescences.
    Après compiles; de torrides pénitences aux créa ures en confession
    Du vin, plein les ciboires, les jours de mortification.
    Un faible repentir soulagé par une molle flagellation
    M'aurait assuré,  ici-bas, une somptueuse glissade vers la damnation

    Michel Coëtmeur


    Les trois filles
    dansaient
    Les trois filles riaient
    Les trois filles criaient
    aussi _
    La mère riait encore
    et la mère
    faisait au linge des plis
    Les filles en riant courraient
    dans le linge
    ainsi défait de leur fait
    Puis la mère grondait
    mais grondait
    non méchamment
    grondait comme on
    gronde ceux qu'on croit
    gronder pour tant de
    chambardement
    Là-dessus la mer
    allait retenant son
    jusant pour tant
    de cris mêlés à tant de
    bouleversement
    Pour ceci qui s'échappait
    de toute cette rumeur
    La mer s'en allait
    doucement éteignant son
    ressac sous
    les coussinets adoucis
    de ses galets
    encore une fois
    retenant doucement
    le jusant

    Et l'ogre apparu
    tellement fort et tellement
    méchant dans son aspect
    ridicule et outrecuidant
    L'ogre grenu maugréant
    L'ogre aigri égrenant
    tout son grand emportement
    toute sa vie passant par
    les trous de sa vie en démence
    L'ogre aigrelet grondant
    au grondement grandissant
    agrandissant sa peur
    de geignement grossissant
    désira, voulu dans son
    ogritude gémissante
    manger _ s'offrir un repas
    de tous les petits enfants
    Or de ces enfants
    devant l'ogre grognant
    Les cris furent
    tellement peu de
    peur _ les cris _
    mais bien de sauvages
    cris de tendresse
    des cris que même
    dans quelque ivresse
    d'Ogre grognant grognon
    On n'en n'entendrai
    plus
    Ces cris si dérobables
    si faciles à faire taire
    si fragiles en somme
    Ces cris décrivaient si
    bien dans leur timbre
    dans leurs images
    qu'ils proposaient d'un chant
    qu'ils proposaient d'une danse
    Ces cris cernaient aussi
    bien la douceur confuse
    où l'ogre l'avait logée
    logée au creux de l'estomac
    de ce grondement
    Ces cris contenaient tant de plainte tant de
    chant tant de plaisir
    Qu'il n'avait jamais admis
    et qu'il n'aurait jamais admis
    sans leur présence
    sans la présence de ces rires sans raison qu'il
    connût ou pût connaître qu'il

    lui prit l'envie
    d'y participer de
    crier chanter jouer
    même danser à l'unisson
    à ces cris criblés
    de la peur qu'il avait
    cru provoquer _

    Et il dansa
    et ils dansèrent
    jusqu'à ce que le jour
    ne fut jamais plus que le jour
    et la nuit seulement la nuit

    Dans laquelle
    On dort et l'on rêve
    que ces ogres
    là et ces enfants
    et toute cette mer
    Nous l'avons
    en nous

    Que nous devons l'être
    et que nous savons
    la devenir
    même si nous avons
    Derrière nous tous
    ces portraits d'ogre
    et de petits oiseaux éteints
    par tant de malheur
    tant de décrépitude
    et tant de joie
    cachée qui
    ne demande
    qu'à s'extraire de nous
     
    pour faire plaisir
    à tous nos amis
    ceux qui ne le sont pas
    et ceux qui ne le sont pas  
    et qui le deviendront un jour.

    Pour CHAM
    - c'est pour cet anniversaire où j'étais si loin de toi
    DENIS

    Denis LAVANT
    in "Au volant de mon chien" à paraître

     

    Le spectre

    Le spectre

    la voix du spectre remonte la fosse
    il sort son spectromètre du fond de ses billes
    il envisage le faisceau, une gosse
    qui vient frapper son caveau, une ville

    la voix de la gosse assise saute au plafond
    elle sort son pluviomètre du fond de ses billes
    elle dévisage le fantasme, un carnaval
    qui vient de blinder son cerveau, une procession
    le vent plonge son nez desséché dans la maison
    il sort son sismographe du fond de ses billes
    il encourage le sort de la gosse, une bacchanale
    qui vient d'affubler l'horizon, une illusion

    la fête des billes dénudées de leur métrique
    se prépare au fond de la cave, dans le noir
    où on désigne la tête des défunts, une sérénade
    qui achèvera le dîner du soir

    FRED TROUVE

    A la grande fenêtre du jour
    Des anges d'oiseaux s'élancent
    Vers les romances de ton paradis
    Quand retentissent les sirènes
    De tes étangs chimériques
    Drapés de spleens et d'espoirs.
    Sur les mers et les murs empiriques
    Tu taquinais les muses et les nues
    Comme les corps voluptueux des femmes....
    Dans tes mains des rêves aux seins de reines
    A te faire clouer ton passager-festin
    A faire mourir ton étrange destin
    Qui accrochait les croches
    Dans les poches ou proches
    A des lambeaux d'amours éteints
    Au creux de tes yeux de pianos.
    Tu avais la splendeur des prophètes sans drape
    Et des songes incertains.
    Tu remontais l'escalator des cieux clandestins
    A chaque nuit aux couleurs des étoiles.
    Tout comme Baudelaire ou Rimbaud
    Tu pressentais nos escales
    De chaque vie
    Qu'il aurait fallu brandir
    Au nom de ce cri profond
    Où tu nous voulais voir grandir
    Sur des plages vierges et désertes
    Où flamboient les rimes suspectes
    Croisées comme des signes des croix des lois.
    Dans le silence du ciel où je te parle
    J'ai la douleur dans le cœur
    Et des fleurs comme des larmes d'Espagne
    Pour dire que les poètes ont de terribles armes
    Pour chanter aussi ton âme.
    Pour nous tous l'horizon des sillons à naître
    Et démasquer le monde déguisé de ses travers
    Qui n'a pas encore parachevé ses lettres.
    Bien sûr avec le temps il y aura encore
    Des hommes à leur fenêtre
    Qui entendront ton chant et retiendront
    Toutes tes saisons:
    L'Amour dressé comme une barricade
    Empli de brumes et de cascades
    Où les anges te veillent et te gardent.

    Salut Léo.
    Jacques sandras

    Poemes en gros et demi gros 012

     

    JE VAIS PARLER DE MOI

    Je vais parler de moi. De moi et sans vergogne.
    Dévoiler mes vertus dans ces quatorze vers.
    Faisant fi des chagrins, faisant fi des revers,
    je tiens, comme un fruit mûr, le monde dans ma pogne.

    Enfant du vin divin des marches de Bourgogne,
    Mon nombril est le centre exact de l'univers.
    Tout tourne, autour de lui, à l'endroit, à l'envers:
    Terre, Soleil et Lune à face de Gigogne.

    Je suis mon propre dieu; Je m'adore et m'encense.
    Je me crains, je me prie et, par résipiscence,
    de vingt génuflexions, j'honore ma bonté.

    Je suis beau. Je suis fort. Je n'ai pas de manie,
    Je suis depuis toujours conscient de mon génie...
    Mon seul défaut : une trop grande humilité.

    Jean-Pierre Girard. 9 Janvier 1998

    De l'enfer au paradis
    Je traverse des paysages
    Mais qu'il ne soit pas dit

    Que de par les âges
    La pierre résistera
    A l'encontre des nuages

    De Anvers à Paris
    La route est différente
    Ils hypnotise l'homme malade

    Ces H.L.M. qui escaladent
    Les tons et les montagnes
    Les monts et les cocagnes

    A l'envers de la pluie
    C'est un chemin
    Qu'on met en doute

    C'est un chemin
    Qui perd ça route
    C'est un chemin
    Qui meurt de faim

    Nicolas Béchereau
    in Grain de Sable
    Saint Germain des Prés éd.

    "Homme de loin

    tu as perdu ton nom.
    Tu n'es désormais plus
    qu'une pincée de terre,
    un soupçon d'alouette
    ou le spasme qui court
    à l'aven où les pierres
    Ont une espèce de vertige

    Armand OLIVENNES

    Tu n'as pas encore eu toutes les maladies
    d'enfance, de l'humanité.
    Tu n'as pas eu encore la maladie des guerres
    et des millions de tombes.
    Tu n'as pas encore subi la lâcheté d'autrui,
     ni l'indifférence, ni la fatigue des autres.

    Sur le mur de la bibliothèque du Congrès de Washington,
    ce message m'a recouvert comme les ailes d'un oiseau.
    Je m'en souviens.

    Voilà ce que dit Edouard Jang:
    « Ils bâtissent bas ceux qui bâtissent au-dessous des étoiles. »

    ******    

    Goutte d'eau par goutte d'eau,    
    c'est la rivière. Une couche de pierre
    ajoutée à une autre forme la montagne.
    Un grain de sable sur un autre, c'est le désert.
    Une poignée de farine avec une autre, voilà le pain.
    Qui peut, alors sinon les parents
    ajouter aux enfants la vérité?

    Dans le livre des sages est écrit: « Il y aura
    toujours des solitudes pour ceux qui les méritent. »

    Sois inaudible aux oreilles, mais présent
    méconnaissable aux narines et aux lèvres,
    mais présent

    Ceci est la valeur de ceux qui savent
    se distancer suffisamment,
    pour pouvoir voir les choses en dehors des sens,
    mais toutefois vivent avec leur propre vie.
    la sensation de l'âme couronne leur époque

    L'horoscope te dit: c'est l'image du ciel
    à l'heure de ta naissance.
    Comment, si tu es procréé à tous les temps ?
    Alors, un jour, quelqu'un t'expliquera
    que tu es taureau ou cancer.
    Tu apprends que tu es scorpion ou sagittaire.
    Mais ceci n'est plus un jeu. C'est sérieux.

    Qu'y a-t-il de pire si tu ne sais plus jouer sérieusement?
    « Pauvre raison, » dit Galen
    « de nous tu as pris les preuves.
    Maintenant tu cherches comment nous abattre avec".

    Miroslav ANTITCH traduction Boris VESNIC
    IN Horoscope
    à paraitre

    DU FOND DES RUES

    Ecoute cette musique drainée du fond des rues,
    Des canaux de la haine au fleuve des passions
    Le sourire des mômes est enfin revenu,
    A Paris le bonheur n'est plus révolution !

    Il y a bien longtemps que tout serait détruit
    Si Gavroche et Poulbot n'étaient intervenus
    Pour distraire et nourrir les moineaux des Tuileries
    Redonnant à Paris ses souvenirs perdus.

    Nous ne pourrions bâtir sur les torrents de boue
    Que bonheur factice,  illusoire ou pervers,
    S'il faut tout balayer, s'il faut dresser la houe
    Que le monde à l'endroit ne devienne à l'envers.

    Il y a eu des crises, des guerres et des misères,
    C'est toujours à Paris qu'on a donné le ton,
    D'un amour attendri, d'écoute et de prières
    Deux mille années de lutte, de patience et de dons

    Cette cité noyée dans l'âme des poètes,
    Des Villon, des Nerval, de fous et de héros
    C'est toujours à Paris qu'on retrouve la fête
    Sur les bords de la Seine où va rêver Margot.

    On n'a rien inventé depuis que rue de Lappe
    Les rythmes à danser ont gardé le tempo
    D'un Paname à remuer sur ragtime et sur rap

    Java,  swing,  be-bop,  rumba ou bien tango
    Ecoute cette musique drainée du tond des rues
    Le sourire des mômes est enfin revenu !

    Michel PRAEGER
    in "Vent de Plume"
    À paraître

    Poemes en gros et demi gros 017

    ATTENTE SOLEIL D'AUTOMNE

    Messieurs, je n'attends plus rien de vous,
    Ni de votre autorité.
    Ni des Maîtres penseurs qui bavardent dans les médias,
    Je n'attendrais jamais rien des économies égoïstes,
    Je vois votre avenir comme un grand vide,
    Votre néant qui vient,
    Car  il est sans la projection de vos rêves,
    Votre incapacité à être vraiment humain,
    Votre incapacité d'aimer,
    Je vois la vie comme étant la seule nécessité,
    Je n'attends plus rien de vous,
    Vous m'aviez trop promis pour aujourd'hui,
    Je n'attends que la mort de vos projets,
    J'espère plus que dans la vraie justice pour tous,
    Je m'attends à être nourri de vos rêves.
    Je n'attends plus que la réalisation de vos cauchemars,
    Je n'attends plus rien de vos potentielles virtualités,
    J'attends pour demain le grand soir.
    Pour encore pouvoir rêver sans vous,
    Et pour toujours espérer,
    Je n'attends plus rien de vos éventuelles révolutions,

    Je n'attends rien des poètes appointés
    Et j'attends encore des jacasseurs de fleurs,
    Je serai le chien qui vous mordra,
    Mon bon maître, Je n'attends plus rien de vous.
    Et je n'aurais rien venant de vous,
    Nous aurons tout, Et vous, mon bon maître,
    Vous serez qu'une vieille histoire d'un passé révoqué,
    J'attends tout de demain,
    Mais mes lendemains se feront sans vous,
    J'attends!

    Bruno Quinchez Paris le 13 Décembre 1997 Ste Lucie

    à demain

    Te lirai un poème, pour l'autre vérité
    dans l'ailleurs validé :rien
    n'est jamais aussi réel que nous le pensons
    Te lirai un présent à multiples lectures :ce n'est jamais
    ce que j'attends qui arrive
    mais déjà, il est tard, il faut tuer la lampe

    Laurette

    Pastorale

    C'était une bergère qui croyait à des pairs plus beaux que pâture
    mais si t'es pas des moutons qui bêlent dans l'immense plaine,
    alors t'es le cri, le qui tue : le cri des loups

    Laurette

    Le petit Bleu de CharonneRépublique

    Nouveau Journal d'informations fantaisistes
     

    mais strictement véridiques, à périodicité aléatoire et tirage variables

    Dernières nouvelles:

    Ca y est! la loi est passée.
    Pas trop tôt: Dorénavant
    les Pitt-bull devront faire euthanasier leurs maîtres
    agressifs

    Gastronomie:

    Poèmes fermiers garantis sans colorants.
    L'appeau du chat
    Le chat lape son lait.
    Foin de l'hameçon laid
    Pour les petits poissons:
    Le chat les lape aussi.
    Fait-il pas l'appeau? si,
    Pour les petits oiseaux!

    Le PV dans l'homard (Sonnet)

    A orner mon par'-bris' la pervench' assidue  
    Songe-t-elle que je suis de l'impôt las (si dû)?
    Oui, je trouve la farce à force acidulée;
    Où trouvé-je la force, encor, assis d'hurler
    Ma hargne grogne rage à l'odieux papillon?
    Allons! c'est décidé, et de ce pas pillons
    Les caisses où s'entassent notre fric et nos thunes.
    D'un coup de main hardi, par un fric-frac nocturne,
    Et armés, Monseigneur, comm' il sied d'une pince
    De homard (qui est bien des crustacés le prince),
    Serrures arrachons et verrous fracturons,
    De l'enfer de mauvais's intentions pavé.
    Et disposant enfin du produit des PV,
    Dépensons, élégants, vêtus de fracs, nos ronds.

    Santé:

    " Pour bien pondre, il faut coucher tôt
    et pour se bien porter il faut le veto."
    (proverbe poule)

    La sagesse animale est admirable car il est bien vrai
    que vétérinaire est un bel et bon métier.

    Ainsi en est-il de mon ami le docteur Stéphane
    qui m'invite parfois à sa table somptueuse.  
    Naturellement, comme tous les professionnels
    passionnés par leur métier,
    le sien fait souvent les frais de la conversation.
    Il faut voir avec quel enthousiasme
    il l'envisage, avec quelle émotion il en parle:
    "Cette oie syrrothique, je n'ai pu la sauver;
    ni ce saumon qui fumait trop,
    ni ce veau souffrant d'insuffisance rénale,
    ni cette poularde en demi deuil terrassée par le chagrin.
    Ces échecs me désolent sincèrement, me consternent même.
    Mais servez-vous avant que ça refroidisse, mes bons amis!"

    Grammaire ou le beau causer:

    On peut dire "à père avare bon rat"
    on ne peut pas dire: "à bon chat fils prodigue".

    Vendredi 24/04/98 André Labarrere interrogé à France inter
    au sujet de l'accusation de harcèlement sexuel

    que porte contre lui l'un de ses anciens employés

    déclare tout uniment: "c'est un garçon que j'ai beaucoup aidé!"

    peut-on parler de liaison dangereuse?

    Devoirs de vacances:

    Mathématiques en été sur la plage:
    Plus je m'oins, moins jep'luche.
     

    C'était la grande maison
    Il y avait la famille et des fêtes
    On y dansait on y chantait
    Le jardin était ouvert
    Grand ouvert
    C'était tout vert
    Et puis brun
    Il y avait des gens à beaux costumes
    Des qui papotent
    Et je te cherchais
    Tu étais là
    Et je te cherchais
    La dame belle en œil soleil
    Et puis d'étage en autre étage
    Au mitan du fatras des fêtards
    Je t'ai retrouvée au mitan d'un plumard
    Emmitouflée de pleins d'amants
    Ton œil sommeil s'est rallumé
    Et puis adieu sous la couverture
    Laquelle était un bel herbage
    La grande maison était plus loin
    Très très loin
    Comme toi qu'étais plus là
    Pacqué la grande prairie
    Pleine d'herbage
    Cisaillée en rivière
    Entourée de forêt
    Menait à un étang
    Par la rivière
    De l'autre côté de l'étang une buvette
    Et ton soleil d'œil qui traîne par là Puis
    Suivant la rivière
    Pour aller vers la buvette
    J'avais drôlement soif et je savais t'y retrouver -
    J'ai vu un zèbre passer
    Comme un éclair
    Mon grand chien noir est arrivé
    Fouettant la vie de sa grande queue
    Et puis s'empêtrant dans mes jambes
    Un yack est apparu
    C'était pas la saison
    Et de l'autre côté de l'étang
    il y avait ton œil qui riait
    Quand le phacochère est arrivé
    j'ai eu les foies
    Il était brun-violacé
    Des défenses en sabre arabe
    Et le poil long
    Il a foncé vers moi
    Et a stoppé
    Interrogatif
    Doucement
    J'ai avancé ma main
    Et je l'ai caressé
    Son poil était doux
    Soyeux
    Il a fait un bond et il s'est enfuit
    Il ne faut pas caresser les phacochères
    qui ne demandent rien
    Et puis il y avait l'étang
    Et la buvette
    Et j'avais soif de ton œil soleil
    toi qui passes
    Et repasses dans cette histoire
    où je suis le seul à te voir
    La buvette
    Au bout de la rivière
    La rivière se fait canal Tu vas à la buvette
    Ton morlingue tombe à l'eau
    Pour retrouver l'œil il faut payer
    Pour payer le portefeuille
    Saute à l'eau
    Mon salaud
    L'œil soleil te regarde
    Le phacochère les éléphants et le zèbre
    Et puis la tortue
    Tu veux remonter sur la berge
    Ta main se coince dans les grillages
    Putain de con j'ai mal aux doigts
    Et puis laisser aller au cours de l'eau
    Attendre la plage où remonter
    J'ai pus mal aux doigts je peux regrimper
    Rétablissement et yop-là boum
    Un œil soleil m'enlace et rit
    Me tortillonne dans tous les sens
    Sous l'œil énorme d'un phacochère
    Au pelage très doux

    Le soleil œil luit

    Vincent JARRY
    in "Frédée 96" à paraître

    Saluts Théo!

    Alors, te voilà parti!...
    Qu'est-ce qu'on peut dire?
    Qu'on t'aimait bien...
    Qu'on garde dans 1'oreille
    Ta voix acide, grinçante, parfaite pour
    Distiller cette poésie de même nature
    Gui aura été la tienne...
    Qu'on regrettera ton ironie amère
    (Ce n'est pas pour rien que tu récoltas
    Le grand prix de l'Humour Noir),
    Ta façon de jouer avec les mots,
    Qui tortillaient les idées
    Pour en exprimer
    Toutes sortes de contradictions...
    Salut Théo!
    Les nombreux copains qui sont venus
    Dans ce village du fin fond de la Creuse,
    Où Danièle et toi aviez trouvé refuge,
    Pour t'y rendre un dernier hommage
    Et boire un coup à ton souvenir,
    Attestent l'amitié que ta générosité,
    Ton sens de la justice (avec un grand J),
    Ton ouverture aux autres,
    Avaient su partout générer
    Et qui sont les éléments naturels
    De cette fraternité universelle
    Chères à tes idées libertaires.
    Pardonne-moi cette phrase si tarabiscotée
    Qui sent quelque peu la remise
    De décoration à titre posthume...
    Et, où que tu sois,
    Prépare-nous une place pas loin de toi.

    Jean-Pierre GIRARD

    CE N'EST PAS UN DELIT
    D'HABITER A DELHI
    ET DES LITS A
    DELHI
    IL Y EN A
    PLUS QU'EN TERRE ADELIE

    MAIS ADELE, ATTERREE,  
    MAIS ADELE, LIS !
    VEUX-TU QUE JE TE DELIE?

    Marie ORDINIS

    P.S. Où IL EST QUESTION D'UNE JOLIE
    ET JEUNE FEMME, VIVANT UNE VIE SOLI¬TAIRE  
    (ET GLACEE) DANS L'ANTARCTIQUE.
    CEPENDANT LES INDES LA TENTENT.
    MAIS ELLE EST QUELQUE PART,   
    CAPTIVE (CE QU'ON NE COMPRENAIT
    PAS AU DEBUT)... D'UN SADIQUE QUI...

    Un pas

    Ecoute !
    Pied qui glouffe dans l'herbe

    Un pas
    Et ton pied devient racine
    A cette seconde qui dure mille ans

    Un pas
    Ma racine s'envole et ne revient
    jamais

    Pas dans le ciel
    Léger, caché, cherchant le vent
    Cherchant le Nord

    Pas dans la boue
    Dans la trace des loups

    Des pas, des milliers, dans la forêt
    sans arbre

    Pas à pas
    Tu avances dépossédé de tout

    Pas à pas
    Tu sèmes dans la forêt
    ta jeunesse, tes envies

    Pas dans la neige
    Linceul des fées Chloroformes

    Un pas de plus
    Et maintenant
    Ton pied devient racine

    A cette seconde qui dure mille ans.

    Pascal GAILLARD.

    MOTS D'AFRIQUE

    Elimane KANE est originaire du Sénégal.
    Il fait en ce pays ses études primaires et secondaires
    avant de s'embarquer pour la France en 1978
    après le Lycée où il se montre brillant élève,
    il fait un bref passage au Prytanée militaire de Dakar.
    Mais pour avoir participé à une grève,
    il est renvoyé pour indiscipline.
    Doué et imaginatif, Elimane KANE ne cesse pas,
    pour autant, de s'engager, de continuer à se battre contre l'injustice.
    Et en 1978, faut-il le rappeler, il vient entreprendre ses études universitaires en France.
    Aujourd'hui, Elimane KANE réside dans la banlieue parisienne
    où il se consacre à l'enseignement.
    Dans son métier, il a résolument opté pour les méthodes nouvelles
    tant au niveau de 1'ECOLE A LA RENCONTRE DES FAMILLES
    qu'au niveau de la FORMATION DES PROFESSEURS DES ECOLES.
    Elimane KANE est père de deux charmantes fillettes: ASTOU et KARTIGATA.
    Mais Elimane sait aussi s'abstraire du quotidien pour plonger dans la poésie.
    La parole du poète est alors témoin des absurdités que secrète le monde;
    elle se fait également prophétique et nourrie de symboles.
    Le premier recueil de poésie d'Elimane KANE, L
    ES RAYONS DE LA CALEBASSE, est publié aux Editions Nouvelles du Sud.
    Mais déjà deux autres volumes,  LA PAROLE DU BAOBABB,  LES FRIMAS DE CAURIS,  
    tous deux encore inédits, attendent de paraître, ce qui ne saurait tarder.

    Jean-Baptiste TIEMELE
    mon cœur Eva

    EVA NAISSANTE
    EVANESCENTE
    EVA S'EN VA
    EVA SAMBA

    Jean-Baptiste TIEMELE
    23 mai 1998

    Quand vous m'ennuyez    
    Je soustrais le temps et l'espace    
    Dans 1'immensité
    Des nuages dans le ciel humain
    Qui s'entremêlent
    Je fixe le sacré, l'éternité    
    La lumière humaine
    Vous pouvez toujours vous tuer    
    Je suis si loin de vos carnages
    Inutile de me tromper
    Je suis encore en voyage
    La lumière étend ses feuilles de roses
    Autour de mon île

    Prosper
    Très abondant
    De sa personne
    Vint sans...Jarry
    Regrettant 1'absent
    Il pria vint cent Jarry    
    De combler    
    Cette absence  Jarry
    Soi-même

    Amadou Elimane KANE

    In les RAYONS DE LA CALEBASSE
    Editions Nouvelles du Sud.

    Jean-Baptiste TIEMELE 25 mai 1998.


    VENUS PERLEE

    Par toutes tes anfractuosités
    Je t'investirai,
    J'irai mêler
    Aux eaux qui coulent en toi,
    Des lots de perles blanches, alors,
    Ni mer, ni rocher, je te ferai femme nacrée
    Femme adoublée, depuis la bouche
    Jusqu'au cœur de tes hanches.

    Jean-Pierre Collet
    In "Le Chant du Naïf
    Court-Lettrage édition.

  • Compilations de Poèmes en gros et demi-gros 07 extraits de la revue rue des poètes 22-23 mars avril 1998

    Compilations Poème en gros 07 des poèmes 

    qui sont extraits de la revue rue des poètes n° 22-23 mars-avril 1998

    " JEU "

    LE TURBO

    A quelle sauce voulez-vous le turbot, chère
    Et tendre reine ? Les valets préparent l'huile,
    Le clair vinaigre d'Orléans, le vin du Cher,
    Le poivre et le jaune d'oeuf filant mieux que le fil.

    J'ai gosier sec et nez cramoisi comme tuile,
    Mais vous êtes la plus charmante des commères
    De Paris : Ah ! par Saint Denis où y-a-t-il
    Dame plus exquise d'ici jusqu'à la mer ?

    Rien qu'à vous voir mon cœur se grise en vérité
    Et fait en moi des sauts de hareng sur le gril :
    Rien qu'à pencher le museau vers cette poitrine

    Pour respirer la rose de votre beauté
    Je suis comme un danseur ivre sur l'escabeau :
    Chère, à quelle sauce voulez-vous le turbot ?

    QUESTIONS

    A votre avis à quelle sauce voudra-t-elle le turbot ?

    (Avez-vous remarqué que le beurre y sera remplacé par l'huile et la farine par une liaison... à l'œuf ?)

    Quant à l'auteur ? Son prénom, choisi par des parents au patronyme lumineux, le faisait cousiner avec le Roi des animaux. Il opta pour un pseudonyme doublement wagnérien, lequel ne l'empêcha pas de rêver à la plus pulpeuse des sultanes.

    Celle-ci, à son tour, inspira à Maurice Ravel 3 chefs d'œuvre pour chant et orchestre nourris de la poésie de notre homme. Poète donc, mais aussi peintre et compositeur, il était d'un an l'ainé de Jarry (Alfred)Et mourut à l'âge de 92 ans .

    MARIE ORDINIS

    LE BONHEUR EN FLEURS

    Les fleurs artificielles
    ont un parfum... irradiant
    Accepte mon bouquet La Belle
    Il est si sidérant

    Jean-Baptiste TIEMELE


    LASSITUDE

    Le Soleil déjà là
    se retire derrière
    un épais rideau
    de nuages irradiés

    Le soleil est déjà? là
    Oui malgré soi d'éclairer
    tant de montagnes d'horreurs
    fait Attention
    Où tu mets les pieds

    Jean-Baptiste TIEMELE

    INTERFERENCE DES CIRCUITS (c'est un poème d'amour)

    Etant donnée la doctrine de l'infrastructure,
    A travers les motivations personnelles      
    Qui me poussent vers les autres

    et ceci...
    A travers le parallélisme géodésique    
    Des perspective évolutive de nos gênes

    je souhaite ...
    Qu'un accord conjoncturel
    Vienne souder mon symposium
    A votre concept rétroactif

    Et si...
    Mon processus de détermination
    Rejoint l'anthropomorphisme
    De votre genèse promotionnelle,
    Il n'y a aucune raison,
    O ma particulière existentielle
    Pour que ne s'établisse entre nous
    Un phénomène d'osmose moléculaire
    Par interaction de nos acides nucléiques

    Devrons nous...
    O ma constante variable
    Tenir compte d'un déterminisme généralisé
    Ou d'un compartimentage fractionnel ?
    Je ne sais, je ne sais, je ne sais

    Mais...
    Je vous emmènerai par les sentiers du corollaire
    Jusqu'au postulat légitime ;
    Alors, partout du point Gamma,
    Un point de friction s'établissant
    Entre nos équivalences de masses,
    Mon vecteur, épousant votre abscisse
    Nous jetterons les fondements
    D'une nouvelle géométrie
    Dans les spasmes...

    Guy Perrot

    Capturé
    Tu fus
    Torturé
    A ta première récrimination

    En fuite
    Tu fus
    Rattrapé
    Flagellé

    À ta deuxième récrimination
    En fuite
    Tu fus
    Poursuivi
    Ramené

    Réduit (croyait-on)
    A l'impuissance...
    A ta troisième récrimination
    Suivie de ta troisième évasion
    Comme un chien

    Au petit matin
    Tu fus fusillé
    Pour avoir
    Trop aimé

    LA LIBERTE.

    Jean-Baptiste TIEMELE
    (Extrait de « CHANSONS PAÏENNES »
    Editions Pierre-Jean OSWALD, 1969.

    Ceci n'est pas de la poésie.
    Bien trop la distance ! Trop constants,
    l'éloignement, la dérive et l'exil !
    Définitifs sans doute !
    Ceci n'est pas de la poésie
    (ou par la force alors,
    qui s'interpose, sépare et tient écarté ;
    par ce ratage ivre uniquement obstiné
    à se dresser devant le vide
    pour en prendre aveugle l'impossible mesure).

    Ceci n'est qu'appareil.
    Pour la fête, le sacrifice.
    Pour rien tout simplement ;
    pour exister un peu ici,
    dès maintenant,
    dans cette dévastation de l'âme,
    où le chaos repose
    sur des liquides lourds brassés
    par un vent prophète d'espaces désertés
    qu'il n'atteint pas sans épouvante.
    Solitudes, où ne pèsent
    que des bords instables sur le point de basculer

    Enseignes peintes tout ceci.
    Extérieur de porte devant l'entrée :
    peut-être un office plus grave vers l'obscur,
    où la blessure cicatrise.
    Secret de l'épaisseur
    de ces ténèbres s'établissant
    et s'appuyant sur l'abîme.
    Fantômes sur l'eau d'un fleuve
    dont l'aube à chaque fois revient veuve.

    Mémoire, et ce domaine inhabité
    dont elle garde l'accès !
    (labyrinthes et jardins,
    où selon les saisons
    se devinent des passants égarés,
    hélant comme nous par de longs cris
    et parfois même un prénom)
    Mémoire, et ce palais d'écrans
    dans la nuit du parfum,
    où se projettent soudain
    prises d'incertaines et tremblantes images...

    Dies ist nicht Poésie. Zu groB der Abstand! Zu gewiB die Entfernung, die Abtrift und das Exil ! Bestimmt endgultig ! Dies ist nicht Poésie (allein schon wegen der Kraft, die sich dazwischenstellt, die scheidet und die getrennt hait ; in diesem berauschten Scheitern, das einzig hartnackig will : sich vor der Leere erheben, um blind ihr unmôg-liches Mal) zu nehmen).

    Dies ist nur Vorrichtung. Fur das Fest, fur das Opfer. Einfach, fiir nichts ; um hier noch ein wenig dazuséin, seit jetzt, in der See-lenverwùstung. wo das Chaos auf Flussi-gem ruht, das schwer ist, gebraut von ei-nem prophetischen Wind verôdeter Ràume, die er nicht ohne Entsetzen beruhrt. Die Einsamkeiten, wo nur die Rânder wiegen sind, die gleich vielleicht kentern.
    Ail dies hingemalte Schilder. Das AuBen der Tur vor dem Eintritt : vielleicht ein ernsterer Dienst an das Dunkle, wo die Wunde verheilt. Geheimnis der Dichte ail dieser Finsternisse, die sich auf dem Ab-grund einrichten und auf ihm lasten. Schat-ten ùber dem Wasser eines Flusses, dem das Morgenrot immer als Witwe zuriick-kehrt.

    Erinnern, und dies Unbewohnte, dem es den Zugang behutet ! (Labyrinthe und Gar-ten, wo im Wechsel der Jahreszeiten sich verirrte Passanten entdecken, sich griiBen mit langen Rufen wie wir und manchmal auch einem Namen) Erinnern, und dieser Palast aus Leinwânden in der Duftnacht, auf denen unsicher und zitternd jâh Bilder sich zeichnen...

     
    Werner LAMBERSY
    Ubersetzung Eva Brùckner-Tuckwiller
    in "Quoique mon  cœur en gronde"
    Hitzeroth éd.

    Je suis monté sur la cime où les visions me percutaient
    Quand le paysage chavira j'ai retrouvé tes chardons et tes fleurs
    Le blizzard me réveilla
    Ne demeurèrent que les genièvres qu'enflammaient tes romances
    Tu t'adoucis d'orties
    pour te dresser sous l'adolescence des soleils

    Jean-Luc SIGAUX
    in "Les Berges d'orage" Saint-Germain-des-Prés éd.

    C'EST JUSTE POUR DIRE

    Des mots qui ne sont pas d'ici
    J'ai fait ma vie
    Bien avant qu'un Toubon
    Bien pire
    Décide de me refaire un dictionnaire
    A la French
    Encore colonial
    Style racket national
    Apartheid du Buziness
    Cac 40
    Pas un kopeck
    La classe
    Blancs
    Beurs
    Black s
    Même combat
    Quel Bled
    Basta
    Les keufs de la morale
    De Bangkok à Paname
    Import-Export
    Midnight Express
    Le stress
    La baraka
    L'angoisse
    La poisse
    Etcetera
    Pair Impair et Passe
    Vite, mon Joker
    Dwende passe par là
    La grâce
    Ultralight
    Le blues
    Underground
    Hiroshima mon amour
    Un ticket sinon rien
    Qu'un Autzwitch
    Plus tard un carmel
    no joke
    Lève ta fatwa
    et laisse-moi
    Mes Si, sex and sun
    La Plage
    Ou le Goulag
    That is the question
    Moi, je préfère
    Les Stars
    Et la lune
    Au Soleil
    Ca, c'est le top
    Je suis saoule de toi
    Mon Oméga
    Si si Senior
    Sayonara
    Sarayevo
    Dasvidania
    pour l'Estonia
    Patati
    Patata
    Zap again

     

    Annie SOULIER

     

    Yani darin

    YANI DARIM, animatrice, responsable et hôtesse du lieu associatif 1'ARBRE EN SCENE accueille RUE DES POETES entre deux spectacles, un coup d'œil et de rangement à la salle, une réservation au téléphone, une concertation avec sa fille et collaboratrice.
    "Pourquoi ce nom: l'Arbre en Scène? parce que l'arbre est un symbole très présent en moi depuis longtemps. C'est un symbole de liberté; d'élan, de générosité, il prend sa force dans la terre où il est enraciné, il va de la profondeur - vers le multiple.
    Quant à: "en scène"... la scène, c'est le lieu de 1'imaginaire.
    Il y a une dizaine d'année une pensée m'a traversée, c'était comme un rêve, je me suis dit que ce serait bien d'avoir un lieu qui fonctionnerait en atelier pendant la journée et en spectacle le soir. En cherchant à élargir mes possibilités professionnelles (Yani Darim est conteuse, chanteuse et enseigne aussi la musique N.D.R.d.P.), j'en suis venue à envisager de louer un local pour y recevoir mes élèves ainsi que des groupes d'enfants venus écouter des contes, et
    pourquoi pas? des adultes aussi, et pourquoi pas faire des soirées de chansons et pourquoi pas ?... de pourquoi pas en pourquoi pas, je me suis mise à chercher un local mais je ne l'ai pas fait seule car la structure associative existait déjà, ainsi que le nom "l'Arbre en Scène", nous l'avons tout naturellement donné au lieu.
    Ici, nous avons trouvé trois bureaux, nous avons tout refait, du sol au plafond, pour obtenir une salle de 50m2, ce qui est une superficie raisonnable, la scène existe vraiment et le piano (un beau quart de queue) l'habite bien.
    Notre programmation est très riche et presque journalière, parfois même nous avons deux spectacles par jour, dont un pour enfants, l'après-midi.
    Nous avons ouvert le lieu récemment, le premier décembre 1997. Pour notre première, nous avons eu deux personnes mais le spectacle a véritablement eu lieu.
    Vous voulez savoir où j'étais établie avant de venir à Paris? A Toulouse, j'y ai d'ailleurs co-fondé le théâtre de la Brique-Rouge.
    J'aimerais que vous souligniez que l'Arbre en Scène est un lieu associatif et que je veux l'élargir.
    Sans être draconienne, je soigne la programmation. J'essaie d'avoir une certaine exigence de qualité, tout en restant ouverte et à l'écoute de ce que les artistes me proposent.
    De temps à autre, j'aime bien créer des événements, tous les deux ou trois mois pour rassembler des spectateurs autour d'un thème, comme celui que nous venons d'illustrer avec le festival "Le Pain et le Sel d'Isaac à Ismaël". Ce festival, qui a duré quinze jours, comportait des spectacles de chants et de contes aussi bien yiddish que judéo-espagnols, iraniens, soufis. Pour tous publics. C'a été très beau, très chaleureux.
    Le 30 avril nous aurons LA NUIT DE LA CHANSON DE REBELLION; c'est le 150ème anniversaire de la révolution de 1848 , le trentenaire de mai 68, le centenaire de l'Affaire Dreyfus, le je-ne-sais-pas-combientième de la Ligue des Droits de l'Homme. Et la rébellion, il y en a dans toutes les vies, c'est ce qui permet d'avancer. A partir du moment où on veut changer quelque chose, il y a une action

    Yani Darim
    rebelle, avec toutes les nuances qu'on peut mettre dans le mot rébellion. Le 30 avril sera une nuit... sans fin !
    Après, en mai, 1'ARBRE EN SCENE programme des conteurs : LAURE GAÊL, MOUSSA LEBKIRI qui dira des contes érotiques arabes du 12° et 13° siècles, SUZANNA AZQUINIZER, CATHERINE GENDRON.
    Côté chansons, nous aurons: DENIS MERMOZ, NICOLO VON LAPRANI (Rêves d'amour déglingués)A partir du 14 mai, les" jeudis, nous accueillerons MUSIQUES ET.CHANTS YIDDISH par le Grand KLEZMER.
    Les 29 et 30 mai, ce sera TRAVIS BURKI, à découvrir!...
    Des scènes ouvertes? Il y en a 3 par mois, cela s'appelle LES JOUEURS DE VOIX, elles sont ouvertes aux conteurs, chanteurs, poètes. Ca peut être un auteur qui lit un extrait de son livre, un journaliste qui lit son prochain article, une chorale qui vient répéter, un duo ou un trio...
    A ce propos, le 6 mai, le conteur CHARLES PIQUION prend en charge une veillée de contes, animée régulièrement par deux ou trois conteurs, elle sera ouverte à ceux qui veulent raconter.
    YANI DARIM en sourit de plaisir à l'avance. Et RUE DES POETES est aussi heureux d'ajouter que le CENTRE dD1 EXPRESSION DE LA CHANSON FRANÇAISE a choisi L'ARBRE EN SCENE à peine créé pour y installer ses "BANCS PUBLICS"

    L'ARBRE ENTRE EN SCENE AU DIX-NEUF DE LA RUE D'HAUTPOUL, PARIS DIX-NEUVIEME
    Un long bâtiment de béton et de bureaux. Des fenêtres, avec, derrière, de très sérieux dos de secrétaires eh leurs ordinateurs, puis, plus bas, une porte anodine, une entrée, un couloir et, sur la gauche, une porte ouverte sur une méridienne à fleurs rose pâle. On se sent comme attendu, on entre dans un petit salon: devant vous un bar en bois avec avis de rafraîchissements maison et, miracle... à gauche, un théâtre: scène à plafond surélevé, piano, projecteurs, régie et 50 places assises. C'est là que, le 14 avril, YANI DARIM donnait son spectacle "SHALOM CHLEM".
    En première partie, STELLA GUTMAN chante très authentiquement
    des chants judéo-espagnols, voire turcs ou yiddish dont elle résume
    l'argument avec beaucoup de gentillesse en français. Drôles de
    petites bulles pleines de dérision où le mariage s'abstient souvent
    d'être au rendez-vous de l'amour mais où les belles sont mutines
    voire haérdies, quant aux hommes et autres personnages respectables...enfin... passons!    YANI DARIM est accompagnée, en deuxième partie, par SYLVAIN BEMERT, aimable et astucieux, complice au violoncelle tendre. Yani est "Une petite femme qui soulève une grande salle" (dixit DRISS, patron de LES UNS LES AUTRES, autre petit lieu de spectacle où on se sent en famille. Pendant une heure exubérante, elle nous accroche aux basques d'un Schlemel polonais, pragmatique autant que perplexe et métaphysique, à coups de ces contes traditionnels qui se déclinent en rebohdissements baroques, de génération en génération, sur un mode époustouflant de burlesquerie. Les spectateurs pouffent, rient et pleurent de rire. La conteuse, malicieuse et vibrante a une technique qui relève du prodige. Comme les gosses, que seul le conte sait faire réaffleurer en nous, on en voudrait encore' et encore avant de pouvoir aller se coucher, hilares et repus.

    Chanson passion

    Marie ORDINIS

    Un coinsto d'Pantruche, pas plus pourave qu'icigo
    Aux cambuses un choille déglinguées, mais pas crados,
    Sur toquade de connards colpinc' blanc, grosse timbale,
    A coups d'darracqs mastards vient de se faire la malle,

     

    Et qu' même si toutime n'était pas bésef choucard
    ça été dégueulasse de le foutre au rancart.

    Car la populace qui créchait dans ces cagnas
    Gonzes pas très riflos non, mais tous des Parigots,
    Grandes gueules, pue-la-sueur, canailles mais pas d'saligauds,
    Coquait de Paname le croqu'cif le plus chouaga.

    Mes vioques ont déboulé, valoches aux brambillons,
    J'avais huit printemps, et le der de trois lardons,
    Mais ce prem'luisant j'l'ai lago dans l'caberlot
    Quand la smala, une chiée d'ourdée dans les calots,
    Se baguenauda en reluquant les boutoques,
    S'plafonnant qu'on en était un chouïa probloque !

    Et c'est le palpitant gazant à tout' berzingue
    Qu'autour de la carante on a boustifaillé.
    Cette neuille, de c'coinsto, on en a tous jaspiné
    Comme d'une gonzesse à qui on voudrait faire du gringue.

    Gérard LE GRAND
    in "Matou de Pantruche"
    à paraître

    De temps en temps les cartes postales étaient bizarres.
    Sur une face Lao Tsé nous écrit
    d'une poste vieille de deux milliers et demi d'années:
    « Celui qui sait ne pas savoir- vise le sommet. »

    Sur l'autre face, l'écriture de Montaigne en 1553:
    « Celui qui pense ne pas savoir, il ne peut savoir qu' il ne sait rien. »
    Cela ne ressemble-t-il pas au jeu du « téléphone arabe »?

    Quand les mots voyagent à travers les siècles,
    chacun ajoute ou efface quelque chose
    ou les tourne à sa manière.

    Ainsi se forme, rougie à vif,
    la cime du cerveau humain:
    le proverbe. Il appartient au peuple.
    C'est pourquoi les gens disent: «
    Le proverbe est l'univers dans le grain de blé. »

    Miroslav ANTITCH
    traduction Boris VESNIC 12
    IN Horoscope à paraître

    Ecrits - bonheur

    J'ai calfeutré ton cœur
    Avec les pages d'une vie
    Ecrits-bonheur
    Chansons d'envie

    Nul interstice et nulle impasse
    Tes secrets seront bien gardés
    Chacun des hommes qui t'agace
    Ne pourra plus te regarder

    Je serai à la fois présence
    Sécurité, route d'espoir
    Ton salut, comblé d'assurance
    Demeurera jusques au soir

    J'ai calfeutré ton cœur
    Avec les pages d'une vie
    Ecrits-bonheur
    Chansons d'envie

    Tu rejetteras tout principe
    Et t'étoileras de soleil
    Adieu bouquets !
    Adieu tulipes
    Refermées pendant ton sommeil
    J'ai calfeutré ton cœur
    Avec les pages de ma vie ...

    Michel PRAEGER
    in "Vent de Plume"
    à paraître

    LE CORPS BEAU ET LE BAVARD

    Maîtresse au corps beau, avance avec un beau sourire affiché,
    Elle attirait en ces lieux, un jovial bavard d'un bel âge,
    Quand soudain maître bavard par ses appas alléché
    Lui tint, à peu près, ce fort et aimable langage

    Mille bonjours, Ô belle! Au corps si beau, sans rire, si vos yeux,
    Sont semblables aux étoiles qui luisent dans les cieux
    Alors vous êtes la plus belle qui brille au firmament,
    Pour moi vous êtes la femme de ma vie, maldonne si je mens!

    A ces mots la belle au corps beau se sentit pousser des ailes,
    Elle succombe à l'instant dans les bras du bavard pas trop sot,
    Elle se laisse tomber, se pâme, elle est heureuse et fait la belle
    En quelques mots elle se donne à celui qui dit de si jolis mots.

    Maître bavard tout émoustillé, se saisit d'elle et il la papouille,
    Que les hommes sont tendres quand ils nous jouent la fripouille,
    Maîtresse au corps beau est contente car l'homme est plaisant,
    Il me dit pour la vie... Sans doute ce doit être le prince charmant.

    Quinze jours ont passé, maître bavard est lassé, et il la laisse tomber.
    Maîtresse au corps beau se dit, quelle conne j'ai été de succomber,
    Mais elle jura d'éviter les bavards et de recommencer une autre fois,
    Moralité, Monsieur de la Fontaine dit des bêtises dans ses fables parfois.

    Bruno Quinchez

    Paris le 8 Décembre 1996


    La Roue à Aubes

    marcher,
    mettre du temps
    à
    n'être
    que ce bruit de terre douce
    que
    la semelle mâchonne

    La Roue à  Aubes
     

    montagnes
    réduites à leur poids de nuit
    ma vie
    lentement enceinte d'ombre

    Patricia CASTEX MENIER
    in "La Roue à Aubes"
    Redbird publication

    CHOSE VUE.

    Un jour que je remuais un tas de feuilles mortes
    et quelques souvenirs de la même couleur,
    un papillon perdu dans cet automne en pleurs,
    surgit sous mon balai. Que le diable m'emporte

    si ce n'était pas là, épanouies à ma porte,
    œillade de printemps et promesse de fleurs !
    De plus, un rouge-gorge, hardi comme un voleur,
    vint renchérir encor sur ces pensées accortes,

    chantant à gorge rouge une aria débridée.
    Au feu, la feuille morte ! Au clair, la sombre idée !
    Charmant lépidoptère et gracieux oisillon

    dansaient en mon honneur un pas de deux de rêve..
    Quand soudain, le second (que toute joie est brève !)
    a, en deux coups de bec, bouffé le papillon.

    Jean-Pierre Girard 

    le 5 janvier 1998

    un homme cheminant
    Parti les choses Simples
    Voit la queue du bonheur -

    Vite il recouvre le tout
    Pour ne pas avoir à le dévorer
    Sur l'heure Sapristi Quel économe

    Jean-Baptiste TIEMELE

    5 novembre 1995

    Le père et la fille

    Alors Isabelle
    Tu es seule
    Arrête-moi ce jeu
    Jeu-thème
    jeu -thème

    Jean-Baptiste TIEMELE
    15-5-1997

    La tourterelle est belle

    Le chien bien
    Doux gentil dru
    Blanc roux noir et poilu
    Mais ils ne valent pas
    Mon chat
    Qui enroule
    Au creux de mon bras
    Son peloton d'amour.

    Marie-Claire Calmus

    ANOPHELIDE

    Feu de paille que nous sommes
    Nous finirons dans la fosse commune
    Toutes étincelles éteintes
    Nous ne ferons plus rire les oiseaux
    Et les femmes qui dansaient la valse
    Nous auront sublimés
    Nous ne sommes pas des guerriers

    Et la paillass' de nos sommes
    qui abrita nos amours soirs de brume
    Routes à pucelles étreintes
    Ne tissera plus nid pour les moineaux
    Et les femmes qui dansaient le jerk
    Nous auront oubliés
    Nous ne sommes pas des guerriers

    Vincent JARRY
    in "Frédée 96"
    à paraître

    oh réveille-la donc
    ta jambe de danse
    et ton geste oui
    ton geste indigérable
    celui qui frappe de sa cadence
    la maldanse
    la façon qu'on fait
    de ne pas s'en apercevoir
    réveille oh oui réveille
    toute la sagesse
    de ta composition
    première le pied
    devant le cœur
    meurtri mais battant encore
    réveille de ta vie
    la plus haute substance
    réveille-les
    ces notions à jamais
    enfoui disparues
    sauf dans les yeux
    d'aucuns mais qui se
    peuvent troubler déjà
    de ton souffle mal offert

    Denis LAVANT
    in "Au volant de mon chien"
    à paraître

    LE PARC DE SCEAUX

    Entendez-vous les cris, les virgules pointues ?
    Celles des angelots de pierre blanche et nue,
    Ils vont, quelle impudeur ! jouer le jeu d'amour,
    Le parc de Sceaux s'éveille au long des brandebourgs

    Imposteurs les canards ! leurs plumes dans les yeux
    Se colorient déjà de rêves croustilleux ;
    Au fond d'un aquarium où flottent des sirènes,
    Les pêcheurs du canal courent la prétentaine.

    Un lit, un lit géant fait d'algues libertines,
    Des nénuphars en fleur peints à l'encre de Chine,
    Le vent sur la prairie sculpte l'herbe et ondule
    Et parle de Gulf Stream, d'une vague qui brûle.

    Demoiselle qui passe venez il est temps,
    Il est mille et mille ans qu'ici je vous attends,
    Demoiselle venez jouer le jeu d'amour
    Le parc de Sceaux s'éveille au long des brandebourgs.

    Jean-Yves LENOIR
    in "les Petits Rien"
    Collection "Flammes Vives"

    Bar du Serpent

    Quand Antonio entra dans le bar,
    toute la salle se tut.

    Les clients pétrifiés
    s'écartèrent sur son passage
    dans un silence de mort.

    En un long glissement mouillé,
    il se traîna vers sa table habituelle.

    En chemin, il zigzagua mollement
    entre les tabourets de bar.

    En arrivant au fond,
    il se hissa avec peine sur un siège
    en s'enroulant autour de l'accoudoir.

    D'un œil avide,
    il fixa vénéneusement
    la bouteille de tequila
    sur le comptoir.

    D'un claquement sec de la langue,
    Antonio fit comprendre au serveur
    qu'en dépit de sa transformation,
    il tenait à conserver
    ses bonnes habitudes.

    Pascal GAILLARD,

    Photo de guimou de latronche 1998

    Ma banlieue

    Y disent qu'on y vit mal
    Qu'on est très malheureux
    Moi j'suis sentimental
    Je l'aime bien ma banlieue

    J''vis tout au bout du ch'min
    L'endroit où il s'arrête
    Après lui y a plus rien
    Restez donc où vous êtes

    C'est dans l'fer que j'travaille
    Et même le non ferreux
    C'est très sain la ferrai/le
    C'est très ferrugineux

    Les hommes y sont sympas
    Mais faut toujours qu'y causent
    C'est pas que j'Ies aime pas
    Mais j'Ies aime à p'tites doses

    J'adore les voir partir
    Le spectacle est cocasse
    Y vont s'faire emboutir
    J'Ies ramène à la casse

    Je l'aime bien ma banlieue
    Les clébards faut faire gaffe
    Mais si t'es dans l'milieu
    T'entends aussi les piafs

    Quand les Schmidt se radinent
    Y savent mettre en veilleuse
    Y m'préviennent en sourdine
    C'est une faune merveilleuse

    Y disent qu'on y vit mal
    Moi j'l'aime bien ma banlieue
    C'est pas trop convivial
    Et j'm'en porte plutôt mieux

    Gumou de la tronche Rolland HENAULT

    Et en partant prenez la rue Karl Marx, c'est moins encombré ces temps ci

    La mort c'est quand même un problème
    Individuel
    Surtout
    Pas de syndicat ni d'association de défense
    Ni de club ni de parti ni de groupement ni
    De fédération de comité de soutien
    Tu partiras tout seul \m
    Comme un grand
    Avec ton sac d'écolier
    Et tes habits bien repassés
    Tu diras bonsoir à ta mère
    Qui te regardera
    Depuis le haut de la rue Karl Marx
    Tes pas sonneront haut et clair
    Dans la poussière des journées
    Très vite tu ne seras plus qu'un point
    A l'horizon
    Visible dés seuls initiés
    Et le soleil tournera tournera
    Et les femmes passeront dans leurs slips
    dans leurs clips
    Avec des yeux d'animaux
    Et des seins en espalier,
    Dans la belle loterie des saisons
    Et toi tu pourras plus les regarder les toucher
    T'auras l'air d'un vrai con
    Dans ta tenue collet monté
    Et ton air guindé
    Dégingandé
    De grand écolier buissonnier
    Dézingué

    Roland HENAULT  Guimou de la Tronche

    Petit Louis

    Si vous tuez deux ou trois personnes
    En principe on vous emprisonne
    Si vous en tuez deux trois millions
    On vous r'file une décoration.

    Condamné ou félicité
    C'est une question de quantité
    Toi Petit Louis t'es pas dans l'coup
    T'as pas voulu prendre les armes

    T'as pas voulu en tuer du tout
    Ils t'ont mis douze ans en cabane.
    Le sort a de ces ironies
    Pour Petit Louis.

    Quand on baptise un monument
    Un boul'vard ou une avenue
    On lui donne général'ment
    Le nom des tueurs les plus connus.

    Un colonel, un général
    Dont l'nom sent bon le sable chaud
    Ca vous remonte le moral
    L'matin pour partir au boulot

    Mais j'vois avec mélancolie
    Qu' y a jamais l'nom de Petit Louis.
    Le sort a des ces ironies
    Pour Petit Louis

    La mode revient aux militaires
    Aux soudards et aux traîne-rapières
    La panoplie de l'assassin
    S'épanouit dans les magasins.

    Du côté d' Saint-Amand-Montrond
    Ton nom n'dit plus rien à personne
    Le maire s'appelle Maurice Papon
    C'est le matraqueur de Charonne

    Moi j' redis l'nom de Petit Louis
    En contre-point de la conn'rie.
    Le sort a des ces ironies
    Pour Petit Louis.

    Guimou de la TRONCHE Roland Henaut
    in "Y'a plus de cons!"

    J'aime les bijoux
    Bigarrés comme des choux
    Chamarrés sur mes joues
    Jouxtés sur mes genoux
    Mince ! J'ai des poux !

    J'aime les garçons
    Aux cheveux de son
    J'aime les beaux gars
    Avec des gros bras !
    Aïe ! Tape-moi !

    J'aime la soupe au pistou
    Pour moi c'est tout
    J'aime la soupe à l'ail
    Aïe ! Aïe ! Aïe ! Ça caille !

    J'aime le lait caillé !
    J'aime le lait ribot I
    Ça y est !
    La cruche va à l'eau !

    Oh ! Les belles tomettes !
    Oh I La belle tonnelle !
    Oh le vilain tonnerre !
    Tout est par terre !

    J'aime la cuisine à l'oignon !
    J'aime la cuisine à l'huile !
    Oh ! Comme ça sent bon !
    Dis ! Quand reviendra-t-il ?

    Si j'avais été mince,
    M'aurait-il serré la pince ?
    Si ma cuisse avait été fine,
    Aurait-il caché sa pine ?

    Je dois faire régime
    Et pratiquer ma gym
    Ainsi il reviendra
    Me serrer dans ses bras.

    Isabelle SPRUNG

    HECTOR
     

    Chronique d'un ennui

    -0-

    Elle passe sa langue sur ses lèvres.
    « Le goût de l'échec a très mauvais goût » pense-t-elle allongée sur le lit de fer blanc de la clinique. La nuit tombe déjà. Enfouie sous les draps froids et aseptisés, elle n'a vraiment pas envie de dormir. Cette odeur insupportable, indéfinissable. Mélange de mort, de propre, de maladie, de naissance. Odeur laiteuse planant lourdement dans les couloirs, au ras des plafonds, tout au-dessus des chambres des malades.
    Malade non. Enervée oui. Déçue. Jusqu'à la rage.
    Goût amer que laisse cette sensation de détresse, de défaite et de haine naissante pour l'enfant qu'elle vient de mettre au monde. Mettre au monde. Imposer au monde.
    Le forcer, violer sa tranquillité et y propulser une tare qui viendra troubler cet ordre, cette douceur. Toute cette beauté entachée à jamais.
    Par la petite fenêtre de la chambre elle voit la neige tomber et recouvrir la vaste plaine. C'est moche un enfant qui naît l'hiver. Dès qu'il sort il a froid.

    -I-

    « Elle » a disparu. « Elle » ne sera plus. « Elle » est devenue « maman ». Elle regarde son ventre flétri puis regarde l'enfant. Né tout violet, cyanose a dit le médecin. Laid dès son arrivée, comment ne pas le détester.
    Maman, enfant, Hector, lait, maman hait. Ces mots défilent dans sa tête et l'emplissent de dégoût. Elle court aux toilettes et vomit et bébé pleure.

    -2-

    Assis dans le petit coin frais de la cave, il entend suinter l'eau sous la pierre.
    L'eau s'écoule le long des murs et arrive, goutte par goutte, en un même point. Le centre de la cave, îl ne voit que ça. Son attention est figée par le clapotis incessant de l'eau. Et puis que faire dans ce lieu sombre si ce n'est traquer, contempler la fuite du liquide. Se rendre compte du temps par cet écoulement. Il donne une unité précise à chaque goutte d'eau. Il en dénombre les tombées et ainsi combien de temps environ sépare le moment où maman l'a mis là et celui précisément où il fixe l'eau dégouliner.
    Seulement l'eau ne cesse de couler et chaque instant lui paraît d'une lourdeur et d'une intensité insoutenables.
    Après , des minutes, parfois des heures entières, il se met à pleurer. Il couche son buste tout le long de ses
    jambes. Il encercle fiévreusement ses maigres genoux et doucement, tristement, il s'endort.

    -3-

    « Pas si moche que ça qu'il est ».Hector n'est pas si laid.
    Hector est bon. Pourquoi met-on Hector dans le fond de la maison ? Hector chante. Il est fou ou il est gai. Hector ne sait pas si Hector est fou ou content. Hector est gentil. Hector est grand. Il est tout petit aussi.
    Par les barreaux du fond de la maison Hector voit passer les géants. Les géants passent, ne savent pas qu'il y'a des barreaux et que Hector est dedans.
    Hector est dedans les barreaux, derrière, autour et dedans. Dedans Hector. Les barreaux crient. Personne n'entend. Hector s'ennuie. Dedans lui.

    -4-

    Quand il sera grand il rentrera sa tête dans les épaules pour que plus personne ne le voit.
    Il sciera les barreaux avec sa tête. Il se fera aussi mince qu'une feuille. Il espère qu'elle sera blanche la feuille parcequ'il la prendra et en fera un avion en papier, puis, il s'envolera dans les airs comme un chevalier en battant des pieds. Il verra le monde s'éloigner en pointillés.
    Hector compte : un, deux, trois, quatre et puis s'en vont.
    Pffou, il s'envole à travers les cloisons...
    Adieu maman, adieu la vie.

    Alexandra Duflot

    Je rirai jusqu'au jour de ma mort
    J'ai écrit ça un jour
    Je devais être beurré

    Je pleurerai aussi
    Jusqu'au jour de ma mort
    Je pleurerai les cadavres amis

    Les illusions perdues
    Les pucelages forcés
    L'avortement inutile

    Et l'enfant de trop
    Les guerres horribles
    Qui font des mutilés

    Moignons d'enfants
    Se traînant à roulettes
    Et ces log'ments creux

    Quand on crève dehors
    Je pleurerai
    je pleurerai

    Par amour
    et puis je rirai
    Je rirai comme un fou
    En grand courroux

    je rirai
    Jusqu'à demain
    Jusqu'au jour de ma mort

    Vincent JARRY

    Dessin

    Derrière le rideau blanc
    d'une fenêtre
    quadrillée,  une feuille de papier
    gris, au plis sombres de bois
    qui n'a pas poussé droit,  
    un arbre griffonné,  
    dessin mal dessiné
    d'un enfant gribouilleur
    en mal de dessiner
    qui n'a pas peur de montrer
    son dessin aux yeux avertis
    de ne jamais prendre garde
    à un dessin d'enfant
    et l'adulte regarde le papier
    na Pif du petit aux traits
    en chevé
    très cheve lure mal
    pei gnée désor dre
    désorga nisé
    et l'enfant attend fier
    de ses
    lignes entrecoupées
    et l'adulte rit:  
    qu'est-ce que
    c'est?
    l'enfant va répondre
    et l'au
    tre coup
    e les li
    gnes- d
    es mo
    ts à di
    re
    encore un gribouillage!

    YANI DARIM
    in "La Vie contre la Vie"

    LIBRE

    C'est la plus belle
    c'est la plus douce
    les autres donzelles
    après qu'j'les trousse
    je n'me sens pas bien
    avec ça c'est des tracas
    pas l'Nirvana
    j'préfère sa peau
    et son odeur
    j'adore son dos
    sa bouche en cœur
    elle est très bonne
    comme du bon pain
    elle est mignonne
    quand le matin
    elle ouvre les yeux
    demande d'la musique
    m'offre ç'que je veux
    sans qu'ça complique
    mon esprit tordu
    qu'a besoin de paix
    d'un plan cul
    ou d'un dessin animé
    elle me laisse vivre
    dans sa pureté
    je me sens ivre de liberté
    si je veux rire
    pour rigoler
    elle me laisse dire
    que j'suis cinglé
    quelle ouverture
    dans mon esprit
    je fais une cure
    de potion d'vie
    si c'est d'l'amour
    pour aujourd'hui
    moi je suis pour
    ç't'état d'esprit
    demain matin
    un jour ou l'autre
    ça sera la fin
    logiquement vôtre
    rien qu'elle fait
    qu'elle accepte
    l'idée qu'sans prise
    de tête on puisse s'quitter
    ça me réconforte
    dans la relation
    qui est la nôtre
    sans condition
    au delà du temps
    et de l'espace
    tout simplement
    elle a d'la classe
    elle me laisse vivre
    dans sa pureté
    je me sens ivre
    de liberté
    si je veux rire
    pour rigoler
    elle me laisse dire
    que j'suis cinglé
    pas si tordue
    qu'ça ma p'tite femme
    quand s'accentue
    un psychodrame
    elle lâche prise
    immédiatement
    sur les méprises
    de faux sentiments
    alors elle parle
    de ce qui la dérange
    dans ma mémoire
    elle le range
    elle fait grandir
    notre relation
    par un sourire
    t'sais j't'aime
    c'est con
    je la respecte
    je lui ai dit
    avec ma tête
    mais aujourd'hui
    c'est dans mon ventre
    que je ressens
    cette force vivant
    ce sentiment
    elle me laisse vivre
    dans sa pureté
    je me sens ivre
    de liberté
    si je veux rire
    pour rigoler
    elle me laisse
    dire que j'suis
    cinglé

    Pilote 95

    Leva arriba nossa gente  La chanson de Pico
     
    Chanson de rameurs des Açores Adaptation Jacques Yvart

    Leva arriba nossa gente
    Que uma noite nao é nada
    Ole, olé, olé, ola !
    Se nao dormires a noite
    Dormiras de madrugada
    Olé, olé, ola!
    Olé, olé, ola !
    O vento virou ao norte
    Que até faias arrancou
    Ao depois da perda feita
    O vento assossegou

    Compagnons ! la nuit est belle
    Notre barque est à l'amarre
    Olé, olé, olé, ola !
    La lune qui nous appelle
    Nous éclaire de son phare
    Olé, olé, ola !
    Olé, olé, ola !
    Nos rames semblés légères
    Quand nous tirons en cadence
    Avec au cœur et aux lèvres
    Un vieil air de notre enfance

    A loua vai-se deitar
    Eu vou-me deitar também
    Passeios dados em claro
    Nao fazem bem a ninguém
    Em noite de lua cheia
    Ao sopro da fresca aragem
    Pus-me a contar as estrelas
    Vi no céu a tua imagem

    La mer a perdu ses rides
    Hier encor c'était tempête
    Si le vent du Nord arrive
    Fuyons avec la mouette
    Quand le rivage s'éloigne
    Et s'estompe avec la brume
    Je songe à toi ma compagne
    A la maison dans la dune

    Jacques YVART
    in "amers amours et pollution"
    le signe avec le vent éd.

    Flanc sur les nuages,

    Flanc sur les comtesses de papier,
    Flanc sur ces armoires à linge,

    Flanc sur toutes les roues circulaires,
    Flanc et sable sur les soleils, sur les neiges,
    Et les surfaces de riz,

    Flanc contre flanc, même sein contre sein,
    Sinon boîte contre boîte,

    Flanc pour ces premières gelées,

    Sur les notations de couleur,
    Flanc sur les isthmes,

    Flanc contre l'mur,
    Et flanc dessous l'amour,

    Flanc contre flanc,

    Mais ciel contre ciel et treize fois treize !

    Aubriot le 04.03.89

    Thierry DAUCE
    in "à soif d'eau de vie et d'amour"
    éditions de l'Echiquier

    AFRIQUE

    Pleure Afrique pleure
    Mais pourquoi pleures-tu au juste
    Tu es riche en Constitutions
    riche en putschs
    en guerres fratricides

    Ce ne sont pas les morts qui te font pleurer
    quand même   ni les enterrements
    C'est voulu Alors
    La haine   c'est voulu
    L'injustice   c'est voulu
    La corruption   c'est voulu
    L'ignorance   c'est voulu
    Alors

    Le pourrissement   c'est voulu Alors
    Le dos tourné à l'avenir   c'est voulu Alors
    Demain un voyageur venu de Mars
    se saisira de tes dépouilles
    comme l'on s'empare
    d'une pièce rare
    et te scrutant
    parcourra tes champs abandonnés
    les yeux éblouis
    par l'éclat de la Liberté
    que tu n'auras pas su voir

    Pleure Afrique pleure
    mais n'oublie surtout pas
    que nous avons un monde à bâtir
    vivable

    Que l'homme tremble
    Je dis Normal
    Il est si fragile et si pervers

    Mais que malgré sa masse
    La Terre tremble
    Je dis de quoi a-t-elle peur
    A nous donner la frousse

    Ecœurée de son propre tremblement
    Elle bave selon l'humeur
    Des trucs insensés
    Indigestes
    Ignescents
    Je crierais bien

    Arrêtez-moi tout ça
    On n'est pas des masochistes
    Mais la terre est bruyante et sourde
    Jean-Baptiste Tiémélé

    11  février 1986

    Jean-Baptiste TIEMELE
    in " Aoyu suivi de Yaley"
    Silex éd.

    A  chaque année
    Qui naît
    On souhaite aux amis LE MEILLEUR
    Cette fois
    Je le prendrai
    Et le leur donnerai ' .
    Directement
    Simplement

    Des fois
    Je prends mon corps
    Et lui reproche son ingratitude
    J'ai beau manger de la vache enragée
    C'est comme si je ne lui ai jamais
    Rien donné
    Il en réclame toujours
    Le glouton

    Jean- Baptiste TIEMELE

    5 novembre 1994

    Sonnet du Sansonnet

    Petites choses de l'amour
    J'ai tant passé entre vos mains
    J'y ai perdu tous mes atours
    Et ne suis plus qu'un petit rien

    J'y ai laissé mon cœur volage
    Se balader de toi en elles
    Et puis voici que vient mon âge
    Ma plume compte penne en aile

    Petites chos' de rien qu'un tour
    Mes clairs yeux bleus seront éteints
    Le dernier soir de nos rambours

    Où aspirant à vos tétins
    Mon corps légué aux lourds vautours
    Crèv'ra de rêver à vos atours

    Vincent Jarry
    Aux Petits Joueurs,
    mars 98

    Ciment : attache. Vernis : détache.

    Habiter. Civilise la dimension et les directions
    de l'espace. Quand un homme prend du gite, il va à la
    dérive. Il s'avilit, flanche ou sombre. 11 fait mine
    d'habiter ou il fait carrière dans la déambulation.

    Cabane : En Hébreu, c'est le domicile dont
    les difficiles, ou les maniaques, ne veulent pas !

    Caverne : lieu où les primitifs, les demeurés, les
    arriérés, ont une petite chance de devenir au moins
    troglodytes.

    Tanière : repaire du daltonien.


    Abri : c'est l'intérieur que les scrupuleux pré-
    fèrent à tous les ersatz.

    Mur : ligne de chance qui peut augurer d'un
    intérieur bien tenu.

    Hôtel de la Plage : quarante ans de taule, éva-
    ¬sions comprises.

    Armand OLIVENNES
    in "Le Langage Symbolique des Maisons
    édité par le Foyer Culturel de Houtland

    à demain

    Te lirai un poème, pour l'autre vérité
    dans Tailleurs validé  : rien
    n'est jamais aussi réel que nous le pensons

    Te lirai un présent à multiples lectures : ce n'est jamais
    ce que j'attends qui arrive
    mais déjà, il est tard, il faut tuer la lampe ..

    Laurette